Tribunal de commerce de Toulouse : Jacques Picard tire sa révérence

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Jacques Picard, président du Tribunal de commerce de Toulouse.
Jacques Picard, président du Tribunal de commerce de Toulouse. (Crédits : Rémi Benoit)
Président du Tribunal de commerce de Toulouse depuis 7 ans, l'ancien chef d'entreprise Jacques Picard terminera son second mandat en janvier prochain. Alors que son successeur Christian Bastide a été élu ce mercredi 21 octobre, que retient le président actuel de ses deux mandats au service de la justice des entreprises ?

Originaire du Finistère, c'est à Brest que Jacques Picard a fait ses premières armes comme juge commercial au Tribunal de commerce. Une fonction que ce chef d'entreprise dans le secteur automobile a occupé pendant onze ans, avant d'assumer la présidence dudit tribunal, le temps d'un mandat de quatre ans.

Attiré par le climat toulousain, il acquiert une maison dans la région et s'y installe en 2000 pour sa retraite. Deux ans plus tard, le virus le reprend. "Pour me socialiser, j'ai toqué à la porte du Tribunal de commerce de Toulouse et j'ai proposé mes services (bénévoles, NDLR), raconte-t-il dans son bureau qui surplombe la place de la Bourse. J'ai fait des permanences pendant six ans et puis j'ai été élu président en 2007." En 2011, le Breton convainc ses pairs toulousains et rempile pour un second mandat qui s'achèvera à la mi-janvier 2016 lorsqu'il cèdera sa place à son successeur, Christian Bastide, vice-président de la chambre de prévention, élu ce mercredi 21 octobre.

Christian Bastide

"Cela a été passionnant, sourit-il. J'ai présidé la chambre de prévention et reçu des entreprises en difficulté. Tout est confidentiel et il n'y a pas de statistique mais je peux vous dire que tout se joue à ce moment. Les entreprises qui arrivent ensuite au tribunal sont de toute façon abîmées."

Une gestion des difficultés en amont qui porte ses fruits d'après Jacques Picard. "On sauve beaucoup d'entreprises, assure-t-il. Latécoère, par exemple, dont tout le monde connaît l'histoire, a renégocié sa dette sous l'égide du Tribunal de commerce."

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Jacques Picard, dans son bureau © photo Rémi Benoit

Outre la prévention, le Tribunal de commerce gère des litiges (qui occupent les deux tiers des 52 juges toulousains), et des "procédures collectives" (dépôt de bilan, redressement judiciaire, liquidation judiciaire). À ses trois activités, Jacques Picard a ajouté cette année une activité de conciliation, inspirée du modèle parisien.

"Nous sommes parmi les premiers à le mettre en place en région, explique-t-il. Pour environ 15 % des litiges, nous essayons de régler le problème par conciliation. Cela permet de désengorger le tribunal en évitant aux parties de plaider devant le prétoire. Je pense que nous allons réussir 30 conciliations sur 80 cette année. Je suis très satisfait, les avocats et les clients également."

Moins de procédures collectives qu'en 2014

Observateur privilégié de la situation économique toulousaine, Jacques Picard peut témoigner de sa résistance comparée à l'économie nationale. "Cette année, nous comptons 763 procédures collectives contre 840 en août 2014. C'est la première fois depuis quelques temps que cela baisse", se réjouit-il.

Président jusqu'à la séance solennelle qui aura lieu en janvier prochain, Jacques Picard compte assumer ses fonctions et préparer la transition avec son successeur. Ensuite, il conservera un mandat de simple juge "peut-être en audience en référé". À 71 ans, il pourra surtout se consacrer à sa deuxième passion (après la justice des entreprises) : la bibliophilie. "J'ai une collection de plusieurs milliers d'ouvrage, explique-t-il. Je compte créer un site internet pour les mettre en ligne et à disposition de tous."

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