Réforme territoriale : Midi-Pyrénées va fusionner avec Languedoc-Roussillon, réactions de Martin Malvy et Christian Bourquin

Dans une tribune parue ce mardi 3 juin, le chef de l'État officialise la réduction du nombre de régions de 22 à 14. La carte dévoilée fusionne Midi-Pyrénées avec Languedoc-Roussillon. Martin Malvy salue la volonté de proposer "des régions fortes". En revanche, ce redécoupage provoque l'ire de Christian Bourquin, président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, qui a mis en ligne une pétition contre ce scénario.

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La nouvelle carte de 14 régions proposée par François Hollande
La nouvelle carte de 14 régions proposée par François Hollande

Dans une tribune parue ce mardi 3 juin, le chef de l'État officialise la réduction du nombre de régions de 22 à 14. La carte dévoilée fusionne Midi-Pyrénées avec Languedoc-Roussillon. Martin Malvy salue la volonté de proposer "des régions fortes". En revanche, ce redécoupage provoque l'ire de Christian Bourquin, président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, qui a mis en ligne une pétition contre ce scénario.

Mettant un terme à des semaines de rumeurs, le président de la République, François Hollande, a publié dans la presse quotidienne régionale et sur le site officiel de l'Élysée, ce mardi 3 juin, une tribune détaillant son projet de réduire le nombre de régions françaises.
La carte dévoilée à cette occasion laisse apparaître 14 nouvelles régions, sans démembrement, avec notamment une fusion du Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées.

"Je propose de ramener le nombre de régions 22 à 14, écrit François Hollande. Elles seront ainsi de taille européenne et capables de bâtir des stratégies territoriales. Une carte a été définie. Elle prend en compte les volontés de coopération qui ont été déjà engagées par les élus, dont je veux saluer le sens de l'intérêt général. Elle sera soumise au débat parlementaire. Mais il faut aller vite car il ne nous est pas permis de tergiverser sur un sujet aussi important pour l'avenir du pays. Demain, ces grandes régions auront davantage de responsabilités. Elles seront la seule collectivité compétente pour soutenir les entreprises et porter les politiques de formation et d'emploi, pour intervenir en matière de transports, des trains régionaux aux bus en passant par les routes, les aéroports et les ports. Elles géreront les lycées et les collèges. Elles auront en charge l'aménagement et les grandes infrastructures. Pour remplir leur rôle, elles disposeront de moyens financiers propres et dynamiques. Et elles seront gérées par des assemblées de taille raisonnable. Ce qui veut dire moins d'élus."

Cette fusion pourrait intervenir d'ici le 1er janvier 2017, après des élections régionales qui seraient elles-mêmes repoussées du mois de mars à l'automne 2015. La fusion des régions se doublera, annonce François Hollande, de la suppression des départements, prévues d'ici 2020.

François Hollande avait annoncé ce nouveau volet de la réforme territoriale lors d'un discours prononcé en janvier dernier. Selon André Vallini, secrétaire d'État à la Réforme territoriale, elle pourrait générer 12 à 25 Mds € d'économies dans le fonctionnement des collectivités.

Martin Malvy prudent

Le président du Conseil régional a réagit dès hier : "Trois décennies après l'instauration de la décentralisation, voulue par Francois Mitterrand contre tous les tenants du centralisme, Francois Hollande propose une réforme qui redessine le paysage institutionnel de notre pays. Combien de fois n'a t-on pas entendu le procès du "millefeuille" et la contestation d'une organisation territoriale illisible pour nos concitoyens, coûteuse et souvent à l'origine de lenteurs quand ce n'est pas de freins. Comme chez nos grands voisins il propose des régions fortes aux compétences ciblées et annonce qu'elles se verront doter de "moyens financiers propres et dynamiques". Moyens et responsabilités doivent être au cœur de cette réforme dont le volet territorial n'a de sens qu'en réponse à cette ambition légitime d'un renforcement du pouvoir régional."

Sur la fusion avec Languedoc-Roussillon, Martin Malvy poursuit : "En proposant de réunir en une seule Région Midi Pyrénées et Languedoc-Roussillon et d'en faire une Région de 6 millions d'habitants, il répond à plusieurs défis. PACA et Rhône-Alpes sont, proches de nous, deux Régions parmi les plus puissantes de France, après l'Ile de France. La Catalogne est notre voisine, notre amie, mais aussi notre concurrente. C'est donc pour les années qui viennent, 10,20 ou 30 ans, le renforcement de nos propres espaces, dont nous avons dit souvent la faiblesse par rapport à ceux qui sont à nos limites, et la capacité à affronter la compétition tant au plan national qu'en Europe, que propose le choix retenu. Le débat est à aborder dans cette optique, sans passion et en pensant à ce qui sur le plan économique, universitaire, culturel, touristique et historique, lie les territoires qui composent les deux Régions et surtout ce que pourra apporter à nos concitoyens un rapprochement qu'il appartiendra aux femmes et aux hommes de construire."

L'ire de Christian Bourquin

Une réaction mesurée qui est loin d'être celle de Christian Bourquin. Hier, à Montpellier, le président de Languedoc-Roussillon a profité de la présence de Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, à l'inauguration du siège du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (CGIAR), pour vivement marquer son opposition à ce projet de fusion.
"Montpellier était en concurrence avec d'autres villes pour l'implantation du CGIAR, et Montpellier a gagné ! s'exclame-t-il. Nous avons gagné car nous avons mis les moyens. Quand on obtient un pôle d'excellence mondiale, tout cela ne peut pas être balayé par des visions d'obscurs cartographes. Ne pas prendre en considération cette force, ce serait rallumer une guerre avec Toulouse éteinte depuis plus d'un siècle !"

Le Conseil régional vient de mettre en ligne une pétition baptisée "Languedoc-Roussillon, notre avenir commun", invitant les habitants à manifester leur désir de conserver la région dans son périmètre actuel. Christian Bourquin prévoit d'ores et déjà de mobiliser la population en masse dans son opposition à la réforme régionale.

Aquitaine ne bouge pas
La fusion Aquitaine / Midi-Pyrénées est donc définitivement écartée, l'Aquitaine conservant ses contours actuels. Le président de la Région Alain Rousset, par ailleurs président de l'Association des régions de France, s'est exprimé ce matin sur Europe 1 : "L'essentiel, c'est la puissance des régions. C'est un projet d'ensemble, à la Deferre, à la Mitterrand, c'est ça qui est beau dans cette démarche. Bien sûr, il y aura des réactions parce tel ou tel département est plus orienté vers telle ou telle métropole. Peut-être faudra-t-il revoir ce découpage dans 5 ou 6 ans pour qu'il soit plus adapté, mais ce qui est essentiel c'est que le président a tracé une ligne de modernisation pour notre pays."

Anthony Rey, Objectif Languedoc-Roussillon, et Sophie Arutunian, Objectif News

©photo DR

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Commentaire 1
à écrit le 26/11/2015 à 15:11
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Bonjour, je voudrais savoir ce que vont apporter ces nouvelles réformes territoriales dans le Languedoc/Roussillon par ces découpages des régions, sur le bien-être de la population ? J'ai un frère qui habite Rivesaltes est ne sait pas pour qui voter...

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