Le Lauragais accueille la première zone d'activité de l'économie circulaire en France

Véritable laboratoire de l'économie circulaire, le Lauragais développe actuellement Organic'Vallée, la première zone d'agroactivités jamais déployée en France. Construit à côté de Cler Verts, qui recycle 30 000 tonnes de déchets par an, cet espace de 55 hectares accueillera à terme des maraîchers bio, une légumerie ou encore une meunerie.
Une coccinelle du Lauragais.
Une coccinelle du Lauragais. (Crédits : DR)

"C'est une innovation totale. Du jamais-vu à ma connaissance en France et au-delà en Europe. Même aux Pays-Bas, en avance sur l'économie circulaire", lance Vincent Aurez. Membre du think tank Institut de l'économie circulaire, il est le rapporteur de la mission gouvernementale sur le sujet. L'expert avoue qu'Organic'Vallée est l'un de ses projets fétiches.

Produits bio, légumerie et recyclage

Fondée en juin dernier à Belesta-en-Lauragais, à 50 km au sud-est de Toulouse, la société coopérative Organic'Vallée veut créer une zone d'agroactivités de 55 hectares permettant de déployer des activités écologiques et de recycler les déchets organiques produits par ces activités. La zone sera développée juste à côté des locaux de Cler Verts. Cette entreprise recycle 30 000 tonnes de déchets par an et constitue l'un des acteurs majeurs du cluster BioVallée Lauragais, qui regroupe les acteurs locaux de la transition écologique.

"Nous avons déjà sur le site un maraîcher bio et un apiculteur. À terme, d'ici à 2016-2018, une trentaine d'hectares sera mise à disposition de la production bio. Nous avons également le projet d'installer sur trois hectares une légumerie. Il en existe à peine une dizaine en France. Il s'agit d'un lieu où sont épluchés, préparés et mis sous vides les aliments à destination des cantines scolaires. Une huilerie et une meunerie sont également prévues. L'ensemble des déchets organiques sera recyclé par Cler Verts et le compost sera utilisé pour fertiliser les espaces verts", explique Jean-Luc Da Lozzo, gérant de Clert Verts et de la Scic.

"Ce projet est un condensé de toutes les innovations en train d'émerger autour de l'économie circulaire, commente Vincent Aurez. D'abord par la gestion du foncier. Les maraîchers louent à Organic'Vallée le terrain où ils s'implantent. Cela rejoint l'émergence de l'économie de fonctionnalité (louer un bien plutôt que l'acheter, NDLR). De plus, le recyclage des déchets industriels existe, mais il est quasi-inexistant au niveau de l'agroalimentaire. Enfin, le projet est conduit par une Scic, une société coopératif d'intérêt collectif, un statut créé très récemment."

L'économie circulaire, un atout pour la compétitivité

Pour un entrepreneur, l'économie circulaire présente plusieurs avantages. En limitant les coûts de transport, elle permet à la société de réduire d'un tiers ses émissions de carbone. Pour aller plus loin, la commune de Bélesta-en-Lauragais prévoit l'implantation d'une pépinière d'entreprises spécialisée en génie écologique à proximité d'une zone boisée. "Des entreprises locales telles qu'Airbus ou les Laboratoires Pierre Fabre pourront également investir dans l'entretien de la forêt pour compenser leurs émissions carbone", complète Jean-Luc Da Lozzo.

Au-delà de l'impact écologique, les circuits courts sont peut-être une réponse face à la forte volatilité du cours des matières premières :

"Les prix varient très fortement. Une année, il est préférable d'acheter ses céréales en Amérique du Sud, l'année suivante en Amérique du Nord, remarque Bernard Storup, PDG de Nutrition et Nature, fabricant de produits alimentaires à base de soja bio. Depuis la création du cluster BioVallée Lauragais en 2009, des contrats sur plusieurs années ont été passés entre les agriculteurs locaux et les entreprises du secteur agroalimentaire comme Nutrition et Nature. L'avantage est que le prix du soja reste stable à moyen terme. De plus, l'économie circulaire crée de l'activité locale et les emplois qui en découlent ne sont pas délocalisables."

Pour financer le déploiement d'Organic'Vallée, la coopérative s'est fixée pour objectif de lever 1,5 million d'euros. Une campagne de financement participatif sera lancée d'ici à la fin de l'année pour récolter une partie de la somme, le restant des fonds sera complété par des investisseurs privés et publics. "L'intérêt pour les internautes est de financer un projet de proximité et qui sera rentable puisque nous tablons sur 3 % de rendement annuel, c'est beaucoup plus que le livret A !", précise Jean-Luc Da Lozzo.

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