Jean-Luc Mélenchon vient à Toulouse soutenir les Sanofi et réclame une loi contre les licenciements boursiers

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Jean-Luc Mélanchon entouré de Chrstian Piquet, Pierre Lacaze, Nicole Belloubet et Christophe Borgel
Jean-Luc Mélanchon entouré de Chrstian Piquet, Pierre Lacaze, Nicole Belloubet et Christophe Borgel
Le député européen et ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon était ce 27 septembre l'invité d'honneur du 13e « jeudi de la colère » des salariés de Sanofi à Toulouse. Après l'annonce en début de semaine par la direction du groupe pharmaceutique de 900 suppressions de postes, il plaide pour le vote d'une loi contre les licenciements boursiers. L'avenir du site de l'Oncopole reste lui, toujours flou.

De nombreux politiques locaux étaient présents ce midi pour soutenir les Sanofi dans leur traditionnel « jeudi de la colère », un des plus mobilisateurs depuis début juillet puisqu'au moins 500 personnes étaient sur place. Le député Christophe Borgel, la députée européenne Christine de Veyrac, la conseillère régionale Nicole Belloubet et les élus municipaux Monique Durrieu et Pierre Lacaze sont venus sur le rond-point Émile Dide, à l'entrée de l'Oncopole de Toulouse, pour soutenir les salariés menacés par un plan social unanimement contesté. Mais la star du jour, c'était l'eurodéputé et ex-candidat à la présidentielle Jean-Luc Mélenchon, « bouillant de rage » selon ses propres mots, à l'idée que Sanofi se sépare de son site de recherche de Toulouse.

« La financiarisation est une tumeur »
Assailli par les médias, Jean-Luc Mélenchon a déclaré que la financiarisation de l'économie était une tumeur « qui tue la recherche en France ». Selon lui « il suffit que Sanofi se coupe de cette tumeur pour que l'entreprise soit sauvée ». Le groupe n'a aucun problème financier selon le représentant du Front de Gauche qui affirme qu' « il n'y a aucune raison que le site ferme sur la volonté d'une poignée de gens cupides ». Des propos appuyés par Pascal Delmas, délégué CFDT pour qui la direction « n'a pas d'autre argument que l'argument financier pour justifier sa stratégie ». Le syndicaliste affirme qu'une procédure de droit d'alerte a été lancée. Elle vise à contraindre la direction à montrer à des experts sur quoi elle s'appuie pour justifier sa stratégie.

Une loi contre les licenciements boursiers
Concernant les moyens d'action des politiques, Jean-Luc Mélenchon affirme que faire voter une loi contre les licenciements boursiers « prendrait deux jours » et « coincerait Sanofi ». Mais il faudrait pour cela selon lui une vraie volonté politique. L'ex-candidat à la présidentielle se refuse pour autant à « jeter la pierre à Arnaud Montebourg », le ministre du Redressement productif : « Attendons de voir, il n'est pas aidé vu que les patrons des entreprises savent qu'ils n'ont pas grand-chose à craindre. »

Du coté des initiatives politiques, le Groupe des élus communistes, républicains et citoyens de la Ville de Toulouse présentera un vœu demain vendredi 28 septembre au conseil municipal. Il souhaite « une intervention forte du gouvernement » et une table ronde entre les différents acteurs (État, direction, organisations syndicales, collectivités territoriales). Enfin, Pierre Granet, représentant du NPA, a appelé le Parlement et le gouvernement à adopter une loi de passage du site de Sanofi en propriété publique auto-gérée.

Sophie Arutunian
© Rémi Benoit

En savoir plus :

Pour revivre le 13e « jeudi de la colère » et la venue de Jean-Luc Mélenchon à Toulouse, regardez notre diaporama : http://www.objectifnews.com/diaporamas/2012-sanofi

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