L'aéroport Toulouse-Francazal multiplie les investissements face à son attractivité

Petit frère de l'aéroport Toulouse-Blagnac, l'aéroport Toulouse-Francazal ne cesse de voir son activité progresser. La société gestionnaire, dirigée par EDEIS, compte accompagner cette croissance en poursuivant ses investissements. Futur hangar dédié à l'aviation d'affaires, plusieurs bâtiments en projet pour accueillir d'autres sociétés dédiées aux mobilités, seconde extension d'aire de trafic déjà envisagée et hypothèse d'un restaurant... L'infrastructure aéroportuaire va encore prendre une nouvelle dimension dans les cinq années à venir.

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Dans la continué des premiers hangars qui héberge des entreprises, l'aéroport Toulouse-Francazal prévoit la construction de quatre à cinq nouveaux hangars d'ici 2025 (zone en arrière plan de l'image).
Dans la continué des premiers hangars qui héberge des entreprises, l'aéroport Toulouse-Francazal prévoit la construction de quatre à cinq nouveaux hangars d'ici 2025 (zone en arrière plan de l'image). (Crédits : Rémi Benoit)

L'aéroport Toulouse-Francazal, au sud de la Ville rose et plus particulièrement située sur la commune de Cugnaux (Haute-Garonne), poursuit sa mue. D'ici la fin du premier semestre 2023, le petit frère de l'Aéroport Toulouse-Blagnac (ATB est actionnaire de 39% de la société gestionnaire de l'infrastructure) va accueillir un hangar dédié à l'aviation d'affaires.

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La SETFA (Société d'Exploitation de Toulouse Francazal Aéroport), qui va fêter ses 10 ans d'exploitation, vient de déposer le permis de construire pour ce futur bâtiment de 1.100 m2 qui remplacera l'ancienne station météo du site. La société gestionnaire, détenue aussi à 51% par EDEIS et 10% la CCI de Toulouse-Haute-Garonne, vient de lancer la consultation des entreprises pour mener à bien les travaux. Néanmoins, les travaux de dépollution pyrotechniques ont déjà débuté depuis quelques jours.

"Sorti de terre, ce bâtiment nous permettra d'accueillir quatre à cinq aéronefs. Cela nous permettra de développer l'aviation d'affaires sur Toulouse-Francazal. L'idée est de doubler le trafic à terme avec cet équipement. Ce que recherche une compagnie d'aviation d'affaires c'est la possibilité de se baser afin d'abriter les avions quand ils n'opèrent pas", justifie Sabine Monties, la directrice d'exploitation de l'aéroport Toulouse-Francazal.

Sur l'année 2021, la structure a accueilli 110 vols en lien avec de l'aviation d'affaires. Elle ambitionne de dépasser facilement les 200 vols en la matière dès 2023. Pour ce faire, la SETFA mène un travail de concert avec ATB afin d'attirer une poignée des vols d'affaires de son grand frère au fil du temps. "Nous pouvons offrir une plus importante confidentialité que l'aéroport de Toulouse-Blagnac, ce qui est généralement recherché par cette clientèle, et surtout le temps d'enregistrement et d'embarquement est plus rapide", poursuit la dirigeante.

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Le trafic d'aviation d'affaires va augmenter sur l'aéroport Toulouse-Blagnac grâce à un nouvel équipement (Crédits : Rémi Benoit).

Accompagner la reprise d'activités de ses locataires

À la fin de l'année 2023, et après 10 premières années de délégation de service public pour le compte de l'État, la SETFA aura investi plus de 21 millions sur la plateforme aéroportuaire (17 via des prêts bancaires et quatre en fonds propres des actionnaire). Dernier investissement en date après les cinq millions d'euros injectés pour rénover la piste, la société exploitante et ses actionnaires viennent d'inaugurer l'extension de son aire de trafic.

Contre 4,8 millions d'euros, 60.000 m2 d'aire de trafic ont été inaugurés à la fin du mois d'avril, soit de quoi stationner une vingtaine d'avions monocouloirs types A320 et A220 ou bien une quarantaine d'avions régionaux type ATR. Avant cette extension, l'aéroport de Toulouse-Francazal disposait déjà de 64 places de stationnement.

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L'extension de l'aire de trafic de l'aéroport, récemment inaugurée (zone au fond), accueille déjà des aéronefs (Crédits : Rémi Benoit).

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"Nous avons mené cet investissement pour accompagner le développement des acteurs industriels spécialisés sur la maintenance des aéronefs et basés ici. Airplane et Tarmac Aerosave ont particulièrement besoin d'espaces supplémentaires. Il y a une reprise d'activité avérée sur l'aéro-industrie", commente Sabine Monties.

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Au-delà d'être un aéroport, Toulouse-Francazal est aussi une base industrielle pour les sociétés de l'industrie aéronautique ou des mobilités innovantes. Aujourd'hui, grâce à sept hangars qui disposent d'un contact direct avec la piste, le complexe abrite 31 sociétés et 400 emplois. "Nous avons un taux d'occupation de 95%", se félicite la directrice d'exploitation. Tout récemment, la startup Ascendance Flight Technologies vient de déménager vers son nouveau QG sur l'aérodrome de Muret pour suivre son développement. Néanmoins, d'autres bons noms sont toujours là. En plus d'ATR qui mène notamment ses tests de nouvelle technologie depuis cet aéroport, Francazal héberge la société Aura Aéro, les navettes autonomes d'EasyMile ou Hyperloop et ses capsules qui voyagent dans des tubes pour ne citer que ces exemples.

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Bientôt des nouveaux hangars pour accueillir des sociétés

Cette activité d'hébergement d'entreprises, couplée à l'activité aérienne, a permis à la SETFA de générer un chiffre d'affaires de 4,8 millions d'euros en 2021. Mais la société qui exploite l'aéroport Toulouse-Francazal ne compte pas s'arrêter en si bon chemin. Elle a pour projet, à horizon 2024 voire 2025, la construction de quatre à cinq nouveaux hangars industriels, dans la continuité de ceux déjà existants et en contact direct eux aussi avec la piste de sorte à former un 'L'. En complément de cette opération, cinq hectares sont disponibles derrière ces futurs aménagement et seront dédiés à la construction d'ateliers pour les consacrer à des activités de formation, logistique, R&D ou aux nouvelles mobilités.

Francazal ATR

Au total, l'aéroport Toulouse-Francazal enregistre 3.500 mouvements d'avions chaque année (Crédits : Rémi Benoit).

"Nous avons des demandes d'hébergement d'entreprises que nous n'arrivons pas à satisfaire par manque d'espaces disponibles. Il y a des demandes de nouvelles entreprises, mais il y a aussi des entreprises qui souhaitent s'installer à Francazal car elles travaillent avec celles déjà installées ou espèrent nouer des collaborations avec elle", explique la directrice d'exploitation des lieux.

Pour accompagner ces futurs hangars, la SETFA réfléchit à une seconde extension de son aire de trafic, de 30.000 m2 cette fois-ci, dans trois ans. Enfin, des études sont en cours pour envisager l'ouverture d'un restaurant sur site, mais ouvert au public, afin de préparer aussi l'arrivée du futur technocampus dédié à la question de l'hydrogène appliquée aux mobilités.

Sur des fonciers apportés par Toulouse Métropole, le conseil régional d'Occitanie va investir près de 40 millions d'euros pour regrouper entreprises, laboratoires et universités afin de se pencher sur de nombreux travaux de recherches dont l'avion bas carbone. Cette nouvelle vitrine de l'innovation toulousaine, et future voisine des locataires de la SETFA, doit sortir de terre en 2024.

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