Aéronautique : Aerolia confirme ses performances et annonce un CA d'1,4 milliard de dollars

Le président directeur général d'Aerolia, filiale d'EADS spécialisée dans les aérostructures et basée à Toulouse, était l'invité ce matin de la Matinale Objectif News au Casino Théâtre Barrière de Toulouse. Il a annoncé un CA 2012 de 1,4 milliard de dollars, notamment grâce à la bonne santé de son principal client, Airbus. Christian Cornille espère pouvoir annoncer au Salon du Bourget des opérations de croissance externe.
Christian Cornille, président directeur général d'Aerolia
Christian Cornille, président directeur général d'Aerolia

Aerolia est une jeune entreprise en bonne santé. En 4 ans d'existence, cette filiale d'EADS, dirigée depuis ses débuts par Christian Cornille, a fait ses preuves dans un secteur à la fois très concurrentiel et particulièrement porteur : l'aéronautique. Le groupe compte aujourd'hui 3 000 salariés (2 500 en France, dont 400 ingénieurs à Toulouse) et compte dans son portefeuille client Airbus mais aussi Bombardier. "Avoir Airbus pour principal client est en soi un argument de différentiation par rapport à la concurrence", se félicite Christian Cornille.

Le CA 2012 est également éloquent avec 1,022 milliard d'euros (1,4 Md$), soit une croissance de 51% depuis la création de la société. Objectif : 3 milliards en 2020. "Nous sommes très satisfaits, cela donne parfois même le vertige. Mais la croissance n'est pas une maladie grave, ironise Christian Cornille. Il faut savoir s'adapter."

Secrets de réussite

"Aerolia a l'esprit d'une start-up et bénéficie de 90 ans d'histoire d'un grand groupe (EADS, NDLR)", se félicite le PDG. À l'origine de la réussite d'Aerolia, un business modèle. "Au départ nous avons voulu changer le modèle d'organisation. Normalement, une entreprise d'aérostructures fabrique beaucoup en interne et l'usine est très puissante. C'est le modèle 'make'. Nous avons un système plus souple, plus réactif, en réalisant 54 % d'achats. Nous sommes donc très actifs dans l'animation de notre chaîne de fournisseurs qui est un élément clé de notre compétitivité." 70 % de cette chaîne est située en France, le reste dans des pays émergents en matière d'aérostructures, comme l'Inde. "Notre faiblesse est notre manque de présence aux États-Unis. Notre implantation au Canada va aussi servir de sourcing pour atteindre ce marché."

Se positionner sur l'ingénierie avant de parler de production, c'est l'autre stratégie adoptée par Aerolia pour gagner des marchés. "Une affaire se gagne dans les bureaux d'études et peut se perdre dans les usines", estime Christian Cornille pour qui le client avionneur doit avoir confiance dans les équipes d'ingénierie à qui elle confie un projet. "Le dispositif industriel doit être compétitif mais ça ne suffit pas." Une stratégie qui a permis à Aerolia de remporter un contrat avec le canadien Bombardier. Face à la tension sur le marché du travail toulousain pour recruter des ingénieurs, Aerolia a créé son propre lycée sur son usine de Méaulte en Picardie et a entamé une campagne de recrutement via les réseaux sociaux.

Perspectives 2013: le salon du Bourget

Dans un marché très morcelé, particulièrement en France, Aerolia doit faire face à l'américain Spirit, en tête du marché avec un CA de 5 milliards de dollars. Selon Christian Cornille, il existe une douzaine de sociétés concurrentes dont le CA varie de 1 à 2 milliards d'euros, et "pléthore" de sociétés dont le CA est compris entre 500 millions et un milliard d'euros.

"Face au géant Spirit, il y a beaucoup d'opérations de consolidations, nous ne devons pas être absents de ce mouvement-là", estime-t-il. Le PDG d'Aerolia espère pouvoir annoncer lors du prochain Salon du Bourget, en juin 2013, une opération de croissance externe. "Sur les 3 milliards de CA visés en 2020, 50% provient de la croissance interne, le reste devrait venir de la croissance externe. Cela nécessite de l'énergie et de l'implication."

Autre objectif du Salon du Bourget : y faire voler le tout nouvel Airbus A350 dont Aerolia a réalisé le fuselage avant. "Ce serait une formidable réussite pour l'ensemble de l'industrie européenne", déclare Christian Cornille qui annonce avoir livré à l'avionneur l'équivalent de 612 avions cette année (contre 500 en 2001), ce qui est pour lui "une grande fierté".

Enfin, 2013 devrait voir l'entrée en phase de réalisation des plans pour Bombardier avec une première livraison en décembre. "Un planning très serré" pour le dirigeant, mais "un contrat important. Le plus gros avion d'affaire du monde", rien que ça.

Sophie Arutunian

Emmanuelle Durand-Rodriguez, rédactrice en chef d'Objectif News, et Paul Lauriac, directeur développement et partenariats de l'ESC Toulouse ont mené l'interview de Christian Cornille.

© photo Rémi Benoit

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