Alain Juppé et Jean-Luc Moudenc veulent "resserrer les liens" entre Bordeaux et Toulouse

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Alain Juppé et Jean-Luc Moudenc, hier soir, salle Barcelone à Toulouse
Alain Juppé et Jean-Luc Moudenc, hier soir, salle Barcelone à Toulouse
Alain Juppé a mis entre parenthèses sa propre campagne pour les élections municipales à Bordeaux, le temps de quelques heures passées à Toulouse. L'ancien Premier ministre avait fait le déplacement pour soutenir le candidat UMP-UDI-Modem, Jean-Luc Moudenc. Le scrutin n'a pas encore eu lieu que les deux hommes prévoient déjà de travailler ensemble, sur le plan économique, culturel et touristique. Devant les sympathisants, Alain Juppé a souligné "l'inexistence" de ses relations avec Pierre Cohen.

Quinze mois après sa dernière visite à Toulouse, Alain Juppé est de retour. Hier, mercredi 12 mars, le maire UMP de Bordeaux était de passage dans la Ville rose pour soutenir le candidat de la droite et du centre, Jean-Luc Moudenc. "Un homme de caractère, déterminé et mesuré", décrit-il. En fin d'après-midi, les deux hommes ont visité la chaîne d'assemblage de l'Airbus A350, puis ont rencontré des commerçants de la place Wilson. Vers 19h30, ils se sont ensuite dirigés vers la salle Barcelone, où 600 sympathisants UMP les attendaient pour un meeting.

"J moins 11", commence Alain Juppé, sous les applaudissements des militants. "C'est la dernière ligne droite, poursuit-il. Je tenais à apporter mon soutien à Jean-Luc Moudenc, qui a su rassembler la droite et le centre autour de sa candidature. Alors qu'en face, c'est l'explosion générale." Rappelons que 7 listes de gauche ont été déposées à Toulouse, 3 de droite et du centre. Le maire de Bordeaux l'assure : "L'union conduit à la victoire." Pour lui, pas de doute, Jean-Luc Moudenc a toutes ses chances. "J'attends son élection car nous avons beaucoup à faire ensemble. Je serais heureux d'avoir un maire avec lequel je puisse travailler en toute confiance", se projette l'ancien Premier ministre, qui souligne par ailleurs "l'inexistence" de ses relations avec Pierre Cohen, le maire sortant.

Toulouse et Bordeaux, "des villes sœurs de la Garonne"
Le scrutin n'a pas encore eu lieu qu'Alain Juppé et Jean-Luc Moudenc ont déjà des projets communs. "Toulouse et Bordeaux sont deux villes sœurs de la Garonne, explique le second. À l'échelle du monde, elles sont à côté. Nous devons travailler ensemble, faire jouer nos complémentarités dans les années à venir, pour renforcer notre ambition internationale." Alain Juppé complète : "Sur le plan aéronautique par exemple. Nos deux villes font partie de l'Aerospace Valley. Quand il y a des commandes Airbus à Toulouse, cela donne aussi du travail dans l'agglomération bordelaise. Nous devons encore renforcer cette synergie. Nous devons aussi resserrer les liens qui unissent nos villes, sur le plan, culturel, touristique ou universitaire", détaille le maire bordelais.

Deux villes qui seront reliées par la LGV dans les prochaines années. Attendue à Bordeaux en 2017, elle doit se prolonger jusqu'à Toulouse d'ici 2024. "Ce TGV, il nous le faut !", rappelle Jean-Luc Moudenc, qui affirme : "On peut compter sur Alain Juppé pour ça." Lequel s'engage : "Je peux t'assurer que je ferai tout pour réaliser ce projet. À Bordeaux, nous avons tout intérêt à ce que la liaison à Toulouse suive."

"Le système gouvernemental semble détraqué"

Devant les sympathisants UMP, Alain Juppé revient également sur la conférence de presse qu'il a tenue avec Jean-Luc Moudenc un peu plus tôt dans la soirée. Les journalistes l'ont interrogé sur l'affaire Christiane Taubira. La ministre de la Justice est accusée d'avoir menti concernant la procédure d'écoute de Nicolas Sarkozy. Contrairement au président de l'UMP Jean-François Copé, Alain Juppé n'appelle pas ouvertement à la démission de la Garde des Sceaux. "Ce qui se passe à Paris, ça me rend triste, rapporte le maire de Bordeaux aux sympathisants. Si Christiane Taubira a menti, cela pose problème. Le système gouvernemental semble détraqué."

A-t-il lui-même été écouté lors d'un entretien téléphonique avec l'ancien chef de l'État ? "Je fais attention à mon portable", ironise Alain Juppé. Quant à l'effet des récentes affaires sur les élections, l'ancien Premier ministre craint un détournement des urnes le 23 mars prochain. "C'est pour ça que nous devons continuer à nous mobiliser dans les jours qui viennent. La refondation de la démocratie vient de la base, du terrain", conclut-il, sous les ovations des militants.

Marie Vivent
© photo Rémi Benoit

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