Les agriculteurs bio d'Occitanie dénoncent la suppression de l'aide au maintien

La Confédération paysanne a manifesté ce lundi 2 octobre à Toulouse contre la désengagement de l'État dans les aides au maintien des agriculteurs biologiques. En Occitanie, 2 600 exploitants sont concernés par la mesure. La filière craint surtout qu'on dissuade les autres agriculteurs de se tourner vers le bio.

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La filière bio craint que le désengagement de l'État dissuade les autres agriculteurs de se tourner vers le bio.
La filière bio craint que le désengagement de l'État dissuade les autres agriculteurs de se tourner vers le bio. (Crédits : Rémi Benoit)

 Une quarantaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne a fait irruption ce lundi 2 octobre au Conseil régional à Toulouse pour protester contre la politique gouvernementale en matière de bio. Le ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a annoncé le 20 septembre dernier que l'État se désengageait des aides au maintien à l'agriculture biologique. Ces aides prennent le relais des aides à la conversion après trois années de transition et sont destinées à pérenniser les exploitations fragilisées par le changement de modèle. En Occitanie, 2 600 exploitations bio sont impactées par cette mesure selon la Fédération régionale des agriculteurs bio (Frab) qui dénonce un "un très mauvais signal".

"Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron s'était engagé à rémunérer les externalités positives de l'agriculture biologique sur la société. Il faut savoir que le bio permet de réduire la pollution de l'eau et de réaliser d'importantes économies en dépollution. La diminution des pesticides peut faire baisser le risque de cancer. Sans compter les effets sur l'emploi puisque les exploitations bio embauchent deux fois plus que dans le conventionnel avec des postes non-délocalisables", met en avant Virgile Bezin, délégué général de la Frab Midi-Pyrénées.

La filière bio française davantage fragilisée ?

 Virgile Bezin craint que le désengagement de l'État dans les aides au maintien déstabilise la filière : "Certaines productions, à l'image de l'élevage bovin, restent fragiles. Le différentiel de prix entre le boeuf bio et le boeuf conventionnel ne permet pas pour l'instant de compenser de compenser le surcoût du bio".

Céréalière en bio depuis 25 ans dans le Gers, Sylvie Colas estime de son côté que les aides au maintien permettaient de faire face à la concurrence internationale.

"Aujourd'hui, la moitié des aliments bio vendus en France proviennent de l'étranger. Nous sommes en concurrence avec du bio d'Espagne ou des pays de l'Est où les cahiers des charges du label sont beaucoup plus laxistes, ce qui leur permet d'être plus compétitifs au niveau des prix. Certains pays comme l'Autriche sont également beaucoup plus généreux en termes d'aides au bio".

Pour elle, "tous les exploitants bio sont concernés à court-terme" par la décision gouvernementale : "Les agriculteurs qui ont entamé une conversion en bio ne pourront plus toucher d'aides pour pérenniser leur activité. Cela risque de dissuader les agriculteurs du secteur conventionnel de se mettre au bio".

Sylvie Colas, également déléguée régionale de la Confédération paysanne considère que l'État devrait ponctionner une partie des aides européennes de la Pac (politique agricole commune) en faveur de l'agriculture conventionnelle pour les redistribuer vers le bio.

"Certains agriculteurs non-bio touchent 350 euros d'aides par hectare alors que c'est plutôt 30 euros l'hectare en bio. Il y a aujourd'hui deux modèles agricoles. Le premier est industriel et utilise massivement des produits chimiques. Le second est celui d'une agriculture paysanne et bio. Alors que nous sommes à la croisée des chemins, le gouvernement fait le choix d'une agriculture industrielle."

Le ministre de l'Agriculture a précisé que les Régions pourraient compenser le désengagement de l'État dans les aides au maintien. Mais les collectivités locales n'arrivent déjà pas à faire face à l'afflux de conversions en bio. À titre d'exemple, au sein de l'Occitanie (première région bio de France), le Gers a enregistré un taux de conversion bio de 35% par an selon la Région contre 7% dans le reste du pays. La Région Occitanie a décidé au printemps dernier de plafonner les subventions de manière rétroactive sur l'année 2015.

Lire aussi : Des agriculteurs en conversion bio attaquent en justice la Région Occitanie

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Commentaires 6
à écrit le 30/10/2017 à 14:45
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oui https://notepad.pw/0712xyd6

à écrit le 03/10/2017 à 9:04
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Bon ben j'ai écris un commentaire qui n'est pas passé. Cette suppression n'est que l'expression oligarchique de nos gouvernants, aux bottes des actionnaires milliardaires ils choisissent de continuer de nous empoisonner en subventionnant massivem...

à écrit le 03/10/2017 à 8:14
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F N S E A . pour la malbouffe ? ? scandaleux... l

à écrit le 02/10/2017 à 23:38
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L'agriculture tenue par des subventions a produit des catastrophes : prix de vente tirés vers la seule prise en compte des intrants sans la main d'oeuvre, spécialisations outrancières, pressions des distributeurs, guerre pour les acquisitions foncièr...

le 03/10/2017 à 9:01
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"C'est cette formule qui faut développer et non singer l'agriculture industrielle fondée sur les subventions de la PAC" Tout en continuant de subventionner l'agro-industrie donc ? Vous ne seriez pas ingénieur agronome vous par hasard ?

à écrit le 02/10/2017 à 17:25
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Merci pour cet article même si difficile de ne pas avoir le cafard avec ce genre d'information, il faut croire que nous sommes condamnés à bouffer empoisonné toute notre vie et tout cela pour une seule question de blé. La seule multinationale Lact...

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