La secrétaire d’État Carole Delga candidate à la succession de Martin Malvy, portrait

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(Crédits : Rémi Benoit)
Carole Delga, secrétaire d’État au Commerce depuis juin 2014, est officiellement candidate à la présidence de la future grande région Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon. La socialiste, fidèle de Martin Malvy, aborde le plus grand défi de sa carrière politique. Une bataille politique qui s’annonce à la hauteur de sa réputation de combattante, portrait.

Femme, jeune (44 ans cette année), socialiste, secrétaire d'État proche de François Hollande... On peut résumer Carole Delga en ces quelques mots clés. Bien sûr, mais pas seulement car la candidate à la présidence de la future grande région a déjà à son actif plusieurs batailles qui lui ont forgé le caractère et lui permettent aujourd'hui de devancer les socialistes locaux.

En six ans, Carole Delga s'est imposée au sein du Parti socialiste, tant au niveau local qu'au niveau national à l'image d'autres personnalités de Midi-Pyrénées comme Catherine Lemorton, présidente de la commission des Affaires sociales ou Valérie Rabault, rapporteure de la commission des Finances.

Née dans le Comminges

Née en 1971 "dans un milieu très modeste", Carole Delga a grandi avec sa mère et sa grand-mère dans la ferme familiale du Comminges. "Très bonne élève", reconnaît-elle à la fois sans orgueil et sans fausse modestie, elle se dit "un pur produit de l'école républicaine avec des instituteurs et des profs fantastiques."

Plutôt matheuse au départ, elle commence des études de sciences-éco. Inscrite en licence "Monnaie et finances", elle s'ennuie. L'été, elle travaille à la DDE et découvre que les projets publics et l'aide aux communes l'intéressent. Portée par "l'envie d'améliorer le quotidien des gens", elle intègre alors Sciences Po, passe les concours administratifs et travaille ensuite dans ce qu'elle appelle "le back office de la vie politique".

Repérée par Martin Malvy

Elle intègre les services du Conseil régional et est repérée par Martin Malvy. En 2007, elle lui demande en effet d'être rétrogradée pour avoir le droit de se présenter aux municipales de 2008. Quoi qu'un peu interpellé par la requête, le président du Conseil régional accepte.

En mars 2008, Carole Delga se présente donc à Martres-Tolosane, le village de son enfance, 2 000 âmes. Elle est élue au premier tour et quelques mois plus tard, Martin Malvy lui demande de rejoindre son équipe pour les régionales de 2010. Elle devient sa coordinatrice de campagne aux côtés d'Alain Fauconnier et de Marc Carbalido. "Un sacré pari", reconnaissait l'été dernier Carole Delga, revenant sur sa rapide ascension politique. Cette campagne est aussi un sacré coup d'accélérateur dans sa carrière politique. Car élue en mars 2010 aux côtés du président de Région le mieux élu de France (67,77 % des votes au second tour), elle devient vice-présidente du Conseil régional chargée de la Ruralité, des services au public et des TIC.

Élue députée puis nommée secrétaire d'État

Ensuite tout s'enchaîne. Opposée à cinq hommes et une femme, c'est elle qui remporte la primaire interne du PS dans la perspective des législatives. En juin 2012, elle est élue députée dès le premier tour dans la huitième circonscription de la Haute-Garonne. Un tour de force (elle fait partie des deux seuls socialistes alors élus au premier tour) qui lui vaut, dès le lendemain matin, un appel de Bruno Le Roux, le puissant président du groupe PS à l'Assemblée.

Une fois sur les bancs de l'hémicycle, elle noue des liens avec Stéphane Le Foll (hollandais historique devenu un ami), Vincent Peillon ("un très grand ministre") Bernard Cazeneuve et Manuel Valls dont "le cabinet avait eu l'idée de fermer le commissariat de Saint-Gaudens" et qu'elle parvient à convaincre de renoncer au projet.

Ce premier fait d'arme lui vaut rapidement sa réputation de "combattante", comme a dit d'elle Kader Arif, l'ex premier secrétaire du PS 31 et ex ministre. "Opiniâtre pour ne pas dire têtue" reconnaît de son côté Carole Delga, toujours très calme, toujours très souriante et toujours très présente en Midi-Pyrénées.

Car malgré sa nomination le 3 juin 2014 au poste de secrétaire d'État (chargée du Commerce, de l'artisanat, de la consommation et de l'économie sociale et solidaire), elle est très régulièrement à Toulouse et sa région. Trop, ont rapidement raillé ses opposant(e)s qui voyaient déjà dans sa présence aux manifestations régionales les prémices de sa candidature actuelle.

Plus calme encore quand il s'agit d'évoquer ses concurrents, elle dit se tenir éloignée des "bruits de salons et de cours qui viennent des jaloux, des idiots et des méchants. Vous aussi sans doute, vous en avez dans votre métier", ajoute-t-elle et sur ce point, aussi, il est difficile de la contredire.

Les régionales, un vrai défi

Aujourd'hui, avec sa candidature à la succession de Martin Malvy qui a renoncé le 6 janvier à un quatrième mandat, Carole Delga change de dimension dans l'échiquier politique régional. Car briguer la succession de Martin Malvy n'est pas rien. Le président du Conseil régional depuis 1998 bénéficie d'une aura considérable y compris dans l'opposition. L'ancien ministre du Budget de François Mitterrand a aussi profondément marqué de son empreinte la gouvernance de la région ainsi que les relations avec ses alliés PRG et EE-LV.

Si elle est choisie par les militants PS des deux régions à l'issue d'une primaire interne (le 5 février) face à  Christian Teyssèdre, le maire de Rodez, Carole Delga aura ensuite à conduire une campagne historique. D'abord parce que ce sera la première de la super région Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon. Ensuite parce que pour la première fois, le FN a de réelles ambitions et un candidat crédible à opposer au PS et à l'UMP.

Si dans 10 mois elle réussi son pari, Carole Delga pourra espérer battre son propre record de SMS de félicitations. C'était en juin 2014 quand elle avait reçu 500 messages. François Hollande venait de l'appeler sur son portable à l'Assemblée pour lui annoncer qu'elle entrait au gouvernement.

Bio express :


1971 : Naissance à Toulouse

2008 : Élue maire PS de Martres-Tolosane

2010 : Élue conseillère régionale, vice-présidente du Conseil régional

2012: Élue députée de la Haute-Garonne

2014 : Nommée secrétaire d'État du gouvernement de Manuel Valls

2015 : Candidate aux élections régionales et à la succession de Martres-Tolosane

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Commentaires
a écrit le 11/12/2015 à 20:34 :
Reynie m'ecrit que tu vas cumuler Presidence de region et depute.
Ce n'est pas possible Carole!!!
Rassure moi au plus vite.....avant le vote de dimanche.
P.IMART

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