
Le festival des lanternes chinoises à Blagnac avait lieu du 1er décembre au 1er février dernier. Un spectacle féérique qui a séduit les visiteurs malgré un contexte de pandémie et de mauvais temps. Après trois années à Gaillac dans le Tarn, le festival s'était installé au parc du Ritouret pour la première et la dernière fois. La municipalité de la commune de plus de 30.000 habitants a décidé de ne pas renouveler l'évènement.
"Cela a été une décision prise à contre coeur car nos 140 bénévoles et toutes les équipes municipales étaient mobilisées et ravies de participer à ce festival. Mais il fallait faire un choix, un choix raisonnable face à cette guerre en Ukraine qui nous laisse dans l'incertitude et l'inquiétude pour le futur", confie Joseph Carles, maire de la ville de Blagnac.
Durant trois mois, ce sont des centaines de milliers de curieux qui se sont laissés tenter par ce festival, le plus grand de France et l'un des plus importants d'Europe en la matière. Pour celui-ci, les organisateurs ont enregistré 410.000 visiteurs dont 324.000 entrées payantes. 136 000 enfants de moins de 11 ans ont profité d'entrées gratuites. Joseph Carles indique que la municipalité a aussi offert de nombreuses places via le Secours Populaire, le Secours Catholique ou les Restos du Cœur "pour faire profiter au maximum les personnes les plus modestes". Sur ces 410.000 visiteurs, 360 000 venaient d'Occitanie, dont 275.000 de Haute-Garonne, 185.000 de la métropole toulousaine et 22.000 de Blagnac, à prix préférentiel (sur 30.000 habitants).
Un bilan mitigé avec 410.000 visiteurs et un déficit de 600.000 euros..
Selon le maire de Blagnac, le bilan est "extrêmement positif".
"Nous avons connu les contraintes liées au Covid-19, le pass sanitaire puis vaccinal...Il y a aussi eu un temps exécrable pendant deux semaines, ce qui a pu rebuté beaucoup de tour-opérateurs et de comités d'entreprise qui ont annulé leurs réservations", indique le maire de Blagnac.
Côté financier, le festival a généré 5,3 millions d'euros de dépenses, dont 2,5 millions pour la Ville, notamment pour la sécurité, les navettes et la mise en place de chapiteaux. La municipalité assume d'avoir mis les moyens afin que tout se passe bien, aucun incident n'a été rapporté, ce qui fait la fierté du maire et des élus. Néanmoins, malgré une fréquentation assez importante et des entrées d'argent conséquentes, un déficit est de 600.000 euros est constaté.
"C'est un déficit important. On a fait travailler des entreprises blagnacaises qui étaient en difficulté, on a fait rêver des dizaines de milliers de gens malgré la pandémie, renforcé l'image de Blagnac, sécurisé le parc par des grilles. On a vu des étoiles dans les yeux des familles et on en est ravis. Je compare ces chiffres avec un évènement populaire, le Tour de France où une seule étape coûte, 300.000 euros tout compris, pour un jour, avec beaucoup moins de monde...", souligne Joseph Carles, défendant son bilan.
Une situation géopolitique incertaine et inquiétante
Outre ce déficit, le maire de Blagnac appuie sur le fait que la situation géopolitique actuelle est trop "incertaine et inquiétante". Au départ partant pour organiser la deuxième édition du festival, Joseph Carles avait fait appel aux collectivités telles que la Métropole, le Département et la Région en demandant 150.000 euros à chacune. Ces trois collectivités partenaires sollicitées se montraient volontaires à aider la Ville pour l'organisation du festival selon le maire, mais le contexte a changé très rapidement avec l'invasion de l'Ukraine par l'armée russe le 24 février dernier.
"Aujourd'hui, il y a trop d'incertitudes, il nous paraît aventureux et trop compliqué de s'engager sur un tel événement, qui nécessite autant de préparation. On ne sait pas quel impact économique et social va avoir la crise ukrainienne sur la France, si la guerre va perdurer. De plus, la position de la Chine n'est pas claire et assez ambiguë elle vient de réaffirmer son amitié indéfectible envers la Russie", affirme Joseph Carles.
Patrice Gausserand, président de Mag Conseil et à l'origine du festival, regrette cette "décision politique". L'ancien maire de Gaillac (Tarn), où avaient été organisées les premières éditions du Festival des Lanternes, a tout de même assuré que ce rendez-vous féérique allait continuer.
"Il y a des demandes. Nous allons voir quelles villes se positionnent sur ce festival mais nous avons déjà des communes intéressées notamment en Occitanie", affirme Patrice Gausserand.
Joseph Carles, maire de Blagnac, ne ferme pas la porte à l'organisation d'une nouvelle édition dans les prochaines années, "quand le contexte le permettra".
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