Le Covid-19 va-t-il faire payer à Toulouse sa dépendance à la filière aéronautique ? Enquête.

 |   |  1996  mots
L'économie toulousaine, dépendante de l'industrie aéronautique, se relèvera-t-elle de la crise sanitaire liée au Covid-19 ?
L'économie toulousaine, dépendante de l'industrie aéronautique, se relèvera-t-elle de la crise sanitaire liée au Covid-19 ? (Crédits : Rémi Benoit)
Toulouse est réputée pour être la capitale mondiale de l'aéronautique. La Ville rose accueille des acteurs clés de la filière et des dizaines de milliers d'emplois totalement consacrés à ce secteur. Néanmoins, l'industrie aéronautique est l'une des plus touchées par la crise de Covid-19, au point de pousser Airbus à réduire d'un tiers ses cadences de production. Conséquence directe, l'économie toulousaine, qui fait l'objet d'une monoculture économique, se retrouve menacée par cette crise. L'inquiétude règne désormais au sein de la filière et certains acteurs pourraient disparaître face à la chute du trafic aérien mondial. Enquête.

"Le jour où il y aura un problème dans l'aéronautique, même si je ne le souhaite pas, cela fragilisera toute l'économie régionale. Alors il est important de favoriser d'autres filières dans nos politiques afin d'avoir de nouveaux relais de croissance". Ces mots ont été prononcés par le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Occitanie, Alain Di Crescenzo, le 13 janvier dernier, lors d'une conférence organisée par La Tribune, à Toulouse. Malheureusement, trois mois plus tard, ils prennent aujourd'hui tout leur sens.

Face à la crise de Covid-19, l'avionneur européen Airbus a annoncé dans la soirée du mercredi 8 avril une réduction de ses cadences de production. Ainsi, dans les toutes prochaines semaines, elles seront les suivantes : 40 A320 par mois, six A350 par mois et deux A330 par mois. Pour ce qui est des dix derniers A380 en production, le processus n'est pas arrêté. Alors que ces dernières années, la supply chain toulousaine a été fortement sollicitée pour augmenter ses cadences face au carnet richement rempli du donneur d'ordres, cette décision d'Airbus correspond à un ralentissement de sa production de 33% environ. Des nouvelles cadences qui seront révisées tous les mois, assurait-on du côté de l'avionneur dans la soirée.

Lire aussi : Airbus réduit fortement la voilure, la crise du transport aérien est trop violente

"Nous pensons que c'est la bonne décision à prendre pendant cette crise (...) L'industrie du transport aérien est l'une des plus impactées par la crise sanitaire. Nous devons être réalistes et proactifs pour s'adapter à la nouvelle réalité de nos clients", a justifié le patron d'Airbus, Guillaume Faury, lors d'un point presse téléphonique organisé le soir même.

Pour le moment, contrairement à l'Aéroport Toulouse-Blagnac par exemple, Airbus n'a pas encore sollicité le dispositif de chômage partiel de l'État, pour soulager sa trésorerie. Néanmoins, l'avionneur "travaille avec ses partenaires sociaux pour définir les mesures sociales les plus appropriées afin de s'adapter à cette nouvelle évolution de la situation", a-t-il précisé dans un communiqué. Parallèlement, Airbus a gelé des investissements non essentiels et déclenché un plan de sauvegarde de sa trésorerie, malgré le renflouement des caisses opéré au début de la crise sanitaire.

"Quand Airbus tousse, l'économie toulousaine est impactée"

Un véritable coup dur pour toute une filière, principalement implantée sur l'agglomération toulousaine. D'après une récente enquête de l'Insee, l'industrie aéronautique dénombre plus de 160 000 emplois dans le Sud-Ouest, dont la majorité se concentre en Haute-Garonne. Pour preuve, le territoire de Toulouse Métropole abrite 70 000 emplois de la filière, en raison de la présence d'importants acteurs comme ATR, Airbus, Thales, Safran, Liebherr, etc.

"Il n'y a pas de mystère. Quand Airbus tousse, cela a des impacts non négligeables sur l'économie de la métropole toulousaine... Tout le monde sait que nous sommes dépendants de l'industrie aéronautique. Par exemple, il n'est pas impossible que cette crise ait un impact, à terme, sur Tisséo et son projet de troisième ligne de métro (le syndicat de transports en commun toulousain est financé à plus de 60% par le versement transport payé les entreprises, ndlr) ", lâche un porte-voix important de la filière aéronautique qui souhaite garder l'anonymat.

Face à cet incident économique -que tout le monde craignait à Toulouse-, les politiques locaux ont engagé depuis quelques années désormais plusieurs initiatives pour faire émerger de nouvelles filières dans l'espoir de mettre fin à cette monoculture économique. Certains fruits de ce travail montrent le bout de leur nez, à l'image de la filière émergente sur les véhicules autonomes, du projet Aniti sur l'intelligence artificielle, ou encore de l'Oncopole et du tissu autour de la recherche et de la santé qu'il embarque avec lui.

"Il est certain qu'un jour la filière aéronautique perdra de son importance, en nombre d'emplois, à Toulouse. Mais il faudra des années voire des décennies pour que ces filières émergentes prennent le relais et puissent créer des emplois en masse", estime un dirigeant d'un sous-traitant aéronautique de premier ordre.

Les inquiétudes se portent vers les petites et moyennes entreprises

Une fois ce constat fait, dans quel état va se retrouver le tissu économique local fort dépendant donc des cadences de production d'Airbus ? Les ETI et grands groupes, acteurs majeurs de la filière ou ceux appelés dans le milieu sous-traitants aéronautiques de rangs 1 et 2, devraient s'en sortir, mais non sans casse.

"Nous travaillons avec tous les avionneurs du monde, mais Airbus reste notre premier client. Par conséquent, les cadences d'Airbus sont structurantes pour notre activité. Avec les annonces d'hier soir (le 8 avril, ndlr), on se prépare à une baisse importante de notre chiffre d'affaires en 2020, qui pourrait continuer en 2021 voire 2022. Désormais, il est clair que nous allons réduire nos coûts, nos investissements et revoir tous nos projets. Nos ateliers tourneront au ralenti et donc il faudra avoir recourt au chômage partiel", prévient ce même patron d'entreprise, qui emploie des centaines de salariés sur l'agglomération toulousaine.

"Il va falloir faire le dos rond et tenir jusqu'à une reprise totale du trafic aérien, que j'estime pour ma part à fin 2021 voire 2022. Airbus va tout entreprendre pour maintenir la supply chain et ne pas laisser mourir des sous-traitants vitaux afin de préparer la reprise. Néanmoins, il pourrait y avoir de la casse en bout de chaîne, dans les petites et moyennes entreprises, je le crains. Mais l'aéronautique en a connu d'autres et elle saura se relever de cette récession", analyse quant à lui Bernard Keller, vice-président de Toulouse Métropole en charge de l'Aéronautique.

Désormais, le regard des professionnels du secteur se tournent davantage vers les petites et moyennes entreprises de la filière aéronautique, qui sont majoritaires dans le secteur et qui concentrent les inquiétudes. D'après une enquête du pôle de compétitivité de l'aéronautique et du spatial, l'Aerospace Valley, à laquelle ont participé 500 PME, la situation est plus que préoccupante.

 "Plus de 20 % d'entre elles ont actuellement des problèmes de trésorerie et vont faire appel aux dispositifs d'aides instaurés par l'État et les Conseils régionaux. Un nombre non négligeable d'entreprises sont inquiètes pour leur situation financière à trois mois. Parallèlement à cela, une moitié de ces sociétés a des problèmes d'approvisionnement et une autre moitié a son activité commerciale totalement à l'arrêt", fait savoir Patrick Désiré, le directeur général de l'Aerospace Valley.

Autre preuve que la situation économique se dégrade, certains acteurs de la filière aéronautique ne sont plus en capacité de régler leurs charges sociales notamment.

"En Occitanie, le taux d'encaissement des charges sociales malgré la proposition de report en ces temps de crise est de 60 à 65%, hors grands groupes. Des entreprises de taille non négligeable commencent à ne plus régler leurs charges et si le confinement dure cela ne s'arrangera pas. Mais le plus inquiétant pour nous est que nous voyons arriver des acteurs de la filière aéronautique dans cette catégorie, mais aussi du transport. C'est une alerte sérieuse", met en garde Jean Dokhelar, le directeur régional URSSAF en ex Midi-Pyrénées.

Alors pour tenter de maintenir à flot le vaisseau amiral de la région toulousaine, Aerospace Valley compte pleinement se mobiliser. Tout d'abord, le pôle de compétitivité vient de lancer une sorte de plateforme, voire une market place, pour que ses 850 membres puissent s'échanger et se prêter leurs salariés, leurs compétences, leurs bonnes pratiques et leurs matériels. L'idée étant de venir en aide aux sociétés très sollicitées en ces temps de crise avec les moyens d'entreprises qui tournent au ralenti. L'Aerospace Valley réfléchit d'ailleurs à ouvrir sa plateforme à d'autres pôles qui opèrent dans la santé ou encore l'agriculture/agroalimentaire.

La diversification devient un impératif

Si cette initiative est principalement pour soutenir la filière à court terme, le pôle pense également à l'après crise à moyen-terme. Ainsi, l'organisme dirigé par Yann Barbaux compte encourager ses adhérents sur trois axes pour relancer la machine : l'innovation pour aller vers un transport aérien décarbonné, la consolidation et enfin, la diversification. Pour le second axe cité, "80 % des entreprises de la filière ont moins de 50 salariés. Il n'y a aucun doute sur le fait que cette crise va devenir un accélérateur de la consolidation déjà enclenchée dans la filière", analyse Patrick Désiré.

"Pour certains qui rechignaient à fusionner car c'était Noël tous les ans avec les montées des cadences, cet épisode va faire revoir leur position sur le sujet sinon ils seront condamnés", ajoute pour sa part Bernard Keller.

Pour ce qui est de la diversification des activités, cette crise sanitaire, et économique par ricochet, va encourager (voire obliger) les entreprises à s'ouvrir à de nouveaux marchés. "75% des entreprises membres du pôle font la totalité de leur chiffre d'affaires grâce à l'aéronautique. Mais pour les autres, nous remarquons qu'elles traversent moins difficilement cette crise, et certaines ont même une surcharge d'activité", raconte le numéro 2 de l'Aerospace Valley. Une démonstration que cet enjeu devient désormais vital et certains n'ont pas attendu la crise pour enclencher le processus.

"La réduction des cadences d'Airbus, et plus globalement, cette crise va nous impacter d'une manière douloureuse. 70% de notre chiffre d'affaires dépend de l'aéronautique et il faudra peut-être deux années pour retrouver un chiffre d'affaires d'avant Covid-19. Mais nous sommes en train de nous ouvrir à d'autres marchés car nous savions que nous étions trop dépendants de l'aéronautique. Cependant, la diversification va désormais devenir compliquée car tous les acteurs de cette filière vont s'y mettre en même temps, ce qui entraînera de la concurrence", témoigne Frédéric Bourgon, le directeur général du groupe Agiliteam qui a récemment repris l'entreprise Spem Aero.

Une crise de long terme ?

Si la situation est alarmante à tout point de vue, la filière ne va pas perdre tout son poids économique en quelques mois et encore moins disparaître. Seulement, la durée dans le temps de la crise décidera de son ampleur et tout dépendra donc de la reprise du trafic passager.

"L'industrie aéronautique va être très fortement touchée car le trafic aérien de passagers va diminuer en 2020 et 2021, voire 2022, avant de retrouver un niveau normal. Cela aura un impact majeur sur la commande de nouveaux avions, mais aussi sur la maintenance, l'autre pilier de ce secteur. Si moins d'avions volent, les besoins en maintenance seront considérablement réduits", s'inquiète un analyste toulousain de la filière.

Au-delà des acteurs industriels et de services de la filière, surtout cette reprise d'activité dépendra aussi en grande partie des compagnies aériennes, en grande difficulté comme les constructeurs et leurs sous-traitants. Si elles ont transporté plus de 4 milliards de passagers en 2019, Airbus s'attend à ne recevoir aucune commande de leur part pour le reste de l'année 2020.

"Les compagnies aériennes estiment l'impact du Covid-19 à 250 milliards de dollars en 2020, sur un chiffre d'affaires annuel à près de 894 milliards au global. Cela aura un effet sur les avionneurs et leurs fournisseurs et par effet domino, l'économie régionale va être fragilisée", résume en conclusion Philippe Robardey, PDG de Sogeclair et président de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse.

Lire aussi : L'étude qui démontre le désastre à venir pour l'économie d'Occitanie

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 11/04/2020 à 14:56 :
Les écolos très puissants au niveau Européen vont s'assurer que les plans de relance ne bénéficient pas aux industries jugées polluantes.
A Toulouse même le mouvement politique Archipel qui pourrait gagner les prochaines élections s'est toujours opposé à l'aéronautique, la jugeant trop mondialiste.
Malheureusement ce n'est pas en Europe que se joue le sort de la planète et on va se retrouver les dindons de la farce. Quelle crédibilité aurons-nous de faire de leçons de morales vertes avec comme prix à payer une population dans la misère ?
L'écologie c'est l'innovation, pas l'interdiction .
Réponse de le 16/04/2020 à 14:44 :
Si le président d'Aerospace valley dit qu'il faut innover en décarbonant les avions et la filière, il vaut mieux l'écouter que d'étaler sa mentalité de pleurnichard d'un monde d'avant qui est mort!. De gré ou de force, les green deal vont s'imposer sous faute de milliards de condamnations et de rétorsions, aux USA, aux Chinois, etc. Les avions vont être taxés et moins nombreux (accélération des téléconférences, télémeetings, télétravail, etc.) Vaut mieux anticiper que de s'évertuer à ne toujours rien comprendre aux grands problèmes mondiaux.
a écrit le 11/04/2020 à 11:13 :
les événements vont obliger les gouvernants de toutes options politiques à revenir à la mise en place d'un plan de retour des industries considérées à tort comme basiques depuis 45 ans. le redéploiement doit se faire via une formation professionnelle coordonnée conjointement par un ministère dédié du plan et de la formation.

Le réaménagement de nos territoires est une évidence.
Cette crise permettra peut être aux toutes jeunes générations de mieux admettre le pourquoi et le comment du comportement de leurs ainès qui sont nés entre 1930 et 1942.
a écrit le 10/04/2020 à 18:08 :
EN 1994 1995 le GIPI avait une étude ponctuée par un rapport qui avait reçu une large audience auprès de l'ensemble des structures politiques-économiques- sociaux professionnels.

Plus de 350 entrepreneurs avaient participé.

Plusieurs propositions avaient été formulées pour sortit de la dépendance aéronautique.

L'actualité nous démontre que les immenses savoir-faire des entreprises d ela région peuvent faire faire l'objet d'un redéploiement . Le retour des fabrications diverses est devenue une obligation pour l'avenir des jeunes générations. A l'inverse nous deviendrons une région entièrement sinistrée.
a écrit le 10/04/2020 à 14:51 :
Ayant vécu et participé du développement Toulousain depuis la fin des années 60 jusqu'à cette époque, à la fois comme homme public et industriel, je dirai que la recherche de diversification ne date pas d'aujourd'hui. J'ai toujours été partisan d'un système multipôles car j'ai toujours gardé en mémoire les désastres économico-sociaux des "bassins" d'emploi spécialisés, notamment dans la houille et la fonderie…Mais diversifier est plus facile à dire qu'à faire. Il faut toutefois noter, au passage, que dans la Région, le premier pôle n'est pas l'Aéronautique mais…l'Agro ! Toulouse a les capacités d'un grand pôle Santé, et en appui au Spatial et à l'Aéronautique, de développement d'activités Systèmes et Instrumentation. Le Numérique porte de grandes valeurs, de fortes capacités et au plan national cela été reconnu. Le développement endogène, qui est le seul capable de renforcer la création d'activités pérennes est un atout que j'avais déjà noté dans les années 90, à la tête de la Technopole. Ce développement de secteurs, paradoxalement, peut bénéficier du resserrement d'activités des grandes entreprises qui se tourneront vers des solutions parallèles ne serait-ce que pour ne pas trop perdre d'emplois compétents et maintenir l'activité, notamment d'études et développement. La aussi la solidarité jouera et les relations entre grands groupes et PME, notamment celles oeuvrant dans la high tech, la diversification des productions des sous-traitants qui doit être poussée, tout cela renforcera rapidement notre pôle. Les relations d'hommes à hommes, d'entreprise à entreprise, doivent être privilégiées, les organismes d'animation pouvant jouer un rôle de soutien, mais pas seulement de conseils, il y en a déjà beaucoup. C'est au plan financier qu'il faudra veiller au grain, suivre et contrôler de près les "aides" de l'Etat pour en juger les applications et l'efficacité. Nos entreprises bien souvent n'ont pas besoin qu'on leur dise ce qu'elles doivent ou peuvent faire, mais comment et où trouver les moyens nécessaires. C'est un changement de paradigme dont nous avons besoin.
a écrit le 10/04/2020 à 14:08 :
Espérons qu'ils aient eu un gros contingent d'intérimaires qui leur permettra de tenir un temps.
Seul pb avec la reprise s'ils étaient mal payés (maladie bien Française) faudra pas pleurer s'ils ne reviennent pas.
a écrit le 10/04/2020 à 1:17 :
Bcp de papier... En fait entre les transferts de workpackage pour améliorer la résilience, la remise en route des aéronef avec la reprise du transport, l'accélération de mise au rebus des 747 et l'effondrement du 737, Toulouse n a pas véritablement a s'inquiéter sur le fond, sur la forme, les imposteurs capitalistiques qui ont pensé faire des toulousains une vache à lait pour retraités vont en avoir pour leurs frais.
a écrit le 09/04/2020 à 22:23 :
Depuis la dernière guerre mondiale l'Etat français n'a engagé que 3 sérieuses politiques industrielles de manière forte et volontariste : la sidérurgie, l'automobile et l'aéronautique.
Il a ensuite abandonné la première dans les années 80 au profit de la seconde (ex Usinor est aux mains de l'indien Mittal à ce jour). Vint ensuite le tour de l'industrie automobile qui a fini par délocaliser la majorité de sa production à l'étranger y compris celle vendue en France. Reste l'aéronautique qui est à la croisée des chemins. Une chose est sûre elle ne devra compter que sur elle même si elle veut survivre, l'Etat a changé de priorité avec le covid 19. Airbus l'a bien compris avec la réduction de ses cadences. Je crains pour un tas d'autres raisons que l'aéronautique ait mangé son pain blanc à jamais, reste à trouver une autre voie...

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :