Gilets jaunes : le chômage partiel explose dans les commerces d'Occitanie

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En début d'année, de nombreux commerces toulousains avaient installé une pancarte À vendre sur leur devanture pour interpeller les pouvoirs publics sur leur situation.
En début d'année, de nombreux commerces toulousains avaient installé une pancarte "À vendre" sur leur devanture pour interpeller les pouvoirs publics sur leur situation. (Crédits : Pierrick Merlet)
La secrétaire d’État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, a présenté le plan d'aide du gouvernement en soutien aux commerçants impactés par le mouvement des Gilets jaunes. Décalage des échéances fiscales, mesures de chômage partiel, travail le dimanche... Ces dispositifs nationaux viennent en complément des nombreux plans de soutien locaux mis en place par les diverses collectivités. Néanmoins, ce soutien politique n'empêche pas les commerces de l'Occitanie d'être les plus touchées par le mouvement social en France, et de loin.

Tous les commerces du centre-ville de Toulouse, sans exception, ont constaté une baisse de leur chiffre d'affaires depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, samedi 17 novembre. Selon une récente enquête de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (CCI), certains faisaient même état d'une baisse de 50% voire 60% de leur activité...

Un tel naufrage économique, dans une période de l'année où les commerçants réalisent "environ 40% de leur chiffre d'affaires annuel", selon le président du Tribunal de commerce de Toulouse, Christian Bastide, n'est pas sans conséquence. D'après la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, les commerçants de la région Occitanie représenteraient à eux seuls 28,6% des dossiers de chômage partiel au niveau national... Ce qui en fait le territoire le plus concerné par cette démarche administrative et de loin. En deuxième position des régions les plus touchés se trouve les Hauts-de-France, avec "seulement" 12,8% des dossiers traités.

chômage partiel commerce

Document transmis jeudi 31 janvier, par le ministère de l'Économie.

Décalage des échéances fiscales

Devant cette situation, la membre du gouvernement a donc annoncé un plan d'aide aux entreprises touchées par le mouvement des Gilets jaunes, après avoir rencontré vendredi 25 janvier des représentants d'associations et de fédérations locales d'artisans et de commerçants (de Toulouse, Bordeaux, Grenoble, Saint-Étienne, Lyon, Nantes, Dijon) afin d'évaluer l'impact économique du mouvement des Gilets jaunes.

"La première mesure consiste en un décalage des échéances fiscales et charges sociales de trois mois. Seconde mesure, les dossiers de chômage partiel pour les entreprises impactées par ce mouvement seront payés par l'État. Troisième mesure, nous délivrerons des autorisations de travail le dimanche pour les commerçants qui en font la demande. Enfin, en lien avec la fédération nationale bancaire, nous avons demandé une forme de bienveillance des banques à l'égard des entreprises en difficulté, notamment sur le paiement d'échéances d'emprunts et sur le besoin en fonds de roulement", a détaillé la secrétaire d'État, qui entend également accélérer le remboursement de la TVA pour les entreprises.

Pour préparer l'après Gilets jaunes, Bercy a fait savoir qu'il travaillait actuellement sur la mise en place "d'un dispositif d'animation du centre-ville" pour relancer l'activité commerciale et créer une incitation à revenir dans les cœurs de ville.

"Pas de hausse particulière des défaillances d'entreprises"

Ce plan de soutien aux commerçants s'ajoute à ceux mis en place par la Région Occitanie, le Département de Haute-Garonne, la mairie de Toulouse, la CCI de Toulouse et la Chambre des métiers et de l'artisanat de Haute-Garonne. Mais est-ce que cela suffira pour aider les commerçants et cela répond-il aux besoins exprimés par ces derniers ?

"Nous souhaitons aborder avec vous l'évolution des modalités de soutien économique à destination des commerçants toulousains. Les étalements des échéances sociales et fiscales ne peuvent plus suffire", comme l'expliquait récemment dans une lettre ouverte à destination du préfet Jonnhy Dunal, le président de l'association Carré Baragnon, un collectif de commerçants du cœur historique de Toulouse et dirigeant de la boutique L'Observatoire.

En attendant de pouvoir mesurer les bienfaits de tous ces plans, la secrétaire d'État auprès du ministre de l'Économie a fait savoir "qu'à ce stade, les tribunaux de commerce ne signalent pas une hausse particulière des défaillances d'entreprises". De son côté, Alain Di Crescenzo, président de la CCI Occitanie, estime qu'il faudra attendre "quelques semaines voire quelques mois" pour évaluer les dégâts sur la pérennité des entreprises.

Lire aussi : Des centaines de commerces "à vendre" dans le centre-ville de Toulouse

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Commentaires
a écrit le 03/02/2019 à 11:56 :
ils ont bon dos les gilets jaune en ce qui me concerne on faisait les soldes à Toulouse avec des amis on partait à 6 et bien cette année avec la hausse de la csg et l'augmentation du gaz on n'a pas fait les soldes pour noël on a réduit les noëls voilà la réalité il faut s'en prendre à MACRON
a écrit le 03/02/2019 à 11:10 :
Que vous suggérer sinon de renvoyez l' addition à Macron-des-GOPE et à l' UE ...?
https://www.upr.fr/actualite/avis-aux-gilets-jaunes-soit-on-sort-de-lue-et-de-leuro-soit-on-en-accepte-les-politiques-de-regression-economique-et-sociale/
Soit on sort de l’UE et de l’euro, soit on en accepte les politiques de régression économique et sociale.
CQFD.
a écrit le 02/02/2019 à 15:04 :
Et oui les gilets jaunes. C'est le principe de "'L'arroseur arrosé"" . Et les conséquences à long terme pour eux, ce n'est pas fini. Il peuvent encore avoir un "retour de flemme" en pleine figure!
a écrit le 02/02/2019 à 12:35 :
Quand on pense que les G.J. sont a la fois les clients consommateurs et des chômeurs partiels et que l'origine des problèmes est du niveau Macron, il faut relativiser les infox!
Réponse de le 02/02/2019 à 12:55 :
Commentaire avec un niveau de logique proche de 0. GJ détecté. Les commerçants des villes qui ne voient quasi plus un client le samedi n'approuvent pas votre commentaire.
Réponse de le 02/02/2019 à 17:48 :
Les commerçants qui n'ouvrent que le samedi sont plutôt rare mais ils sont unanime pour se plaindre si l'occasion se présente!
a écrit le 02/02/2019 à 11:21 :
titre confus ou accrocheur: quel rapport avec les gilets jaunes? Le fait que les contrats cours et précaires représentent 70% des embauches dans ces secteurs ( restauration, bâtiment, grandes surfaces...) ne date pas de hier, et n'a rien à voir avec les gilets jaunes.
a écrit le 02/02/2019 à 7:43 :
Augmentons la CFE des entreprises de 5%:cette somme permettra de revitaliser certaines zones prioritaires choisies par les CCI.On peut aussi augmenter les cotisations des commerces aux CCI pour abonder un fond de soutien gouvernemental.Je rappelle que les cotisations aux CCI sont dérisoires,l'impact sera faible.On peut aussi obliger les grandes surfaces a faire payer leur parking,et reverser cette somme aux CCI.De nombreuses solutions existent,Macron doit agir vite.
Réponse de le 02/02/2019 à 13:26 :
Non, il faut supprimer les CCI, ce qui allègera la structure administrative
Réponse de le 02/02/2019 à 15:47 :
@élu ps

On peut aussi cesser d'envoyer des casseurs dans les manifs !
Réponse de le 03/02/2019 à 14:39 :
élu ps est un as de l'art du 2ième degré (voire plus).. Que de justesse et de finesse dans cette reconnaissance du bon emploi des sommes allouées aux CCI..:)
a écrit le 01/02/2019 à 23:45 :
Bravo aux partis ultra qui ont infiltré le mouvement, c'est à vous qu'il conviendrait d'adresser la facture !

Quant aux GJ, Bravo pour votre complaisance. Vous portez une responsabilité dont le contribuable se souviendra !
a écrit le 01/02/2019 à 22:10 :
Si les magasins ferment dans les centre ville, ce n'est pas à cause des gilets jaunes. Cela fait des années qu'ils ferment, et que les mairies cherchent à le cacher en mettant des fresques sur les devantures vides. Si on veut trouver un impact gilet jaune, on peut même le trouver sur le ralentissement de l'économie allemande -0.2% au quatrième trimestre de l'année dernière. Alors relation ou coincidence?
Réponse de le 02/02/2019 à 7:15 :
Le ralentissement concerne toute l'UE, grosso modo. Mais on ne parle de 50%. Là, à Touluse, où je vis, les samedis sont devenus invivables. Je crois cet article car moi-même je n'ai pas mis les pieds dans un commerce le samedi depuis une dizaine de semaines. J'ai cessé d'y aller lorsque je me suis retrouver bloqué en voiture et entouré d'une bonne de mecs pas nets, au milieu du périph, et passablement alcoolisés.
Réponse de le 02/02/2019 à 16:02 :
Vous vivez d'amour et d'eau fraiche?
a écrit le 01/02/2019 à 18:26 :
c'est sur, va y avoir des cartons!

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