Aéronautique et systèmes embarqués : Gilbert Casamatta président de l'IRT AESE, 11 projets lancés en 2013

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Gilbert Casamatta, président de l'IRT AESE
Gilbert Casamatta, président de l'IRT AESE
Réuni pour la première fois ce 24 avril, le conseil d'administration de l'Institut de recherche technologique aéronautique espace systèmes embarqués a élu à sa tête Gilbert Casamatta. Initié dans le cadre du Grand emprunt en 2010, l'IRT AESE est destiné à favoriser l'innovation technologique et son transfert vers l'industrie via un partenariat public-privé de mutualisation des moyens. Doté d'un budget de 300 M€, l'IRT va lancer en 2013 11 projets dans trois domaines technologiques stratégiques.

On connaît désormais la gouvernance de l'IRT AESE avec l'élection à sa présidence de Gilbert Casamatta, ancien président du PRES de Toulouse. Créé par décret du Premier ministre le 21 mars 2013, "l'IRT AESE est lancé avec la finalisation de sa gouvernance", déclare Gilbert Casamatta. Jusqu'alors directeur adjoint en charge des opérations d'EADS Innovation Works, Jacques Ariel Sirat est nommé directeur général. Par ailleurs, Éric Bachelet, du groupe Safran, est élu trésorier.

Adossé au pôle Aerospace Valley, l'IRT AESE vise à renforcer la compétitivité de la recherche et de l'industrie en Midi-Pyrénées et Aquitaine, dans les domaines de l'aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués. Retenu par l'État dans le cadre des Investissements d'avenir en 2011, l'IRT AESE est un "projet de dimension nationale à implantation régionale", rappelle André Benhamou, vice-président d'Aerospace Valley et président de l'association Tompasse, porteuse du projet depuis le début avec le PRES de Toulouse.

300 M€ de budget, 50 M€ mobilisés dès 2013
Fruit d'un partenariat équilibré public-privé, l'IRT AESE réunit les grands industriels de la région des secteurs concernés et des établissements publics et leurs laboratoires (Cnes, CNRS, les PRES de Toulouse et Bordeaux). L'État et les industriels contribuent chacun au financement de l'IRT à hauteur de 145 M€. Les collectivités locales, Toulouse Métropole, le Conseil général de Haute Garonne et le Conseil régional Midi-Pyrénées complètent le dispositif avec chacune 7 M€ d'apports.

Doté par conséquent d'un budget de près de 300 M€ pour un programme sur sept ans, l'IRT devrait être opérationnel d'ici la fin de l'année avec le lancement de 11 projets de recherches pour un montant global de 50 M€. Cette première vague de projets porte sur 3 domaines technologiques stratégiques : les matériaux non métalliques aéronautiques et spatiaux, les technologies robustes pour l'aéronef plus électrique, les systèmes embarqués. "Nous avons choisi des domaines cibles où nous visons l'excellence pour devenir une référence en France, en Europe et dans le monde sur ces domaines précis", explique André Benhamou.

Installation sur le site de Montaudran Aerospace
Hébergé provisoirement dans des locaux sur le site universitaire de Rangueil, l'IRT sera installé d'ici deux à trois ans sur le campus Montaudran Aerospace. L'IRT devrait être situé à côté du CEA Tech, la plateforme à l'énergie atomique de Toulouse. Un choix qui correspond, selon Pierre Cohen, maire de Toulouse, a une volonté "d'avoir un espace commun de recherche et de transfert technologique sur lequel d'autres projets pourraient venir se greffer par la suite". Un site complémentaire à cette implantation principale pourrait être construit en Aquitaine.

À terme, le centre de recherche technologique de l'IRT mobilisera 200 chercheurs. Des équipes composées à la fois de personnel permanent et de chercheurs détachés des laboratoires de R&D des industriels sur des projets précis. "L'idée est de capitaliser sur les savoirs en mélangeant des chercheurs de culture et d'expérience différentes", commente Gilbert Casamatta. Une mutualisation des compétences de la recherche publique et privée qui permettra de coordonner une vision des enjeux technologiques sur une feuille de route stratégique. L'IRT AESE aura également un rôle dans la formation des ingénieurs et le développement des compétences nécessaires à l'application des résultats des recherches menées au sein de l'IRT.

"L'aéronautique, un sujet sensible en matière de financement"
L'IRT AESE est l'un des huit IRT retenus par l'État français après un appel à projets lancé en 2010 dans le cadre du Grand emprunt, un nombre qui n'évoluera plus. Trois ans auront été nécessaires à la mise en place de l'IRT AESE. Un retard qui s'explique selon Gilbert Casamatta par le domaine de spécialisation de l'IRT du Sud-Ouest. "L'aéronautique est un sujet sensible en matière de financement européen. La Commission européenne est très vigilante sur le principe de concurrence non-faussée ou loyale, ce qui a eu un impact fort sur la constitution de l'IRT AESE et qui explique ce retard." Toutefois, le président de l'IRT y voit un avantage. "Cela nous a renforcé car on a du faire la preuve de la solidité du projet tout en mobilisant un nombre de partenaires bien supérieur à certains IRT, la montée en puissance sera rapide."

Vincent Pléven
Photo © Rémi Benoit

En savoir plus :
Parmi les membres fondateurs de l'IRT AESE, on retrouve 7 groupes industriels, Airbus, Actia, EADS, Liebherr, Safran, Thales et Zodiac ; ainsi que des établissements publics et leurs laboratoires : le CNRS, le CNES, le PRES Bordeaux, le PRES Toulouse.

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