Pourquoi le chantier du téléphérique urbain de Toulouse prend du retard

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Entre les deux stations terminus situées à l'Oncopole et à l'université Paul Sabatier, le futur téléphérique urbain de Toulouse passera par l'hôpital Rangueil.
Entre les deux stations terminus situées à l'Oncopole et à l'université Paul Sabatier, le futur téléphérique urbain de Toulouse passera par l'hôpital Rangueil. (Crédits : Rémi Benoit)
Prévu initialement à la fin de l'année 2020, la mise en service du futur téléphérique urbain de Toulouse, entre l'université Paul Sabatier et l'Oncopole, est finalement programmée à la fin de l'année 2021. Une situation qui n'empêche pas le syndicat gestionnaire Tisséo d'étudier déjà des prolongements de Blagnac à Saint-Orens. Les détails, avec des photos du chantier.

À défaut d'attendre désormais leur troisième ligne de métro pour 2028, les habitants de Toulouse et sa métropole attendent une autre infrastructure importante de transport, nommée Téléo. Du nom du prochain téléphérique urbain de la quatrième ville de France, de l'Oncopole à l'université Paul Sabatier, celui-ci était initialement promis pour une mise en service en décembre 2020. Seulement, la crise sanitaire et le confinement sont passés par là.

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"Avec le protocole sanitaire instauré dans la filière du BTP, le chantier ne tourne pas au rythme qu'il tournait avant le confinement, sans parler des deux mois d'arrêt et du fait que des sous-traitants italiens du constructeur Poma (en charge du chantier, ndlr) ont réalisé des livraisons de pièces avec du retard, les dates prévues de mise en service ne peuvent plus être tenues", expliquait en juillet dernier à La Tribune Francis Grass, celui qui était alors le président de Tisséo Ingénierie.

Dans ce contexte, le syndicat mixte en charge de l'organisation des transports en commun sur l'agglomération toulousaine pariait sur une marche à blanc autour du mois d'avril 2021, pour une mise en service au cours de l'été 2021. Mais il n'en sera rien.

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En plus d'un zone protégée et d'un cours d'eau, le téléphérique doit survoler la zone de Pech David (Crédits : Rémi Benoit).

"Nous avons commencé le chantier en juillet 2019 avec quatre entreprises qui travaillaient en même temps et maintenant, avec le protocole contre la Covid-19, nous sommes obligés de saucissonner. Par conséquent, les opérations d'installation des câbles sont plus longues que prévu. Cela provoque un décalage de quelques semaines, ce qui est rien pour un projet d'une telle ampleur", avance Jean-Michel Lattes, le président du syndicat Tisséo, mais aussi dirigeant de sa filiale Ingénierie.

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Mise en service en fin d'année 2021 ?

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Le futur téléphérique urbain de Toulouse repose sur la technologie des 3S, qui nécessite moins de pylônes au sol que celle du monocâble (Crédits : Rémi Benoit).

Contrairement à d'autres téléphériques dans le monde comme Medellin (Colombie), qui ont fait le choix d'un téléphérique mono-câble, la Ville rose a quant à elle opté pour la technologie des trois S qui repose sur deux câbles porteurs et un, tracteur. "C'est une technologie bien plus performante que le mono-câble, avec notamment une meilleure résistance au vent (jusqu'à 107 km/h dans le cas toulousain, ndlr) et un effet de basculement moins ressenti", précise Vincent Conan, chef de projet Téléo au sein de Tisséo Ingénierie. Ainsi, l'opération d'installation des câbles, lancée en novembre 2020, doit s'achever dans les prochaines semaines.

"Trois câbles porteurs sont déjà installés. La pose du quatrième est en cours. Ils font chacun 15 kilomètres de long et leur installation doit se faire dans un environnement de sécurité pour tous, ce qui ne permet pas la co-activité. Après cela, nous n'aurons plus qu'à installer le cinquième et dernier câble, tracteur celui-ci, qui fera une boucle de 15 kilomètres et qui permettra de déplacer les cabines. Tout sera installé courant mai", explique Francis Charamel, le vice-président de Poma chargé du projet toulousain, venu sur place le 5 mars.

Téléphérique - Poma

Francis Charamel supervise pour Poma, le chantier de Téléo à Toulouse (Crédits : Rémi Benoit).

Au regard de ces éléments, la première phase de tests avec les cabines se fera durant l'été, avant une période de marche à blanc à la rentrée et une mise en service officielle espérée en fin d'année 2021. Soit un an après la date prévue avant la crise de la Covid-19.

Des prolongements déjà étudiés

Pour mémoire, ce projet à plus de 82 millions d'euros doit permettre de réaliser ce trajet du sud toulousain en une dizaine de minutes, contre plus de 30 actuellement en voiture, tout en desservant des zones d'activité importantes et en développement (30.000 étudiants à l'université Paul Sabatier, 200.000 consultations annuelles à l'hôpital Rangueil et près de 10.000 emplois dans la zone de l'Oncopole très orientée autour de la santé et de la médecine du futur). De plus, ce prochain téléphérique urbain long de trois kilomètres, le plus grand de France, doit permettre une meilleure connexion entre les différents modes de transports.

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Une quinzaine de cabines de 34 places sont prévues dans le projet (Crédits : Rémi Benoit).

"Le téléphérique urbain Téléo doit permettre au système de transports toulousain de sortir d'une logique en étoile pour passer à une approche transversale, d'où le nom de ceinture sud associé à ce projet", commente Jean-Michel Lattes. "Ce téléphérique sera à la fois branché sur notre réseau bus, sur le réseau cyclable avec une nouvelle piste de l'Oncopole à Cours Dillon, mais au réseau métro et la ligne B avec la station de l'université", précise le maire de Toulouse et président de la Métropole, Jean-Luc Moudenc.

Pour amplifier ce phénomène de transversalité et d'interconnexion, Tisséo travaille déjà sur la possibilité de prolonger Téléo jusqu'à Colomiers voire Blagnac, en partant de la station Oncopole, ce qui permettrait une connexion avec la future troisième ligne de métro de Toulouse. De l'autre côté, à partir de l'université, le syndicat travaille sur l'hypothèse d'un prolongement jusqu'au nouveau quartier Montaudran voire Saint-Orens. Cependant aucune date n'a été communiquée et difficile à croire que de tels chantiers seront engagés au cours du mandat actuel, marqué par les pertes financières liées à la Covid-19.

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