Quelle est la qualité de vie en Occitanie ?

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(Crédits : Fred Lancelot)
L'Insee a mesuré la qualité de vie des habitants de la région Occitanie en s'appuyant sur "une quarantaine d'indicateurs". Même si la dimension environnementale n'est pas traitée dans cette étude, l'analyse permet de dégager six profils de territoire sur l'ensemble de la région. Il s'avère que l'ex-région Midi-Pyrénées est dans une meilleure situation que l'ex-région Languedoc-Roussillon. Décryptage.

Il est difficile de mesurer la qualité de vie, ou le bien-être, sur un territoire donné. Néanmoins, l'Insee a tenté d'analyser les conditions de vie des habitants de la région Occitanie à partir "d'une quarantaine d'indicateurs répartis en quatre dimensions : financière et matérielle, professionnelle, sanitaire, sociale et sociétale", comme le précise la synthèse de l'étude.

"Dans cette étude, la première approche, dite objective, est retenue à travers l'analyse des conditions de vie matérielles et sociales des habitants susceptibles d'influer sur la qualité de vie", ajoute le rapport.

Cette méthodologie de travail a permis de classer les 73 bassins de vie de la région Occitanie dans six catégories différentes, signe que la qualité de vie est très contrastée selon les territoires.

étude bien-être Insee

L'agglomération toulousaine plutôt bien lotie

Comme le présente sans surprise le document ci-dessus, les habitants des deux métropoles régionales, Toulouse et Montpellier, bénéficient d'un accès rapide aux services et d'un niveau de vie élevé.

"Le tissu urbain dense permet un accès très rapide aux services de proximité (boulangeries, écoles, etc.) comme aux services intermédiaires (supermarchés, collègues, etc.). De plus, l'accès aux services de soins de proximité est très aisé, en particulier grâce à une densité de médecins généralistes supérieure à celle de la région, elle-même déjà élevée (87 médecins en équivalent temps plein pour 100 000 habitants, contre 78 dans la région et 69 en France métropolitaine)", explique l'Insee.

Ainsi, la périphérie toulousaine (en bleu turquoise sur le premier document) bénéficie de cette richesse des équipements dans la métropole toulousaine, ce qui lui assure également une qualité de vie élevée. Surtout du fait de la non présence de quartiers de la politique de la ville, contrairement aux métropoles, ces territoires sont plus homogènes. "Ces espaces sont plus homogènes en matière de niveau de vie, avec en particulier une part plus faible de la population vivant sous le seuil de pauvreté et une moindre proportion de chômeurs de longue durée. Leurs habitants profitent aussi d'un cadre de vie plus agréable avec plus d'espaces naturels et des logements plus spacieux".

étude bien-être Insee

Cependant ces territoires périphériques à la métropole de Toulouse présentent un important inconvénient, à savoir les transports et plus particulièrement le temps de trajet entre le domicile et le travail.

"Ces temps passés dans les transports empiètent ainsi sur le temps de loisirs et la vie familiale : 4 actifs sur 10 résident à plus d'une demi-heure de leur lieu de travail aux heures creuses (2 sur 10 dans l'ensemble de la région), ce qui signifie souvent beaucoup plus, du fait de la saturation des réseaux routiers aux heures de pointe", fait savoir l'institut de statistiques.

C'est notamment pour ces territoires périphériques qu'a été pensé la troisième ligne de métro qui doit voir le jour fin 2025.

Un littoral qui doit faire face au chômage

Cette situation est totalement contraire à ce que connaissent les bassins de vie articulés autour de ville de taille moyenne comme Auch, Millau, Foix, Cahors ou Albi, qui accueillent au total 1,3 million d'habitants sur 36% de la superficie d'Occitanie (en blanc sur le 1er document).

"Les caractéristiques des emplois offerts sur ces territoires sont en adéquation avec celles des actifs résidents, réduisant ainsi les déplacements domicile-travail : plus de 8 actifs sur 10 travaillent à 30 minutes ou moins de leur lieu de résidence".

À noter que dans ces territoires, les conditions d'accès aux services sont "plutôt favorables", de même que les conditions de vie matérielles qui sont "relativement bonnes". Comme c'est le cas sur le littoral méditerranéen (en jaune sur la première carte), avec des qualités de vie dans ces territoires proches de celles dans les deux bassins métropolitains.

"Toutefois, l'offre importante de services sur la bande littorale au regard de la population résidente s'explique en partie par son attractivité touristique, qui multiplie fortement la population présente pendant les périodes de forte fréquentation et peut contraindre l'accès aux différents services".

Cette qualité de vie est à nuancer avec le niveau de vie des habitants sur ces territoires... "La part de chômeurs est supérieure à celle, déjà élevée, observée au niveau régional". Un constat qui s'explique par le fait que la majorité des emplois dans cette zone sont saisonniers, en lien avec l'activité touristique du sud de la France.

étude bien-être Insee

Un bilan sur le bien-être fin 2019

Cette fragilité au niveau de l'emploi se répand jusqu'à dans l'arrière pays-méditerranéen (vert clair sur la première carte) engendrant un taux de pauvreté important. Selon l'Insee, dans ces territoires qui regroupent 7% de la population régionale, pas moins d'une personne sur quatre vit sous le seuil de pauvreté.

étude bien-être Insee

En plus de difficultés dans l'accès à l'emploi, les habitants de cette zone géographique doivent faire face à un accès aux services difficile. C'est également le cas pour les territoires ruraux et montagneux de la région (21% du territoire régional) qui abrite seulement 5% de la population d'Occitanie. En l'occurrence, il s'agit de l'est de l'Aveyron, du Haut-Languedoc, la Lozère, la Haute Ariège, l'Astarac, le Quercy Blanc, la Bouriane et le Figeacois (en vert foncé sur la première carte).

 "Dans ces territoires, le temps d'accès aux services est le plus élevée de la région : en moyenne 1 personne sur 4 est éloignée des principaux services de proximité et 1 sur 3 de ceux de la gamme intermédiaire. En ce qui concerne les soins de proximité (médecin généraliste, pharmacie, kinésithérapeute, chirurgien-dentiste, infirmier), 1 personne sur 6 réside à plus de vingt minutes d'au moins un de ces cinq services, contre 1 sur 100 dans la région".

Parallèlement à cette étude de l'Insee, le Conseil régional d'Occitanie a lancé une consultation citoyenne sur le bien-être de ses habitants. Cette approche subjective complétera ainsi l'approche objective de l'Insee. Cette double analyse permettra ainsi d'établir un bilan complet sur le bien-être des habitants d'Occitanie fin 2019.

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