Aéroport de Toulouse  : Charles Champion pressenti pour remplacer Anne-Marie Idrac ?

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Charles Champion, pressenti pour succéder à Anne-Marie Idrac.
Charles Champion, pressenti pour succéder à Anne-Marie Idrac. (Crédits : Airbus)
Après l'annonce du remplacement surprise de Jean-Michel Vernhes le 14 septembre 2017, c'est Anne-Marie Idrac qui avait fait savoir un mois plus tard qu'elle quittait la présidence du conseil de surveillance de l'Aéroport de Toulouse-Blagnac. Qui remplacera celle qui prendra ses fonctions chez Air-France KLM en mai prochain ? Selon nos informations il s'agirait de Charles Champion.

C'est le 10 novembre 2017 que l'aéroport Toulouse-Blagnac confirmait le départ de la présidente de son conseil de surveillance. Dans un communiqué, on apprenait qu'Anne-Marie Idrac, qui occupait cette fonction depuis mai 2015, avait "choisi de ne pas renouveler son mandat qui arrive à son terme en mai 2018". Cette annonce faisait suite à sa nomination le 2 novembre 2017 au sein du conseil d'administration d'Air-France-KLM en tant qu'administratrice indépendante.

Un mois plus tôt, les Toulousains avaient appris dans les colonnes de La Tribune, le remplacement surprise du président du directoire Jean-Michel Vernhes alors que les actionnaires l'avaient renouvelé à son poste en mars 2017.

Ces départs laissent place aux spéculations. Car si comme nous l'expliquait le 5 mars 2018 Jean-Louis Chauzy, l'aéroport de Toulouse Blagnac a essuyé les plâtres de la privatisation, il n'en reste pas moins qu'il faut un capitaine de navire à la tête de la plateforme aéroportuaire toulousaine en pleine mue. D'importants travaux d'extension doivent lui permettre de répondre aux attentes des actionnaires chinois en matière de rentabilité. Pour générer plus de revenus, l'aéroport table surtout sur une forte croissance du nombre de passagers. À leur arrivée, les membres de Casil Europe avaient fixé l'objectif que l'aéroport Toulouse-Blagnac atteigne les 12 millions de passagers d'ici à 2030 (contre 7 millions en 2015).

L'option Bernard Keller abandonnée

Face aux ambitions affichées, les Toulousains s'interrogent sur la succession d'Anne-Marie Idrac et Jean-Michel Vernhes d'autant que trois ans après la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse et l'arrivée du consortium chinois Casil Europe, élus et décideurs économiques ne cachent pas leur amertume. Dans le milieu économique toulousain, les rumeurs vont bon train et depuis plusieurs semaines quelques noms circulent. D'après des sources proches du dossier, les choses se précisent quand au remplacement d'Anne-Marie Idrac.

Le nom de Bernard Keller a longtemps été cité dans ce dossier. En effet, pour faire face à l'éventuel parachutage d'un candidat chinois à la présidence du conseil de surveillance de l'aéroport, les collectivités locales (actionnaires à 40%) auraient envisagé de proposer le nom de l'ancien maire de Blagnac. Une candidature qui pour éviter tout conflit d'intérêt, aurait contraint Bernard Keller à "modifier ses attributions" comme l'explique une de nos sources rappelant que l'homme est conseiller régional, président de la commission Industrie et vice président de Toulouse Métropole en charge de l'aéronautique, de l'espace et des plateformes aéroportuaires. Mais si "l'option Bernard Keller" aurait finalement été abandonnée, c'est surtout parce que la "candidature qui se dessine" proposée par Casil Europe conviendrait aux collectivités. Qui est l'homme du consensus ?

Charles Champion, la candidature du consensus ?

Selon nos sources, c'est Charles Champion qui intéresserait les actionnaires chinois de Casil Europe et satisferait également les collectivités locales. À Toulouse, Charles Champion est considéré comme le père de l'A380 (il en a dirigé le programme). Depuis le 1er mars 2015 il était le président d'Airbus Opérations SAS. En février 2017, il avait annoncé son départ à la retraite tout comme les autres principales figures historiques de l'avionneur européen à l'instar de John Leahy.

Alors Charles Champion, sera-t-il celui qui évitera à Bernard Keller d'abandonner ses mandats politiques pour se présenter à la succession d'Anne Marie Idrac ? L'avenir le dira. Selon nos informations, les choses semblent bien engagées même s'il pourrait s'écouler quelques semaines entre le départ d'Anne-Marie Idrac et l'arrivée de Charles Champion. Dans ce cas Alain Di Crescenzo, le président de la Chambre de commerce et d'industrie d'Occitanie pourrait assurer l'intérim.

Contacté par La Tribune, Jean-Louis Chauzy, le président du Ceser, est surpris que le nom de Charles Champion sorte du chapeau : "ce choix m'étonne". Mais il insiste "quel que soit le nom du nouveau président ce qui importe, c'est le changement du mode de gouvernance qui est urgent". Jean Louis Chauzy réaffirme par ailleurs qu'il souhaite pour sa part que les Chinois quittent l'actionnariat de l'aéroport et qu'ils soient remplacés par un grand opérateur français.

Quoi qu'il en soit, entre la pression des élus locaux et les frictions au sein du consortium chinois, le gouvernement a confirmé le 26 février dernier ne pas vouloir céder pour l'instant ses parts au chinois de Casil Europe alors qu'il avait la possibilité à partir du 18 avril 2018, et pendant un an, de mettre en œuvre l'option de vente à Casil Europe de ses 10,01% de parts restantes au sein de l'aéroport de Toulouse. Finalement l'exécutif a donc opté pour un statu quo. La vente de ces parts à la société d'actionnaires chinois Casil Europe (qui a déjà racheté 49,99% de parts étatiques en 2015) en ferait l'actionnaire majoritaire dans le capital de l'aéroport, ce à quoi s'oppose fermement les collectivités locales.

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Commentaires
a écrit le 29/03/2018 à 12:18 :
Le "père" de l'A 380 chargé d'augmenter les performances commerciales de l'aéroport ? Ah bon...
a écrit le 28/03/2018 à 18:12 :
ça sent le Concordia ! Mais attention les chinois ne savent pas nager en général ....
Réponse de le 29/03/2018 à 0:28 :
Mais ils savent très bien où ils vont eux
a écrit le 27/03/2018 à 19:40 :
ce n'est pas pour rien que TOULOUSE s'appelle de fait AIRBUS VILLE .
a écrit le 27/03/2018 à 19:07 :
Ce que je pensai depuis le début se concrétise Airbus prend en sous main l'aéroport de Toulouse blagnac en y plaçant un de ses plus fidèle lieutenant et après y avoir mis en place comme actionnaire un de ses plus fidèle client chinois on peut donc dire que l'aéroport et dans de bonnes mains, n'en déplaise à ce Mr Chauzy qui ferai mieux de s'occuper des péages aux entrées de Toulouse qui nous ponctionnent et nous rackettent tous les jours.
a écrit le 27/03/2018 à 15:13 :
Cet automne sortira un roman policier qui prend pour toile de fond l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Parmi les intrigues et leur dénouements, il y a la disparition de l'investisseur chinois de l'aéroport et les raisons de celle-ci. Les réponses collent à la réalité et réjouiront tous ceux qui s'opposent à l'acquisition de 49.9% du capital de Toulouse-Blagnac par les chinois. A lire...

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