Métro à Labège : selon Jean-Luc Moudenc, l'entourage de Jacques Oberti bloque la situation

Toulouse Métropole doit présenter d'ici à un mois et demi son plan de financement de la 3e ligne de métro. Le temps presse alors que les négociations avec le Sicoval sur la desserte de Labège sont à l'arrêt. Pour Jean-Luc Moudenc, ce n'est pas vraiment Jacques Oberti qui fait blocage, mais "des membres de son parti". Interview.

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Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole
Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole (Crédits : Rémi Benoit)

Dans une interview à La Tribune Toulouse, Jacques Oberti assurait il y a quelques jours que vous êtes proches d'un accord sur la desserte de Labège par le métro. Est-ce effectivemement le cas ?
Peut-être a-t-il voulu dire que nous sommes séparés par peu de choses. C'est vrai que lorsque nous discutions au mois de février-mars, nous n'étions pas loin d'un accord. Le Sicoval a donné son accord de principe pour que Labège Innopole soit desservie par la troisième ligne, en faisant en sorte que cette ligne soit rallongée d'emblée. Pas prolongée, mais rallongée : au lieu de s'arrêter à Montaudran / Airbus Defence & Space, elle irait d'emblée à Labège. C'est le point d'accord. Ce point est essentiel parce que le besoin de desserte du Sicoval est d'abord sur l'Innopole de Labège. En revanche, il y a un point de désaccord que je considère comme secondaire mais qui bloque tout accord général, c'est : quelle desserte pour le parc technologique du canal ?

Pourquoi ce point bloque-t-il ?
Comme le flux à desservir est très faible (10 000 personnes par jour selon moi, 20 000 selon le Sicoval, ce qui reste extrêmement faible pour un métro), je considère que c'est une question qui est loin d'avoir la même importance que la desserte de Labège Innopole. Mais le Sicoval a une position qui consiste à dire qu'il faut desservir par le métro le parc technologique du canal. Moi, je maintiens que le trafic est trop faible pour y mettre un métro qui coûterait 220 millions d'euros.

Vous devez annoncer le plan de financement de la 3e ligne avant le 14 juillet. Quel sera le projet présenté ?
Si nous avons un accord d'ici là, nous présenterons un projet qui inclura la desserte de Labège et donnera une méthode pour traiter la divergence qui existe sur la desserte de la zone du canal. S'il n'y a pas d'accord, nous présenterons un plan de financement avec une 3e ligne strictement conforme à l'engagement électoral pris, c'est-à-dire sans la desserte de Labège. Je ne souhaite pas cette deuxième hypothèse, je souhaite que les discussions aboutissent d'ici l'été. Nous sommes d'ailleurs d'accord avec le président Oberti sur ce calendrier.

Nous sommes presque début juin, le temps presse. Que vous inspire cette situation ?
Pour le moment, les deux positions sont affirmées et figées. Je tends la main en permanence au Sicoval, mais je le rappelle une fois de plus : je ne sacrifierai jamais, au nom d'un accord avec le Sicoval, une vision et une ambition pour l'ensemble de l'agglomération. C'est mon devoir en tant que président de la métropole de faire primer une vision d'ensemble. Outre les besoins légitimes du sud-est toulousain, je constate des besoins tout aussi légitimes et souvent encore plus forts en termes de trafic au nord de l'agglomération, à l'ouest voire au sud. Je faillirais à ma mission si j'étais obnubilé par la seule problématique du sud-est et du Sicoval et si je faisais basculer au second plan les autres besoins des autres secteurs de la grande agglo toulousaine.

En outre, je le rappelle, tandis que chaque habitant de Toulouse Métropole cotise chaque année à hauteur de 140 euros pour les transports en commun, chaque habitant du Sicoval paie seulement 14 euros. Dans ces conditions, comment pourrait-on envisager que le point de vue du Sicoval s'impose ?

Jacques Oberti dit de vous que vous êtes dur en négociation mais que vous être quelqu'un de très bien. Et vous, comment le trouvez-vous ?
Je trouve que Jacques Oberti est un homme avec qui l'on peut discuter. Ce que je regrette, c'est que, dans son parti, il y ait certaines personnes qui œuvrent pour qu'il n'y ait pas d'accord entre nous. J'observe que, jusqu'ici, ce sont plutôt ces derniers qui ont eu raison et ont obtenu le blocage que l'on constate. Mon vœu est que la bonne volonté que je sens chez Jacques Oberti puisse l'emporter car j'ai la très sincère conviction qu'un accord entre nos deux collectivités serait bien plus conforme à l'intérêt général.

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Commentaire 1
à écrit le 30/05/2016 à 18:56
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Le président du sicoval est peut-être fidèle à l'avis de ses collègues. Nous ne sommes pas en 1985 où le président d'une collectivité territoriale, alors membre du SMTC, avait voté contre l'avis de ses collègues. Le métro, vous l'avez voulu, et bie...

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