Comment Toulouse Métropole s'empare de la lutte contre le réchauffement climatique

Alors que son Plan climat énergie court jusqu’en 2020, Toulouse Métropole débutera en fin d’année un travail de réadaptation, afin d’en livrer une version entièrement révisée en 2017. À six mois de la COP21, quels sont les grands enjeux de la lutte contre le réchauffement climatique dans la métropole toulousaine ?

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Le déploiement des énergies renouvelables fait partie des axes majeurs dans la lutte contre le réchauffement climatique
Le déploiement des énergies renouvelables fait partie des axes majeurs dans la lutte contre le réchauffement climatique (Crédits : Rémi Benoit)

Passer de la lutte contre le réchauffement climatique à l'adaptation à ses effets. C'est le virage stratégique que négocie actuellement Toulouse Métropole, à six mois de la 21e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre prochains. Jusqu'à présent, en effet, la métropole toulousaine misait sur une politique d'atténuation des gaz à effet de serre dans son territoire. C'est d'ailleurs tout l'enjeu de son Plan climat énergie territorial, adopté en 2012, et qui court jusqu'en 2020. Avec un triple objectif.

"C'est ce que nous appelons les trois '20', explique Clément Cohen, directeur du Grand Projet Plan Climat à Toulouse Métropole. Nous visons d'ici à 2020 à la fois une réduction de 20 % des gaz à effet de serre, une hausse de 20 % de l'efficacité énergétique et une consommation d'énergies renouvelables de 20 % dans le territoire métropolitain."

Sept champs d'action

Et s'il est encore trop tôt pour faire le bilan des politiques menées, sept grands champs d'action sont aujourd'hui concernés.

Tout d'abord, la limitation des consommations d'énergie (à travers notamment la rénovation des bâtiments publics) et le développement des énergies renouvelables (principalement photovoltaïques et de récupération).

Deuxième volet : l'éco-mobilité. "Nous soutenons toutes les initiatives qui concourent à un transfert net de l'utilisation de l'automobile vers les transports en commun et les modes de transport doux", explique Clément Cohen, qui mise par ailleurs sur la multiplication des plans de déplacements d'entreprise.

Toulouse Métropole travaille également sur la question de la solidarité énergétique, dans une région où 16 % des ménages se trouvent en situation de précarité énergétique (10 % au moins de leurs revenus concernent des dépenses d'énergie, hors essence).

La construction et la rénovation "durable" fait également partie des ambitions affichées dans le Plan climat énergie, tout comme la mise en œuvre de politique urbaines plus "vertes".

Par ailleurs, alors que les surfaces agricoles représentent 25 % des surfaces totales de la métropole toulousaine, la question des ressources naturelles fait partie des grands enjeux de la collectivité. "Nous souhaitons accompagner une agriculture plus durable, en visant un idéal, qui reste un idéal, bien entendu, celui de l'autosuffisance alimentaire", glisse Clément Cohen.

Pour mettre en musique toutes ces actions, Toulouse Métropole compte sur l'implication de l'ensemble des acteurs du territoire. Les collectivités, les associations, mais aussi les entreprises.

Un changement stratégique

Adopté il y a trois ans, le Plan climat énergie de Toulouse Métropole sera révisé en 2017. Un travail de réactualisation qui débutera dès la fin de cette année.

"Nous sommes en train de passer d'une politique d'atténuation des effets du changement climatique à une politique d'adaptation à ces effets, annonce Élisabeth Toutut-Picard, présidente de la commission Environnement 
et développement durable de Toulouse Métropole. Bien entendu, les deux actions seront menées en parallèle. Mais il faut dès maintenant se préparer, s'adapter. D'autant qu'en Midi-Pyrénées, nous allons être l'une des régions de France les plus impactées par le réchauffement climatique. Avec toutes les conséquences que l'on peut imaginer..."

Pour mener à bien la réactualisation de son plan, qui sera rebaptisé pour l'occasion 'Plan climat air énergie territorial', Toulouse Métropole mise sur la participation des citoyens.

"Rien ne peut se faire sans la population, estime  Élisabeth Toutut-Picard. La question climatique ne peut s'aborder qu'en mode 'bottom-up' (approche ascendante, qui va du citoyen vers les décideurs publics, NDLR). La nouvelle formule de notre plan sera donc une co-construction."

Un travail qui pourra notamment s'inspirer des réflexions initiées par le Club 21, lancé en début d'année, qui rassemble des représentants des 37 communes de Toulouse Métropole.

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