Aéronautique : le Sud-Ouest perd près de 9.000 emplois en un an

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La Haute-Garonne a perdu en 2020 près de 5.000 emplois à elle seule.
La Haute-Garonne a perdu en 2020 près de 5.000 emplois à elle seule. (Crédits : Rémi Benoit)
La filière aérospatiale a connu un net coup d'arrêt en 2020. D'après une étude de l'Insee, ce secteur a perdu 8.800 salariés en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine sur un an. La Haute-Garonne est le département le plus touché avec une perte de 4.900 salariés. Et si les effectifs sont stables chez les grands donneurs d'ordre, l'essentiel de l'impact sur l'emploi est supporté par la supply chain.

"La filière aérospatiale en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine a perdu 8.800 salariés (hors intérim) en 2020, soit une baisse de 5,5% de son effectif", annonce l'Insee dans une étude dévoilée vendredi 9 avril.

Un coup d'arrêt d'autant plus marquant que le secteur de l'aéronautique et du spatial était en pleine expansion avant la pandémie. "Cette filière avait créée 5.500 emplois en 2019 et 4.600 en 2018. La crise a donc quasiment éliminé les 10.000 créations d'emploi de ces deux dernières années", souligne Lionel Doisneau, chef de la division économie de l'Insee Occitanie. Dans le détail, seulement 100 emplois ont été créés au premier trimestre, 2.300 emplois ont été perdus au deuxième et 3.300 emplois ont été détruits sur le troisième ainsi qu'au quatrième trimestre 2020. Comme le montre le graphique ci-dessous.

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Retournement de tendance pour la filière aérospatiale en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. (Source : Insee)

Près de 5.000 emplois perdus rien qu'en Haute-Garonne

Dans le Grand Sud-Ouest, l'Occitanie est particulièrement frappée par la crise économique avec 6.200 salariés en moins dans la filière aéronautique et spatiale sur un an contre une perte de 2.600 salariés en Nouvelle-Aquitaine.

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L'Occitanie paie le plus lourd tribut de la crise. (Source : Insee).

La Haute-Garonne, patrie d'Airbus, est le département le plus touché en volume d'emplois avec une perte de 4.900 salariés en 2020. En termes de pourcentage, le Lot est le département le plus impacté avec une chute -9,2% des emplois de la filière aéronautique (principalement lié au plan social mis en oeuvre par Figeac Aéro).

Lire aussi : Figeac Aéro : "Nous avons touché le fond et maintenant nous remontons à la surface"

 La supply chain supporte l'essentiel des destructions d'emploi

Toutes les entreprises ne sont pas égales face à la crise et la supply chain paie le plus lourd tribut.

"Alors que les effectifs des donneurs d'ordres sont relativement stables (avec une légère baisse de 0,8%, soit 200 emplois), ils chutent de 7,5% au sein de la chaîne d'approvisionnement, relève Lionel Doisneau. De même, la baisse des effectifs est plus forte dans les PME (- 9,8 %) dans le grand Sud-Ouest (cette diminution culmine à 11,2% si l'on regarde uniquement les chiffres en Occitanie). Elle est moins marquée pour les établissements des entreprises de taille intermédiaire (- 7,8 %) ou des grandes entreprises (- 3,6 %)."

Lire aussi : Aéronautique : Maître Oustin-Astorg, l'avocate qui veut annuler l'APC de Derichebourg

La métallurgie et l'ingénierie en première ligne

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La métallurgie et l'ingénierie connaît un important impact sur leur activité. (Source : Insee)

Dans le détail des activités, la métallurgie est la plus impactée en Occitanie comme en Nouvelle-Aquitaine et explique à elle seule près de la moitié de cette baisse, avec 2.100 salariés en moins. La maintenance et la construction aéronautique et spatiale résistent mieux. Dans le tertiaire, l'ingénierie subit un net coup d'arrêt avec une diminution de 10,2 % des effectifs soit une baisse de 3.000 salariés.

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Commentaires
a écrit le 09/04/2021 à 17:04 :
En parlant d'emplois :

Nouveau revers pour le barème Macron. Dans un arrêt rendu le 16 mars 2021, la cour d’appel de Paris a écarté ce dispositif dans le cadre d’une affaire opposant une salariée, licenciée près de quatre ans après son embauche, à son employeur. Pour rappel, le barème Macron a été mis en place en 2017 et fixe le plancher et le plafond de l’indemnité que l’employeur doit verser au salarié en cas de licenciement “sans cause réelle et sérieuse”. Les montants plancher et plafond varient selon deux critères : l’ancienneté du salarié et les effectifs de l’entreprise.

Dans l’arrêt rendu le 16 mars, la cour d’appel de Paris a jugé sans cause réelle et sérieuse le licenciement d’une ancienne cadre, engagée en 2013 et licenciée le 13 octobre 2017 pour motif économique lorsqu’elle avait 53 ans. Et ce, après avoir été placée en arrêt de travail pour maladie du 23 février au 30 septembre 2017. Mais pour la cour d’appel de Paris, le motif économique avancé par l’entreprise ne tient pas : “la réalité des difficultés économiques alléguées (par l’employeur,) ne peut être retenue”, peut-on lire dans l’arrêt.La cour d’appel de Paris ayant jugé que le licenciement était injustifié, sans cause réelle et sérieuse, le barème Macron pouvait en théorie s’appliquer pour fixer le montant de l’indemnité de licenciement à verser à la salariée. Mais la cour d’appel en a décidé autrement. Elle estime ainsi que le montant prévu par le barème Macron “ne permet pas une indemnisation adéquate et appropriée du préjudice subi” par la salariée. Le montant plafond fixé par le barème Macron “représente à peine la moitié du préjudice subi en termes de diminution des ressources financières depuis le licenciement”, ajoute la cour d’appel de Paris.Cette dernière a très précisément motivé son rejet du barème Macron. La cour d’appel de Paris s’appuie ainsi sur “la situation concrète et particulière” de la plaignante et tient compte “de l’effectif de l’entreprise, des circonstances de la rupture (du contrat, ), de son âge (53 ans au moment du licenciement et 56 ans aujourd’hui, ) de son ancienneté (moins de quatre ans, ), de sa capacité à trouver un nouvel emploi eu égard à sa formation et à son expérience professionnelle et des conséquences du licenciement à son égard”. Résultat : la cour d’appel de Paris a condamné l’employeur à verser à la salariée une indemnité correspondant à un peu plus de sept mois de salaire (4.403,75 euros brut par mois), soit 32.000 euros. À titre de comparaison, si la cour d’appel de Paris avait suivi le barème Macron, la salariée aurait eu droit à une indemnité bien plus faible, oscillant entre 13.211,25 euros (montant plancher) et 17.615 euros (le plafond).
a écrit le 09/04/2021 à 13:31 :
Le grand jeu pour des sous traitants est de se diversifier, ne pas dépendre d'un seul grand donneur d'ordre, appelés aussi grands comptes ou comtes pour le côté roitelet..
Quand on sait faire des pièces techniques pour avion on doit pouvoir en faire pour un tas d'autres trucs...
Réponse de le 09/04/2021 à 15:52 :
ce n'est pas la 1 ère fois que Airbus fait payer la crise par ses sous traitants : et dès que ça repart ils se bousculent tous pour y retourner . La soupe AIRBUS doit etre très bonne pour s'y asservir ainsi .

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