LGV Toulouse-Bordeaux : "l’État doit clarifier rapidement ses intentions"

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Les élus locaux réclament un rendez-vous avec le gouvernement pour discuter du financement de la LGV Toulouse-Bordeaux.
Les élus locaux réclament un rendez-vous avec le gouvernement pour discuter du financement de la LGV Toulouse-Bordeaux. (Crédits : RFF / Christophe Recoura)
Après avoir débloqué près de 10 millions d'euros pour la poursuite des études et le foncier des LGV Toulouse-Bordeaux et Perpignan-Montpellier, Carole Delga demande au gouvernement un calendrier précis pour la réalisation de ces infrastructures. Par ailleurs, la présidente du Conseil régional d'Occitanie aimerait rapidement se rendre à Bercy pour discuter du financement, qui pourrait concernés les acteurs économiques locaux. Les détails.

Le champ juridique est vide pour la réalisation de la LGV Toulouse-Bordeaux. Ce serpent de mer, qui a fait l'objet de multiples recours administratifs, s'est vu rétablir sa Déclaration d'utilité publique (DUP) par la Cour administrative d'appel de Bordeaux à la mi-mars dernier, comme l'avait annoncé exclusivement La Tribune.

Lire aussi : LGV Bordeaux-Toulouse : les opposants déboutés par la Cour d'appel de Bordeaux

Néanmoins, le chemin politique est loin d'être dégagé quant à lui. Les collectivités partenaires de cette infrastructure, à savoir Toulouse Métropole, Bordeaux Métropole, et les Conseils régionaux d'Occitanie et de Nouvelle Aquitaine attendent depuis des mois (voire des années) un rendez-vous avec Bercy et d'autres ministères pour se pencher sur le financement de cette LGV, estimée à un peu moins de 10 milliards d'euros. Un premier rendez-vous, fixé en décembre 2019, a été reporté, tout comme un second, fixé à la mi-mars mais dont le coronavirus a eu raison. Depuis, pas de nouvelle du gouvernement, ce qui agace Carole Delga, la présidente du Conseil régional d'Occitanie.

"Aujourd'hui plus que jamais, avec la crise sanitaire que nous venons de connaître, la crise économique qui débute, avec les enjeux écologiques et à la suite des propositions de la Convention citoyenne pour le climat, la LGV est prioritaire. Je rappelle que 60% des habitants situés à plus de 4h30 de Paris se trouve en Occitanie... Notre enclavement n'est plus admissible. La Région, comme les autres collectivités partenaires, répond présent et prend ses responsabilités sur ces projets. Encore une fois, aujourd'hui, nous proposons de les faire avancer en débloquant les financements nécessaires. L'État doit clarifier rapidement ses intentions quant au calendrier de réalisation de ces 2 LGV, et s'engager pour que notre territoire puisse relancer sa dynamique (...) Cela va bientôt faire trois ans que nos propositions financières et juridiques sont sur la table du gouvernement. Et plus de 2 ans que nous attendons un simple rendez-vous avec Bercy. Depuis maintenant trop longtemps, c'est le flou qui sème le doute", lâche l'élue régionale dans un communiqué.

Une prise de parole pour annoncer initialement le déblocage de 9,3 millions d'euros pour le finalisation des études et la poursuite des acquisitions foncières pour les LGV Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan, toutes deux prévues dans la LOM.

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Une taxe sur les richesses engendrées par la LGV

Parmi les mesures proposées par les collectivités locales pour financer cette LGV, en plus des subventions de l'État et de l'Union européenne, figurent l'idée d'une écotaxe mais aussi la création d'une fiscalité nouvelle sur l'immobilier d'entreprises. Même en étant hautement inflammable auprès de l'écosystème toulousain, cette idée a été confirmée par Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse fraîchement réélu, lors du Grand Débat Éco' d'entre-deux tours des élections municipales organisé par La Tribune.

Lire aussi : Municipales : comment Jean-Luc Moudenc, à Toulouse, a résisté à la vague verte

"Cette proposition commune (aux quatre collectivités) consiste à faire un emprunt de très long terme, sur 40 ans, avec des échéances de remboursement supportables et avec une fiscalité dédiée comme pour le Grand Paris Express. Cette logique de financement consiste à dire que sur le long terme l'arrivée de la LGV va générer l'arrivée d'entreprises et d'investisseurs sur le territoire et va donc générer des nouvelles richesses. L'idée est donc que sur cette nouvelle richesse, permise par un décision d'investissement public, qu'il y ait pendant un certain temps un prélèvement qui aidera effectivement au remboursement de l'emprunt", a confirmé Jean-Luc Moudenc.

Pour avancer sur le sujet, le gouvernement voulait, peut-être, attendre l'issue des élections municipales à Toulouse face à la divergence d'opinion des deux candidats. Car, si le maire sortant était favorable à ce projet, ce n'était pas du tout le cas de son opposant écologiste, Antoine Maurice, militant plutôt pour un aménagement de la ligne existante. Cette échéance étant désormais passée, Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser Occitanie et de l'association EuroSud Team qui défend la LGV estime que "le projet peut démarrer dans les 2 à 3 ans qui viennent", pour une mise en service en 2029 dans le meilleur des cas.

Lire aussi : La LGV Toulouse-Bordeaux mise en service en 2029 ?

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a écrit le 30/06/2020 à 7:48 :
Je ne comprend pas pourquoi ils s'obstinent à vouloir cette LGV ?
Avec la moitié de la somme soit 4 milliards on aménage la voie existante et on passe à 3h30 de Paris ce qui est un temps tout à fait compétitif.
Avec les 4 autres milliards on peux prévoir et aménager la voie existante pour le RER et financer la 3eme ligne de métro.
Alors Mr Moudenc et Mme Delga réfléchissez un peux de ce que vous allez faire avec notre argent.
Il n'y a pas seulement l'économie substantielle mais aussi la possibilité de mener 3 projets de front et surtout de gagner du temps sur tout les projets et ainsi en fin de mandat pouvoir donner un bilan plus que positif TGV,Metro,RER lancé plutôt que de perdre du temps encore en année de négociations stérile avec Paris qui se fout de la region occitannie et de Toulouse la preuve n'est plus à faire depuis 30 ans maintenant.
Réponse de le 30/06/2020 à 11:14 :
Mr Filoustyle, les Toulousains et les Toulousaines, ils méritent mieux que cela, je vous assure.
Votre message est truffé de mensonges :
- Premièrement : La LGV est inscrit dans la Loi d'Orientation des Mobilités, une première réunion sur la création de la société de projet (sur le modèle du Grand Paris Express) aura lieu d'ici peu.
- Deuxièmement : L'étude indépendante de l'école polytechnique de Lausanne rappel que le réaménagement de la ligne existante ne ferait gagner au mieux que 27 minutes pour un coût de 5,4Mds€ et 360 bâtis impactés.
Alors que la LGV représente un investissement de 6,78Mds€ pour 56 minutes de gain de temps et 300 bâtis impactés. Autrement dit on obtient 125 à 140M€ par minute gagnée pour la construction d'une ligne nouvelle contre 230M€ pour la requalification de la ligne actuelle.
- Troisièmement : Paris-Toulouse est la première liaison aérienne d'Europe et seule la LGV permettra faciliter le report modal de l'avion vers le train alors qu'un réaménagement de la ligne ne ferait grappiller qu'une poignée de minutes qui ne changeront rien aux parts de marché TGV/Avion mais coûteront très cher. Qui plus est là où ce projet n'apporte rien de plus qu'un petit gain de temps, la LGV possède de multiples avantages.
- Quatrièmement : Outre la liaison vers Paris, la LGV Bordeaux-Toulouse représente un tronçon non négligeable de la seule LGV transversale de France qui permet de relier les grandes métropoles du Sud. Ainsi cela signifierait des gains de temps entre Bordeaux, Toulouse, Montpellier, Marseille, Lyon ou bien Barcelone et Genève.
- Cinquièmement : la LGV permet de libérer des sillons sur la ligne classique en enlevant TGV/Intercités. Le cadencement des TER pourra ainsi être augmenté vers Agen, Cahors ou encore Brive. Il en est de même pour le FRET sachant que l'axe est récemment devenu un corridor européen
- Et enfin sixièmement : la LGV est l'occasion de réaménager les entrées des métropoles de Bordeaux et Toulouse et d'y créer des RER. Un investissement lourd qui n'aurait pas de sens sans la LGV. Bref, se battre pour une ligne nouvelle c'est aussi se battre pour les trains du quotidien.

Opposer les usagers n'apporte rien de bon. Il faut sortir du dogmatisme anti/pro et savoir constater le potentiel d'une infrastructure qui est faite pour le siècle à venir et qui améliorera les déplacements d'usagers aux profils très variés.
Des bénéfices qu'ont bien compris les habitants de la région Occitanie puisqu'ils sont 88% à plébisciter la réalisation des LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan selon un sondage Ifop (92% même en ex-Midi-Pyrénées !)
Réponse de le 01/07/2020 à 9:52 :
@yoyo81
Oui ben allez dire ça aux Lot et garonnais aux Tarn et garonnais aux Gersois aux Aquitains et Autre Haut garonnais qui n'en ont rien à faire que le Toulousain gagne une heure sur Toulouse Paris et qui vont avoir leur campagne massacrée leur environnement pulvérisé leurs vies détruites à tout jamais, avec des villages ou le niveau sonore d'un train qui passe à 300km/h et égal à un avion au décollage et qui va rendre les gens complètement fou où malade comme c'est le cas en Charente depuis le TGV Tour- Bordeaux ou les biens immobiliers ne valent plus rien et le foncier non plus.
Et je vous évite de parler des forêts détruites, des travaux qui vont rendre les routes de campagne défoncées par les milliers de camions de pelleteuses et toutes sorte d'engins, plus les poussières, les boues et toutes les nuisances possible et imaginable et ce pendant des années et des années le temps de la construction.
Allez leur dire que c'est bon pour Toulouse et la région de gagner moins d'une heure et que leurs sacrifices et l'enfer qui vont vivre sont excellent pour que le toulousain puisse rouler en RER !
Alors si mon message et truffé de mensonge comme vous dite le votre oubli de dire des vérités.
ÉGOÏSTE !!!!
Alors gagner 1/2 heure en utilisant la voie existante en créant une ligne à côté en parallèle, je vous assure et la solution et ça ne va pas rendre la vie du cadre qui se rend à Paris ou Barcelone moins performante ou bankable et vous savez il y a Zoom, Face time ou Skype pour les réunions à Paris qui se font en deux secondes.
Réponse de le 01/07/2020 à 17:48 :
@Filoustyle
Et bien merci pour cette démonstration que vous venez de faire, je ne m’attendais pas à autre chose.
Ça veut dire que si le projet ne voit pas le jour, que les gens continueront à prendre l’avion et la voiture ? Ça veut dire amélioration de la ligne existante. C’est ça que vous voulez ?
Je ne veux pas de ça pour Toulouse, la quatrième ville de France mérite mieux. C’est aussi une question d’équité territoriale par rapport aux métropoles déjà pourvues en LGV (Bordeaux, Rennes, Lille, Strasbourg, Lyon, Montpellier et Marseille).
La ville rose est encore la cinquième roue du carrosse mais pour combien de temps ?
Le projet GPSO (Bdx-Tlse, Bdx-Dax, hors AFNT et AFSB) c'est 327km dont 55 mutualisés, 4800 ha d'emprises => 150m de section moyenne.
Alors ravalez votre mépris et documentez vous sérieusement avant de lancer des chiffres absurdes. Oui une nouvelle LGV c'est une artificialisation des sols, mais pas sur 2x5km à la ronde !

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