Le président du Sicoval François-Régis Valette dénonce le rapport "affligeant" de la Cour régionale des comptes

 |   |  716  mots
François-Régis Valette
François-Régis Valette
"Manque de rigueur et légèreté". C'est ainsi que François Régis Valette, président du Sicoval, décrit le rapport de la Cour régionale des comptes sur les finances de la communauté d'agglomération du sud-est toulousain (70 000 habitants). Dans son rapport rendu public la semaine dernière, la Cour émet de sérieux doutes sur la capacité du Sicoval à financer le prolongement de la ligne B du métro vers Labège. François Régis Valette répond. Interview.

"Manque de rigueur et légèreté". C'est ainsi que François Régis Valette, président du Sicoval, décrit le rapport de la Cour régionale des comptes sur les finances de la communauté d'agglomération du sud-est toulousain (70 000 habitants). Dans son rapport rendu public la semaine dernière, la Cour émet de sérieux doutes sur la capacité du Sicoval à financer le prolongement de la ligne B du métro vers Labège. François Régis Valette répond. Interview.

Comment avez-vous accueilli le rapport de la Cour régionale des comptes ?
J'ai moi-même appelé le président de la Cour régionale des comptes pour dénoncer un manque de rigueur, et la légèreté du travail mené. C'est affligeant. Je vais écrire un document précis pour y répondre, et j'ai demandé à ce qu'il soit publié sur le site de la Cour régionale des comptes. Le prolongement du métro B à Labège (PLB) est un sujet hyper-sensible et je tiens à ce que toutes les informations soient disponibles.

Qu'est-ce qui vous met en colère ?

Il y a deux parties dans ce rapport. Tout d'abord, il s'agit d'un rapport normal d'une Cour régionale des comptes qui se penche sur les finances du Sicoval. Je n'ai rien à redire à cela, d'autant que ce rapport parle d'une situation financière satisfaisante. Mais par ailleurs, 5 ou 6 pages sont consacrées à l'accord politique passé en décembre entre le SMTC et le Sicoval pour le financement du PLB.* Ce qui me fait bondir, c'est que, non seulement nous avons jusqu'à fin 2013 - début 2014 pour boucler le financement mais, qu'en plus, le rapport explique que notre seule source de financement est la revente des terrains autour du terminus (Innométro), ce qui est faux. En conséquence, le calcul fait est également erroné : la Cour estime que nous devrions vendre les terrains à 400€ / m2, ce qui est absurde. Le prix tourne autour de 200€ / m2. Je le répète, il n'a jamais été question de financer le métro uniquement sur la vente des terrains de la zone Innométro.

Comment va être financé le métro à Labège ?
La vente de ces 35 hectares financera 40 à 50% du projet. Ensuite, il y a le projet d'extension de la galerie commerciale de Labège. La signature d'un accord avec le propriétaire Unibail-Rodamco devrait intervenir d'ici le mois de septembre. Les discussions sont très bien engagées et le montant de l'opération est très conséquent, je ne peux en dire plus pour le moment.
Nous comptons également sur les constructions nouvelles, avec la fiscalité qui touche les entreprises et la taxe sur le foncier bâti. Ces recettes devraient nous apporter 4 à 5 M€ par an et nous permettrons de financer un emprunt de 40 à 50 M€.
De plus, nous allons répondre au 3e appel d'offre de l'État dans le cadre du Grenelle de l'environnement « Transports collectifs et mobilité durable ». Nous aurons la réponse avant fin 2013.
Je rappelle que le Conseil général a signifié son accord pour renouveler son partenariat avec SMTC-Tisséo jusqu'en 2020 et le montant de sa contribution est en cours de discussions. La Région est également impliquée car l'intermodalité (compétence de la Région) rentre en jeu. Là aussi, les discussions sont plus qu'engagées. Enfin, au niveau européen, nous allons solliciter la Banque européenne d'investissement pour un prêt à taux zéro. Notre projet, qui implique un fort développement économique, est éligible.

Le métro arrivera bien à Labège en 2019 ?
Je n'ai absolument aucune inquiétude là-dessus. Le calendrier sera respecté, le plan de financement sera bouclé avant la fin de l'année et le projet est porté par Pierre Cohen. Même si nous avons eu des désaccords, aujourd'hui tout va bien, le PLB est inscrit dans le PDU de Toulouse Métropole.

Propos recueillis par Sophie Arutunian
© photo Rémi Benoit

*Selon cet accord, le Sicoval rajoute à sa contribution initiale de 133 à 143 M€ la somme de 75 à 84 M€.

En savoir plus:

La chambre régionale des comptes de Midi-Pyrénées est dirigée par le président Monsieur Jean Mottes, conseiller maître à la Cour des comptes.

Pour lire le rapport sur le Sicoval, cliquez ici

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :