La filière aérospatiale en bonne santé malgré un recrutement difficile

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En 2018, 3 800 ont été créés au sein de la chaîne d'approvisionnement de la filière aérospatiale, qui regroupe les sous-traitants, les prestataires de services et les fournisseurs.
En 2018, 3 800 ont été créés au sein de la chaîne d'approvisionnement de la filière aérospatiale, qui regroupe les sous-traitants, les prestataires de services et les fournisseurs.
L'Insee vient de publier son enquête sur le secteur aéronautique et spatial du Grand Sud-Ouest. Dotée de 159 000 salariés, le secteur a bénéficié d'une augmentation de son chiffre d'affaires et a créé 4 600 emplois sur les deux régions. Pour autant, les entreprises de l'aéronautique et du spatial éprouvent des difficultés à recruter.

L'année 2018 a été positive pour la filière aéronautique et spatiale si l'on en croit l'étude menée par l'Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) et le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Cette enquête regroupe 2 400 entreprises des régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Parmi ces sociétés, des grands donneurs d'ordres et la chaîne d'approvisionnement constituée de sous-traitants, fournisseurs et prestataires de services qui travaillent pour ces entreprises têtes de filières.

Lire aussi : Quel avenir pour le pôle de compétitivité Aerospace Valley ?

En 2018, la filière a atteint 159 000 emplois, dont 69% en Occitanie et la majorité en Haute-Garonne, autour de Toulouse (Airbus, Safran, ATR, Thales, Alenia Space...), soit 110 000 salariés. Une augmentation de + 3 % et + 3,1 % en Occitanie, par rapport à 2017. Ce qui représente ainsi 4 600 emplois supplémentaires dans le Sud-Ouest. Dans l'ensemble, la filière représente plus d'un emploi industriel sur cinq sur les deux régions.

"Grâce à des augmentations de cadences, Airbus atteint un nouveau record en 2018 avec 800 livraisons sur l'année en intégrant aux résultats les 20 appareils A220. Le carnet de commandes atteint aussi un nouveau record de 7 577 appareils fin 2018. Dans le domaine spatial, ArianeGroup démarre la production en série de son nouveau lanceur Ariane 6 dont le premier vol est prévu avant la fin 2020", commente l'institut de statistiques.

Si 4 600 emplois supplémentaires ont été créés dans la filière en 2018, 3 800 l'ont été au sein de la chaîne d'approvisionnement, qui regroupe les sous-traitants, les prestataires de services et les fournisseurs. En tout, ces entreprises représentent 75 % des emplois de la filière, soit 119 000 salariés. Interrogées sur leurs perspectives de recrutement, par l'Insee, ces sociétés prévoient également une hausse des effectifs salariés en 2019.

L'aéronautique patine face au spatial

Côté chiffre d'affaires, la chaîne de fournisseurs a réalisé 16,6 milliards d'euros en 2018. Une hausse de + 3,9 %, soit un peu moins que 2017 (+ 5,7 %). Un ralentissement d'autant plus marqué pour les grandes entreprises de la chaîne d'approvisionnement qui ont vu leur chiffre d'affaires augmenter de 4,6 % en 2018 contre 8,1 % en 2017.

"La filière affiche des taux de croissance soutenus et plus particulièrement l'activité spatiale avec une croissance à deux chiffres. Ainsi, le chiffre d'affaires du secteur spatial a augmenté de 13,4 % entre 2017 et 2018", indique Virginie Régnier, chargée d'études pour l'Insee Nouvelle-Aquitaine.

Aérospatial Insee

Le document produit par l'Insee démontre deux dynamiques bien distinctes entre l'aéronautique et le spatial.

En 2019, la chaîne aéronautique devrait voir son activité s'accélérer en début d'année avec un dynamisme important dans la maintenance, chez les motoristes et dans l'informatique. Pour autant, en fin d'année la chaîne d'approvisionnement va subir un léger tassement de l'activité dans tous les secteurs sauf dans la maintenance. Dans le secteur spatial, un léger ralentissement de l'activité sera à noter début 2019 avec, à l'inverse de l'aéronautique, une accélération en fin d'année. Malgré tout, "l'évolution de l'emploi et de l'activité sera favorable en 2019", estime Virginie Régnier.

La majorité des entreprises ont du mal à recruter

Avec ce développement de l'activité, 12 % des entreprises de la chaîne d'approvisionnement ont un projet d'implantation et 9 % ont un projet d'acquisition. Deux sociétés sur trois envisagent de réaliser ces projets dans le grand Sud-Ouest. Pour autant, certains problèmes rencontrés par la filière aérospatiale ont été soulevés par l'étude de l'Insee. Si sept entreprises sur dix ont recruté ou envisagé de le faire en 2019, 68 % d'entre elles ont eu du mal à trouver des techniciens ou ouvriers et 60 % des cadres.

"Il y a un problème d'offre, d'attractivité de l'industrie et de certains territoires et un problème également sur la différence entre les compétences et les besoins des entreprises dans le secteur. Nous assistons ainsi à un taux de chômage élevé en France alors que, dans le même temps, des offres ne sont pas pourvues. Nous travaillons donc sur ces aspects avec un groupe de travail composé du rectorat, de l'éducation nationale et d'écoles", conclut Yann Barbaux, président du pôle de compétitivité Aerospace Valley.

Lire aussi : Aéronautique : "un emploi chez un donneur d'ordres engendre 5 emplois dans la sous-traitance"

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Commentaires
a écrit le 06/02/2020 à 12:08 :
Les papy grincheux ignorent que les difficultés de recrutement concernent essentiellement ls entreprises ( pme et tpe) situées dans les petites villes éloignées de Toulouse en raison des emplois pour les conjoints et des études pour les enfants mais aussi de l'éloignement des voies de communication; autoroute et aéroport !!!
Et ce n'est pas propre à l'aéronautique , les laboratoires FaBre situé à Castre à 80 km de Toulouse rencontre la même difficulté pour les mêmes raison !!!
a écrit le 06/02/2020 à 12:06 :
Les papy grincheux ignorent que les difficultés de recrutement concernent essentiellement ls entreprises situées dans les petites villes éloignée de Toulouse en raison des emplois pour les conjoints et des études pour les enfants mais aussi de l'éloignement des voies de communication; autoroute et aéroport !!!
a écrit le 05/02/2020 à 7:50 :
Le revenu universel bâton de maréchal des Français. Pourquoi travailler ?
a écrit le 05/02/2020 à 5:47 :
Il n'y a pas qu'un pb d'attractivité de l'industrie, surtout ds l'aéronautique et le spatial, 2 secteurs HT de gamme avec des emplois de production propres et très bien rémunérés.
Le pb essentiel est à mon sens à rechercher ds la filière de formation professionnelle très insuffisamment efficace et malthusienne en France.
Par ailleurs, l'INSEE ne semble pas évoquer l'influence négative du désastre du 737 sur les sous traitants de la branche motoriste.

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