La Banque Populaire Occitane prête à devenir actionnaire de l’aéroport de Toulouse

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La Banque Populaire Occitane est prête à investir dans l'aéroport de Toulouse.
La Banque Populaire Occitane est prête à investir dans l'aéroport de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Lors de la présentation de son bilan annuel, la Banque Populaire Occitane n’a pas caché son ambition quant à une éventuelle prise de participation dans l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB). Elle se dit prête à devenir actionnaire de cette entreprise en mettant en place une stratégie claire. Par ailleurs, le directeur général Alain Condaminas a annoncé que ses équipes allaient bientôt accueillir un assistant virtuel pour gérer en interne les dossiers de succession.

Lors de la présentation du bilan 2017 de la Banque Populaire Occitane, mercredi 25 avril, son directeur général, Alain Condaminas, n'a pas masqué ses intentions au sujet d'une entrée dans le capital de l'aéroport Toulouse-Blagnac (ATB).

"Nous sommes prêts à investir avec l'aide des fonds du groupe BPCE, et je n'ai pas dit nous serons prêts. Nous, c'est-à-dire la Banque Populaire Occitane et la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées (le groupe BPCE étant propriétaire des deux acteurs bancaires, ndlr). Il y aura une négociation et il faudra se mettre d'accord sur le prix, mais nous avons les fonds. Si nous arrivons, nous ne viendrons pas en tant que financier pour faire un coup sur cinq à huit ans mais pour s'inscrire dans la durée.

Dans notre plan, nous voulons favoriser l'emploi local avec les entreprises locales tout d'abord, faire de l'innovation et réaliser le transport du futur. Sur ces deux derniers points, nous avons des idées en la matière mais je ne peux pas vous en dire plus pour le moment. Donc nous sommes prêts à toutes les éventualités : 10 %, 20 %, 25 % ou 50 % du capital", a expliqué Alain Condaminas.

Mais si opération il y a, cela ne dépendra pas uniquement de la volonté de la Banque Populaire Occitane. Pour rappel, l'État a encore 10,01 % du capital d'ATB et dispose d'une option de vente de ses parts au consortium chinois Casil Europe (49,99 % du capital) jusqu'au 18 avril 2019. Pour le moment, l'État a affirmé ne pas vouloir céder sa participation à l'actionnaire chinois, reculant face à la pression des élus locaux ces derniers mois. D'ici là, quelle va être la position des Chinois qui ont toujours voulu devenir actionnaires majoritaires et qui comptaient sur le désengagement total de l'Etat français pour y parvenir ? Vont-ils vendre les parts acquises pour 308 millions d'euros en 2015 ? Si le président de Casil Europe, Mike Poon, a rejeté cette hypothèse dans une interview accordée à La Tribune, en réalité la situation est tout autre. Pierre Carli, le président du directoire de la Caisse d'Épargne Midi-Pyrénées, a affirmé en mars dernier avoir rencontré les représentants de Casil Europe dans l'optique d'une vente de leurs parts.

"Jusqu'au dernier moment (18 avril 2019, ndlr) cela peut basculer car il y a des enjeux qui nous dépassent totalement. Mais il est certain que d'ici un an, l'actionnariat d'ATB sera modifié", a conclut Alain Condaminas.

Un assistant virtuel pour gérer les dossiers de succession

Lors de la présentation de son bilan, la Banque Populaire Occitane a également expliqué devoir faire face à une profonde mutation du secteur bancaire. L'arrivée de nouveaux acteurs totalement numériques et l'émergence de l'intelligence artificielle dans les banques prennent de plus en plus d'importance en interne. Ainsi dans les semaines à venir, le siège de la Banque Populaire Occitane accueillera un assistant virtuel.

"À partir de fin juin, cet assistant virtuel, qui est un logiciel très poussé et puissant va nous faciliter le traitement des dossiers de succession souvent très compliqué. La banque doit aller chercher tous les avoirs, partout où ils se trouvent, de la personne décédée afin de les déclarer au notaire. Une tâche qui sera donc à l'avenir accomplie par cet assistant virtuel à la place de collaborateurs. Nous espérons ainsi un gain de deux personnes", estime le directeur général de la banque.

Pour ce type d'opérations qui durait entre 30 et 45 minutes habituellement, l'assistant virtuel ne mettra lui, que quelques secondes. "On est certain qu'il y a des gains de productivité très importants à réaliser grâce à ces innovations. Le développement des assistants virtuels dans notre banque va s'accélérer". Ce nouveau produit a vocation à être généralisé dans tout le groupe BPCE à l'avenir.

Un nombre record de crédits qui impacte le PNB

Pour ce qui est des résultats financiers, la Banque Populaire Occitane a réalisé un produit net bancaire (soit PNB, chiffre d'affaires d'une banque, ndlr) de 348,7 millions d'euros en 2017. Un chiffre en baisse de 1,7 % par rapport à l'année 2016 qui s'explique par le fait que les crédits disposent encore de taux historiquement bas selon la direction de l'instance bancaire. D'ailleurs ceux-ci ont été octroyés en nombre record puisque les nouveaux crédits accordés ont atteint la somme de 2,8 milliards d'euros en 2017.

Banque Populaire Occitane

Alain Condaminas (à gauche), le directeur général de la banque et son président André Samier (à droite) sont prêts à investir dans ATB (Crédit : Pierrick Merlet).

Les bénéfices nets de la Banque Populaire Occitane ont connu une augmentation de 3,5 % par rapport à 2016, pour atteindre 64,7 millions d'euros l'année dernière. "Le coût du risque (part des crédits non remboursés, ndlr) se situe à un niveau historiquement bas pour s'établir à 22 millions d'euros et préserve notre rentabilité", explique le président de la Banque Populaire Occitane, André Samier.

Le président de la Banque Populaire Occitane a annoncé qu'il quitterait prochainement ses fonctions car il a atteint l'âge limite en interne pour occuper ce poste. Il restera tout de même administrateur de la banque. Son successeur sera élu le 14 mai lors du prochain conseil d'administration.

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