L'incertitude à France 3 Midi-Pyrénées malgré l'optimisme du nouveau délégué régional

 |   |  717  mots
Carlos Bélinchon, nouveau délégué régional de France 3 Midi-Pyrénées
Carlos Bélinchon, nouveau délégué régional de France 3 Midi-Pyrénées
Carlos Bélinchon occupe le poste de délégué régional de France 3 Midi-Pyrénées depuis 4 mois seulement, et déjà, il doit faire face à l'inquiétude des salariés de la chaîne. La suppression des éditions locales d'information (Albi et Rodez) à la Toussaint et à Noël a mis "le feu aux poudres" selon l'intersyndicale du pôle sud-ouest de France Télévision. "Ça n'arrivera plus", promet Carlos Bélinchon, optimiste sur l'avenir de l'antenne.

Carlos Bélinchon occupe le poste de délégué régional de France 3 Midi-Pyrénées depuis 4 mois seulement, et déjà, il doit faire face à l'inquiétude des salariés de la chaîne. La suppression des éditions locales d'information (Albi et Rodez) à la Toussaint et à Noël a mis "le feu aux poudres" selon l'intersyndicale du pôle sud-ouest de France Télévision. "Ça n'arrivera plus", promet Carlos Bélinchon, optimiste sur l'avenir de l'antenne.

"C'est la croisée des chemins pour France 3", annonce celui qui a passé une large partie de sa carrière au sein de France 3 Régions, dont 10 ans comme journaliste à Toulouse. Après un passage à France 3 Aquitaine et au siège parisien, Carlos Bélinchon a retrouvé en septembre la Ville rose pour devenir délégué régional de France 3 Midi-Pyrénées. Un retour au bercail mouvementé puisqu'il a dû mettre en place immédiatement une mesure décidée avant son arrivée : la suspension des éditions locales d'information pendant les vacances de la Toussaint et de Noël.

"Depuis 10 ans, on constate une érosion des programmes régionaux", regrette Bernard Bessac, délégué CFDT Média et membre de l'intersyndicale du pôle sud-ouest* de France Télévisions, "mais toucher à l'information, cela a mis le feu aux poudres". "Cela n'arrivera plus. Il s'agissait d'une mesure ponctuelle, conjoncturelle. 2013 marque le retour à la normale", promet Carlos Bélinchon qui espère même un développement important des programmes régionaux sur son antenne.

La proximité, un défi
"La croisée des chemins", pour le nouveau délégué régional, fait référence au nouveau COM (Contrat d'Objectifs et de Moyens) qui sera signé entre la direction de France Télévisions et l'État (ministères de la Culture et du Budget) dans quelques semaines. "Si ce COM pousse France 3 à développer la régionalisation, ce serait une très très grande nouvelle, espère Carlos Bélinchon. Si on donne plus d'antenne aux stations régionales, nous avons le maillage territorial, le potentiel technique et humain pour relever le défi."

Face à l'augmentation de l'offre sur la TNT, il estime que la proximité est une force pour France 3, et a décidé de développer la PAE (prise d'antenne événementielle). Ainsi en 2013 auront lieu des émissions spéciales pour le festival de Luchon ou encore lors de Cinélatino à Toulouse. L'émission La voix est libre sera également délocalisée dans les différents départements de Midi-Pyrénées.


"La volonté oui, mais les moyens ?"

Une envie de bouger les choses qui ne rassure que moyennement Bernard Bessac. "Carlos Bélinchon a une vraie volonté, mais a-t-il les moyens ?", s'interroge-t-il. Le syndicaliste s'inquiète de voir que la direction de France Télévisions demande au pôle sud-ouest de lui rendre une partie de la dotation dont il a bénéficié : "600 000 euros, sur les 100 M€ de budget. Ce n'est pas beaucoup, mais ce n'est pas bon signe." La diminution des recettes publicitaires et l'amoindrissement du financement de l'État assombrissent le tableau. "Le budget est contraint, tous les fils sont tendus", assure-t-il. Selon lui, les CDD et intermittents font les frais de cette situation.

Par ailleurs, France 3 coûte cher à France Télévisions. La chaîne représente plus de 100 implantations en France. "Si France Télévisions veut faire des économies, elle va lorgner sur France 3. Or, on ne peut pas faire plus de régional avec moins de moyens", affirme Bernard Bessac. De son côté Carlos Bélinchon ne se dit pas défavorable à une réintroduction de la publicité après 20h. "Si cela nous permet de pouvoir faire notre travail de service public, pourquoi pas."

Sophie Arutunian
©photo DR

* Le pôle sud-ouest de France télévision regroupe depuis 2010 les Régions Midi-Pyrénées, Aquitaine, Languedoc-Roussillon, Limousin et Poitou-Charentes. Le siège est à Bordeaux.

En savoir plus:

- Effectif permanent de France 3 Midi-Pyrénées en 2012: 159 personnes (personnel technique et administratif + journalistes)
42% de Femmes et 58% d'Hommes

- Territoire couvert : 8 départements (Gers, Hautes-Pyrénées, Lot, Tarn, Tarn et Garonne, Aveyron, Haute-Garonne, Ariège)
7 implantations France 3 Midi-Pyrénées : Toulouse, Tarbes, Foix, Albi, Cahors, Rodez, Millau

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :