Divisions à droite en Haute-Garonne à trois semaines des élections sénatoriales

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Le sénateur Alain Chatillon (à gauche), tête de liste UDI-UMP, pourrait devoir faire face à une liste Modem menée par Arnaud Lafon (à droite).
Le sénateur Alain Chatillon (à gauche), tête de liste UDI-UMP, pourrait devoir faire face à une liste Modem menée par Arnaud Lafon (à droite).
Alors que les élections sénatoriales approchent, le Modem ne se satisfait plus de la 6e place que lui ont attribué l'UDI et l'UMP sur leur liste d'union. Le mouvement centriste pourrait décider de faire cavalier seul, avec une liste menée par le maire de Castanet Arnaud Lafon. Une tentation risquée que l'UMP semble déterminée à sanctionner si elle devait se concrétiser.

Comme annoncé, c'est le sénateur sortant UDI Alain Chatillon qui conduit la liste d'union UDI-UMP. Jean-Luc Moudenc, qui a "veillé à ce que la majorité toulousaine soit bien représentée", a placé sa fidèle, l'UMP Brigitte Micouleau, à la deuxième place. "Nous travaillons sur le terrain depuis le mois de mai pour rencontrer les grands électeurs, explique celle-ci. Nous y rencontrons beaucoup de déçus de la politique du gouvernement, à droite et à gauche. Il faut dépasser les clivages." Pour convaincre les grands électeurs, l'UDI et l'UMP brandissent l'argument de la réforme territoriale. "Nous leur disons qu'elle doit prendre en compte les spécificités du territoire et qu'elle doit être conforme aux attentes des élus, poursuit l'adjointe au maire de Toulouse. Nous proposons également de mettre en place une véritable simplification administrative."

À la 3e place, on retrouve Pierre Médevielle, le maire de Boulogne-sur-Gesse ; puis Jennifer Courtois-Perissé, la maire de Rieumes, à la 4e ; Stéphane Mirc, le maire de Léguevin à la 5e ; Bernadette Capdeville, première adjointe Modem de Saint-Jory, à la 6e ; et Jean-Marc Dumoulin, maire de Villemur-sur-Tarn, à la 7e et dernière place.

Une 6e place insatisfaisante
Cette avant-dernière position n'enthousiasme pas le Mouvement des démocrates. "Nous déciderons vendredi 5 septembre si nous nous satisfaisons de cette place, annonce Jean-Luc Lagleize, le président du Modem 31. Je regrette fortement qu'Alain Chatillon n'ait pas considéré le Modem à sa juste valeur. Il regrettera qu'une nouvelle liste Modem se présente à ses élections sénatoriales." Si la menace devait se concrétiser, "Bernadette Capdeville se retira sans doute de la liste Chatillon pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, précise Jean-Luc Lagleize. Et Arnaud Lafon, le maire de Castanet, mènera notre liste."

"Le mouvement centriste n'est pas quelque chose de négligeable dans le département, affirme ce dernier. Puisqu'il y a trois places éligibles sur la liste, il serait logique que la troisième aille au Modem. Elle pourrait être occupée par Jean-Luc Lagleize, un élu du Comminges ou moi-même. L'UMP ne semble pas décidé à cela. Cela n'augure rien de bon pour les futures élections cantonales et régionales. Il ne faut pas maltraiter ses partenaires."

"Le Modem doit être raisonnable"
Alors qu'il bat la campagne pour assurer sa réélection, Alain Chatillon, le sénateur UDI, s'interroge sur cette prise de position. "Jean-Luc Lagleize m'a remercié pour cette 6e place en juillet, assure-t-il. Ils veulent désormais une 3e place mais ce n'est pas possible car il faut que la liste représente l'ensemble du département." Or, d'après l'élu qui siège avec le groupe UMP au sénat, le Modem ne dispose pas d'élu pour représenter le Comminges à cette troisième place.

Et le maire de Toulouse d'enfoncer le clou. "Le Modem n'a pas assez de poids pour avoir un sénateur, affirme Jean-Luc Moudenc. J'ai rencontré Jean-Luc Lagleize, mercredi au Capitole, pour lui dire de ne pas céder à la tentation de partir seul. Cela pourrait faire élire un troisième sénateur socialiste. Le Modem doit être raisonnable."

S'il rentre dans le rang, le mouvement centriste "gagnera son ticket à la table des négociations de la droite et du centre pour les cantonales et les régionales", ajoute l'édile UMP. "Dans le cas contraire, il s'exposerait à une marginalisation dont je l'ai sorti, moi, il y a un an, avec mon accord avec Jean-Luc Lagleize."

Peu impressionné par les menaces du Modem de faire cavalier seul, Alain Chatillon campe de son côté sur sa position : "S'ils veulent y aller, qu'ils y aillent. S'ils font 50 voix, cela sera bien." Il en faut 580 pour obtenir un siège.

Gael Cérez
© photos Rémi Benoit

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