À Toulouse, Bruno Le Maire donne des détails sur le futur plan d'investissements français

En déplacement dans la Ville rose, le ministre de l'Économie s'est une nouvelle fois exprimé sur les contours du futur plan d'investissements français prévu à la rentrée. Un plan dans lequel Bruno Le Maire compte accorder une place importante à la filière aéronautique et ainsi préserver la place de leader mondial d'Airbus.

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Bruno Le Maire était en visite chez Airbus, à Toulouse, vendredi 16 juillet.
Bruno Le Maire était en visite chez Airbus, à Toulouse, vendredi 16 juillet. (Crédits : Rémi Benoit)

"Nous avons sauvé la filière aéronautique française. Nous avons sauvé Airbus", lâche Bruno Le Maire. De quoi faire lever les yeux au ciel de Guillaume Faury, présent à ses côtés. Le patron d'Airbus a accueilli le ministre de l'Économie à Toulouse, vendredi 16 juillet, sur la chaîne d'assemblage finale de l'A350. Selon les chiffres avancés par l'avionneur européen, 436 unités ont déjà été livrées depuis 2015 sur ce modèle et 479 sont commandées par 49 clients. Un programme au succès commercial assuré et avec lequel Airbus compte pérenniser sa relance.

"La filière aéronautique est sortie d'affaire (...) Quand on est en sortie de crise, il est important de se tourner vers l'avenir en se penchant sur comment nous allons bâtir les emplois de demain, les compétences de demain et l'industrie de demain (...) L'A350 est le symbole de tout ça", vante le locataire de Bercy.

Airbus

Airbus a encore près de 500 A350 en attente de livraison (Crédits : Rémi Benoit).

Bien que le ministre voulait s'assurer, officiellement, que les 15 milliards d'euros débloqués pour "sauver" la filière aéronautique via France Relance soient utilisés efficacement, l'intérêt de ce déplacement était ailleurs. Les deux hommes, qui se tutoient, ont eu un entretien hors caméras après la visite des locaux d'Airbus. Un rendez-vous crucial alors qu'un nouveau plan d'investissement majeur et national doit voir le jour à la rentrée.

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"Je prépare à la demande du président de la République un plan d'investissements pour la rentrée et je lui présenterai mes premières conclusions d'ici la fin du mois de juillet. Ce sont des semaines de travail approfondi que nous avons eu avec les filières pour voir où est-ce-que nous devons investir pour éviter un déclassement français et nous assurer que la France reste aux meilleurs standards mondiaux en matière de technologies, d'innovation et d'industrie. Parmi les réflexions que nous portons, il y a bien évidemment une réflexion sur l'aéronautique.  Est-ce-qu'il y a besoin de nouveaux investissements ? Est-ce-qu'il y a de nouveaux projets à porter ? Il est évident que dans ce plan d'investissement, l'aéronautique et même le spatial doivent occuper une place", assure Bruno Le Maire, qui justifie ainsi concrètement sa venue dans la Ville rose.

"Garder notre souveraineté technologique"

Mais selon lui, cela n'a rien à voir avec un second plan de relance car "la relance est déjà là avec 6% de prévision de croissance pour 2021". "Le second défi, ce n'est pas la relance, mais s'assurer que nous faisons les investissements nécessaires pour garder notre souveraineté sur les technologies de pointe qui vont faire l'économie mondiale des 10, 20, 30, voire 40 prochaines années", ajoute-t-il.

Dans cette économie mondiale de demain, qui tournera notamment autour de "l'intelligence artificielle, du calcul quantique, de l'hydrogène", Bruno Le Maire veut que la filière aéronautique française et européenne reste la numéro une mondiale "et rien d'autre".

"Nous avons tout pour réussir et nous mettrons les moyens nécessaires pour rester les leaders mondiaux", promet-il tout en découvrant les innovations installées sur la chaîne d'assemblage de l'A350. Depuis cinq ans, ce site fait l'objet d'un partenariat avec Microsoft pour développer des applications dédiées à travers une paire de lunettes avec de la réalité augmentée. À Toulouse, les ouvriers utilisent cette technologie pour installer des éléments de cabine sur le tronçon central de l'aéronef.

Bruno Le Maire

Bruno Le Maire a notamment pu découvrir l'utilisation de la réalité augmentée au service de l'industrie (Crédits : Rémi Benoit).

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"Nous travaillons avec la réalité augmentée depuis cinq ans mais cela fait un an que nous utilisons cette utilisation à travers une paire de lunettes. Quand le compagnon (ouvrier spécialisé, ndlr) porte l'instrument, le système vient superposer la maquette numérique de l'avion. Cela permet non pas de faire du réglage mais d'être certain que la bonne pièce est placée au bon endroit grâce aux indications sur les références des pièces en question projetées. Nous avons constaté un gain de temps dans notre cycle de production", raconte Cédric Milvaque, responsable de l'assemblage de l'A350.

Airbus avance sur sa chaîne d'assemblage de l'A321 XLR à Toulouse

A350

Les sites d'Airbus à Toulouse vont accueillir prochainement une nouvelle ligne d'assemblage (Crédits : Rémi Benoit).

C'est aussi grâce à de la réalité virtuelle que le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance a découvert les premières images de la future ligne d'assemblage de l'A321 XLR à Toulouse, qui va s'installer dans les anciens ateliers où était assemblé jusqu'à présent l'A380.

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Cette nouvelle chaîne d'assemblage d'A321 s'ajoutera à celles d'Hambourg et de Mobile aux États-Unis, les deux seuls sites aujourd'hui à assembler la plus grosse version de la famille A320, désormais disponible en version long-courrier avec l'A321 LR et XLR. Pour l'usine toulousaine, qui construit aujourd'hui 16 A320 par mois, mais pas d'A321, cette nouvelle chaîne d'assemblage permet de surfer sur un segment de marché qui a le vent en poupe.

Les ventes d'A321 deviennent de plus en plus importantes par rapport à l'A320. Avant crise, l'A321 représentait 40% du carnet de commandes des avions de la famille A320. Cette nouvelle ligne d'assemblage va contribuer à accompagner le retour progressif des cadences de production d'avant crise. En termes de capacité industrielle, cette nouvelle ligne pourra à elle seule produire une vingtaine d'avions par mois. Par ailleurs, une fois en service, fin 2022 voire début 2023, 500 salariés s'emploieront à assembler cet aéronef.

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