La ruée vers les maisons à la campagne se confirme en Occitanie

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Près de 10 000 transactions de maisons à la campagne ont été réalisées par la Safer Occitanie en 2019.
Près de 10 000 transactions de maisons à la campagne ont été réalisées par la Safer Occitanie en 2019. (Crédits : Rémi Benoit)
Le "gendarme du foncier agricole", la Safer, observe depuis le confinement une nette hausse des demandes de visites en Occitanie pour des biens ruraux de la part de non-agriculteurs. Une bonne nouvelle alors que la profession a du mal à se renouveler.

Avoir une maison avec un grand jardin et pourquoi pas se reconvertir dans l'agriculture. L'idée a traversé l'esprit de plus d'un Français durant le confinement. Et certains ont déjà sauté le pas.

"Nous observons une forte augmentation des demandes de visites sur les 400 biens ruraux disponibles à la vente dans la catégorie maisons à la campagne. Habituellement, les visites se répartissent à 50% pour les terres agricoles et à 50% pour les biens ruraux. Depuis mars, les biens ruraux représentent 65% des demandes. Et ce ne sont pas des gens qui s'ennuyaient pendant le confinement. La plupart ont un vrai projet agricole", remarque Frédéric André, directeur général de la Safer Occitanie.

Cet organisme, qui se voit comme le "gendarme du foncier agricole", a quatre missions : dynamiser l'agriculture, protéger l'environnement, accompagner le développement local et observer le foncier rural et le réguler. Sur l'année 2019, la Safer Occitanie a rétrocédé 19 640 hectares de terres via 2250 transactions. Même si 95% des transactions se font à l'amiable, dans 5% des cas la Safer fait valoir son droit de préemption pour stopper une vente. L'enjeu est d'éviter notamment que trop de terres soient "bétonnisées" pour des programmes urbains et de s'assurer du sérieux des projets agricoles.

Près de 10 000 transactions par an

Frédéric André remarque que "l'engouement pour le rural ne part pas de rien" :

"Depuis les années 80 et l'arrivée d'une vague d'Anglo-Saxons en Occitanie, nous observons des cycles de flux et de reflux vers la campagne. Actuellement, le Tarn est très demandé mais aussi l'Ariège et le Lot, bénéficiant d'un désenclavement avec des autoroutes qui donnent accès à Limoges, Paris et Toulouse".

En 2019, la Safer Occitanie a réalisé près de 10 000 transactions sur 7000 hectares et pour un montant global d'1,8 million d'euros dans la catégorie "maisons à la campagne" : "Il s'agit de terrains de moins de cinq hectares qui sont achetés par des non-agriculteurs mais qui portent un projet agricole", explique Christian Roussel, directeur opérationnel de la structure.

Un fonds pour faciliter l'installation des agriculteurs

Pour Dominique Granier, président de la Safer Occitanie, cet attrait pour le rural est une bonne nouvelle au vu des difficultés à pérenniser les exploitations agricoles.

"Nous avons un problème de renouvellement générationnel. Actuellement, il y a cinq départs à la retraite pour deux installations. Le risque est que beaucoup d'exploitations disparaissent".

Afin d'enrayer le phénomène, la Safer a lancé en 2019 un fonds d'aide à l'installation des jeunes agriculteurs. 300 000 euros ont déjà été alloués à une soixantaine d'agriculteurs. Le plafond de l'aide est de 2 000 euros par projet.

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a écrit le 19/06/2020 à 4:31 :
Bon choix, des citadins vont devenir des paysans, les taxes afferentes a ces biens vont exploser, ils vont comprendre que le reve a un prix.
a écrit le 18/06/2020 à 12:37 :
Pendant ce temps :

Depuis plusieurs semaines, les vols de moutons se sont multipliés dans la région. Les agriculteurs ont même manifesté récemment en Loire-Atlantique pour demander des aides. Sauf que là, ces vols n'avaient aucun but alimentaire.Cinq lycéens de Guérande se sont filmés en train de battre à mort des moutons à coups de bâton et de pelle ou à se servir d’un hérisson comme un ballon de foot. Ils invoquent « un mauvais délire ».
Réponse de le 18/06/2020 à 13:46 :
Dans la Nièvre, désert vert dans lequel on peut hurler toute la journée sans que qui que ce soit ne vous entende, durant plusieurs mois des voleurs découpaient les vaches à la tronçonneuse directement dans les champs laissant le haut pour voler le bas.

Tout va bien.
Réponse de le 18/06/2020 à 15:55 :
Au meme moment en Lozere, un groupe d'individus identifies hurlaient a tue-tete chaque jour de la semaine leur bonheur de la fin du confinement. Les policiers n'ont reagi qu'a partir du jourou ces memes individus ont commence a rire comme des chevres sur les places du village, les chevres locales se joignant a leurs concerts symphoniques.

mais ou va t-on?
Réponse de le 18/06/2020 à 15:55 :
Au meme moment en Lozere, un groupe d'individus identifies hurlaient a tue-tete chaque jour de la semaine leur bonheur de la fin du confinement. Les policiers n'ont reagi qu'a partir du jourou ces memes individus ont commence a rire comme des chevres sur les places du village, les chevres locales se joignant a leurs concerts symphoniques.

mais ou va t-on?
a écrit le 18/06/2020 à 12:18 :
Si ce sont des résidences principales c'est en effet une excellente nouvelle mais si c'est surtout un énième mouvement de quête de résidences secondaires avec des gens présents à peine deux mois par an c'est inutile notre patrimoine est déjà hautement parasité par ce phénomène inutile et destructeur de vie rurale. Alors qu'il faut déjà se coltiner la spéculation immobilière qui impose des prix de terres et maisons délirants, tout le monde n'a pas de paradis fiscaux hein, surtout les actifs d'ailleurs.

Sinon il est évident que la religion que nous impose notre classe dirigeante aliénée de travailler toujours plus pour gagner toujours moins ne peut que nous faire chercher à nous enfuir de nos tortionnaires qui vivent essentiellement en ville car c'est là qu'il y a le plus de fric à prendre.

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