À Toulouse, le ministre Benoît Hamon promet que la BPI financera l'économie sociale et solidaire

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Pierre Labeyrie (gérant de la SCOP Aria Energie), Martin Malvy( président du Conseil régional), Benoit Hamon (ministre de l'ESS) et Nicole Belloubet ( vice-présidente du Conseil régional)
Pierre Labeyrie (gérant de la SCOP Aria Energie), Martin Malvy( président du Conseil régional), Benoit Hamon (ministre de l'ESS) et Nicole Belloubet ( vice-présidente du Conseil régional)
Benoît Hamon, ministre délégué à l'Économie sociale et solidaire a ouvert ce mardi 2 octobre, aux côtés de Martin Malvy, le séminaire d'information consacré aux « Services d'intérêt général, outils pour l'action publique ». Il a ensuite visité la Scop Aria Énergie qui conçoit et réalise des installations de biogaz à la ferme. Il a affirmé que la future loi sur l'Économie sociale et solidaire s'inspirerait des expériences menées par les régions.


L'économie sociale et solidaire (ESS) était au cœur du déplacement du ministre Benoît Hamon ce matin à Toulouse. En visite à la Scop (Société coopérative et participative) Aria Énergie, il a plaidé en faveur de ce type d'entreprises « qui sont des entreprises à part entière, mais qui ont des difficultés d'accès au financement ».

Dans une Scop, les salariés sont associés majoritaires et mutualisent équitablement les risques et les grandes décisions stratégiques. « Un modèle solide », selon Benoît Hamon, même s'il ne résout pas tous les problèmes. « Ce n'est pas parce que des salariés décident de monter une Scop pour reprendre une entreprise en difficulté que les difficultés vont disparaître », a-t-il déclaré. En 2011, 5 transformations d'entreprises en Scop ont été réalisées en Midi-Pyrénées, portant le nombre de Scop de la région à 144 (soit 2.637 salariés). Cela représente un CA de 225 M€ en 2011.

Difficultés de financement
L'accès au financement est la difficulté majeure rencontrée par les sociétés coopératives. Pour Benoît Hamon, « il faut apporter une réponse là où Oséo et la Caisse des Dépôts ne sont pas adaptés ». Le ministre a donc indiqué que la future loi sur l'Économie sociale et solidaire créera un outil donnant la priorité aux salariés dans la reprise d'une entreprise : « quand 50.000 à 200.000 emplois sont perdus chaque année faute de repreneur au départ de dirigeants de PME, la reprise par les salariés doit être facilitée par les pouvoirs publics ».

Pour le ministre, la future Banque publique d'investissement « doit flécher au moins 500 millions d'euros pour financer les meilleurs projets de l'économie sociale et solidaire. Les Régions auront un rôle capital à jouer dans ce dispositif car elle savent identifier les projets à soutenir », a-t-il souligné. Le projet de loi sur la BPI sera présenté en Conseil des ministres le 17 octobre. Interrogé sur le sujet Benoît Hamon a précisé que l'ESS n'est pas demandeuse de subventions : « L'économie sociale et solidaire pompe zéro budget de l'État », selon lui. Il a également affirmé que 100.000 emplois d'avenir seront dirigés vers ce secteur.

De son côté le président du Conseil régional Martin Malvy a décrit l'implication des Régions dans le soutien à l'économie sociale et solidaire : « Nous avons notamment fixé parmi les priorités de notre outil de capital risque dédié aux PME, Midi-Pyrénées Croissance, le financement de la reprise d'entreprise par les salariés. »

Un autre management
Le ministre a tenu à mettre en valeur le mode de management des Scop. « On nous dit qu'il faut payer cher un top management pour qu'une entreprise soit rentable, les Scop prouvent le contraire. La rémunération d'un haut-dirigeant ne garantie en rien contre un échec de l'entreprise. » Pour Benoît Hamon, une échelle de rémunération raisonnable entre un dirigeant et un salarié doit être « de 1 à 7 ». Par ailleurs, avec au moins 51% du capital et 65% des voix, les salariés associés participent aux grandes décisions stratégiques en assemblée générale selon le principe « 1 personne = 1 voix ».

À noter également que le partage du profit est équitable : une part pour les salariés sous forme de participation et d'intéressement, une part pour les salariés associés sous forme de dividendes et une part pour les réserves de l'entreprise. Benoît Hamon a salué des entreprises qui ont une activité économique couplée à une utilité sociale, « et qui représentent 10% du PIB de la France ».

Sophie Arutunian
©photo Rémi Benoit

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