Toulouse teste le plus long téléphérique urbain de France

La Ville rose commence à tester les cabines de son futur téléphérique dont la mise en service est attendue fin décembre. Avec son parcours de trois kilomètres, il s'agira du plus long téléphérique en milieu urbain de l'Hexagone. L'équipement vise à désengorger en partie la zone sud de Toulouse avec un moyen de transport silencieux et peu polluant. Ailleurs en France, plusieurs métropoles veulent elles aussi leur téléphérique.

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Le téléphérique de Toulouse pourra transporter 8.000 personnes par jour.
Le téléphérique de Toulouse pourra transporter 8.000 personnes par jour. (Crédits : Florine Galéron)

En levant les yeux aux ciel, les Toulousains peuvent déjà commencer à voir circuler Téléo, le futur téléphérique urbain. Les premières cabines ont été mises en circulation ce mercredi 28 juillet pour s'assurer du bon fonctionnement de l'équipement. En revanche pour monter à bord, il faudra encore patienter. "La mise en service commerciale est espérée fin décembre", a annoncé Jean-Michel Lattes, adjoint au maire de Toulouse et président de Tisséo, l'autorité organisatrice des transports en commun sur la métropole.

8.000 passagers par jour

L'élu aime à rappeler qu'il s'agira du "plus long téléphérique urbain de France" avec un tracé de trois kilomètres. L'équipement reliera l'université Paul-Sabatier au site de l'Oncopole en passant par l'hôpital Rangueil en une dizaine de minutes, contre 30 min actuellement en voiture. Chacune des 15 cabines aura une capacité de 34 personnes (dont 20 places assises), avec la possibilité d'y accueillir des vélos et des personnes à mobilité réduite grâce à des espaces dédiés dans ces larges cabines. À raison d'une cabine disponible toutes les 90 secondes en heure de pointe, Toulouse espère via ce mode de transport faire transiter 8.000 personnes par jour. De quoi désengorger en partie la zone sud de la ville avec un mode de transport "trente fois moins polluant que la voiture", d'après l'autorité des transports en commun.

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Futurs quais d'embarquement des passagers à l'arrêt de l'université Paul-Sabatier (Crédits : Florine Galéron).

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Chaque cabine a une capacité d'une trentaine de passagers (Crédits : Florine Galéron).

La Ville rose s'attend même à "des retombées touristiques" grâce à cette infrastructure qui survolera notamment la Garonne. Pour s'assurer d'un tel niveau de fréquentation, "l'idée était de ne pas faire un téléphérique isolé, mais intégré au réseau de transport", commentait le président de Tisséo au printemps dernier. Le téléphérique sera ainsi relié à plusieurs lignes de bus et à la ligne B du métro. Les deux stations terminus seront équipées de parkings vélos et un nouveau parking relais pour les voitures de 500 places a été construit à l'Oncopole.

Une technologie de pointe pour éviter les déboires connus à Brest

Mode de transport historique pour les remontées mécaniques des stations de ski, le téléphérique connaît un regain d'intérêt en milieu urbain depuis quelques années. En 2016, Brest a fait grand bruit en inaugurant son parcours de 400 m relié par des câbles aériens. Malheureusement, la mise en service a été entachée de nombreux déboires. L'inauguration a été perturbée par une coupure de courant dans le quartier et son exploitation a dû être arrêtée une heure plus tôt dès le premier jour, en raison d'un coup de vent supérieur à 100 km/h. Plusieurs pannes ont interrompu le trafic depuis.

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Le téléphérique pourra résister à des vents de 108 km/h (Crédits : Rémi Benoit).

À Toulouse, l'entreprise française Poma qui a construit les cabines se veut rassurante. "Contrairement à celui de Brest, le téléphérique sera équipé d'un équipement de pointe, la technologie 3S (deux câbles porteurs et un câble tracteur, plutôt qu'un téléphérique monocâble)", assure Rémi Torres, conducteur de travaux au sein de la société. Une technologie qui permet de résister à un vent de 108 km/h. En se basant sur l'histoire de la météo toulousaine des vingt dernières années, Tisséo table sur seulement deux jours d'interruption du service par an.

"L'autre différence avec le téléphérique de Brest, c'est que ce dernier a été construit par Bouygues, un acteur qui travaille depuis peu sur ce type de transport. De son côté, Poma a plus de 80 ans d'expérience dans les téléphériques avec des infrastructures dans toutes les stations de ski mais aussi en milieu urbain partout dans le monde", ajoute Rémi Torres.

Un mode de transport répandu à l'étranger et en plein boom en France

Le groupe Poma, qui réalise trois quarts de son chiffre d'affaires à l'étranger, a ainsi été la manœuvre pour rénover en 2010 le téléphérique de New-York. D'une longueur de 960 mètres, il relie Roosevelt Island à Manhattan en seulement trois minutes en passant au-dessus de l'East river. L'entreprise française a construit plusieurs réseaux de transport par câble aérien en Amérique du Sud (Équateur, Colombie) où le téléphérique est très convoité sur des reliefs parfois trop escarpés pour le bus, le tramway ou le métro. L'Algérie est également en pointe avec onze lignes téléphériques.

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Poma a piloté des téléphériques à New York et en Équateur (Crédits : Poma).

En France, ce mode de transport a le vent en poupe depuis quelques années. La région Île-de-France vient de débloquer 125 millions d'euros pour son Câble A, devant relier en 17 minutes Créteil à Villeneuve-Saint-Georges. La Réunion, Ajaccio et Grenoble ont également déterminé des tracés et doivent désormais passer à la mise en chantier. Dans la catégorie des grandes villes, Bordeaux et Lyon réfléchissent ouvertement à un tel projet.

"Pour ces nouvelles municipalités (désormais écologistes, ndlr), il y a l'idée de marquer son territoire et son mandat avec un mode de transport qui illustre, en tout cas c'est ce qu'on veut faire croire, une nouvelle époque, par rapport aux tramways qui datent des années 1920 ou encore des métros qui ont émergé en 1970. De plus, ce sont des modes de transports vertueux sur le plan environnemental, avec une faible emprise au sol et un fonctionnement totalement électrique", estimait Pierre-Yves Péguy, le directeur du Laboratoire Aménagement Économie Transports (LAET) dans la Revue T éditée par La Tribune.

Lire aussi 10 mnTéléphériques : la mobilité urbaine de demain ?

À Toulouse, en cas de succès, on envisage déjà de prolonger le téléphérique urbain pour assurer des correspondances avec la ligne A et la future troisième ligne de métro.

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Commentaires 12
à écrit le 29/07/2021 à 18:14
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le téléphérique bien sûr, mais le tram pas d'accord ! il eut mieux valu implanter un Safège dont l'empreinte au sol et les réquisitions foncières (fort coûteuses) ont restreint la circulation automobile entre autre.

à écrit le 29/07/2021 à 13:31
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Les propositions: simple Toulouse à les parkings en périphérie et le tramway, il faut tout simplement améliorer les routes et arrêter d’accumuler les bassins d’emplois au même endroits, repousser les constructions et cesser de vouloir tout coller le...

à écrit le 29/07/2021 à 8:58
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Les locaux attendent avec intérêt de voir la tenue au vent de cette fantastique mocheté. Il y a un truc qui s'appelle l'Autan, dans le coin....

à écrit le 29/07/2021 à 5:24
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A la prochaine glaciation les toulousains auront leurs equipements.

à écrit le 28/07/2021 à 23:02
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"un mode de transport "trente fois moins polluant que la voiture"," seulement, pas mille fois moins ? Ça dégage 0 CO2 si c'est électrique, non ? Vis à vis des futures voitures électriques, la comparaison sera difficile, 0 à 0. Si on veut descendre e...

le 29/07/2021 à 13:23
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Electrique = nucléaire = déchets = enfouis sous terre pour des milliers d’années …. Écologistes anti voiture de pacotille. Il n’y a pas que la pollution co2, le visuel le bruit , la décote financière de l’environnement etc….

à écrit le 28/07/2021 à 18:35
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encore plus moche et plus bruyant qu'un champs d'eoliennes... je dis bravo....

à écrit le 28/07/2021 à 16:30
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3 km et 8000 passagers par jour avec des ""retombées touristiques"" (j'espère pas un tourisme de suicidaires), bref, c'est pas pour le déplacement des locaux. pour survoler une embuche comme l'east river, je comprends, la c'est pure idéologie assez ...

à écrit le 28/07/2021 à 16:11
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Silencieux ??? Je ne connais pas les téléphériques urbains (celui-ci est signé Poma) mais ceux qui tournent en montagne sont bruyants.

à écrit le 28/07/2021 à 16:05
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Quand l’écologie rends une ville moche, l’écologie française c’est sur l’instant d’une élection . Ensuite la pollution réelle bruit , visuel, la consommation électrique, les pannes, les accidents … une vraie gabgie Economique et polluante

le 28/07/2021 à 16:37
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Cela ressemble fort à de l'escrologie.

le 28/07/2021 à 23:04
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Jamais content ces Français ! Par contre qu'est ce que vous proposez alors ? Rien comme d'habitude !!

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