Sénatoriales : la liste "de renouvellement" proposée par Claude Raynal a été choisie hier par le PS 31. Interview

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Claude Raynal
Claude Raynal
Maire de Tournefeuille et président du groupe socialiste à Toulouse Métropole, Claude Raynal a réussi à convaincre hier jeudi 12 juin les membres du conseil fédéral du PS en proposant une liste "de renouvellement" pour les sénatoriales du 28 septembre. Cette liste doit encore être validée par les militants le 23 juin, mais le socialiste y voit "un signal fort". Interview.

Maire de Tournefeuille et président du groupe socialiste à Toulouse Métropole, Claude Raynal a réussi à convaincre hier jeudi 12 juin les membres du conseil fédéral du PS en proposant une liste "de renouvellement" pour les sénatoriales du 28 septembre. Cette liste doit encore être validée par les militants le 23 juin, mais le socialiste y voit "un signal fort". Interview.

Lors du conseil fédéral du PS hier soir, votre liste pour les sénatoriales a remporté 48 voix sur 98 votants face aux sortants Bertrand Auban et Jean-Jacques Mirassou. Comment analysez-vous ce succès ?
Je tiens à préciser que ce bureau fédéral s'est tenu dans une ambiance d'écoute et de respect de chacun. Le résultat du vote est important car le bureau fédéral était quasiment au complet et, parmi les personnes présentes, il y avait 35 représentants de sections, qui sont donc au plus près de ce que pensent les militants. Une chose est claire : il y avait deux candidatures sortantes. La mienne est nouvelle. J'incarne une volonté positive de relancer le parti après l'échec des municipales et des européennes et c'est cette volonté de renouvellement qui a été choisie.

La débâcle du PS aux municipales et aux européennes a-t-elle joué en faveur de votre candidature ?
Le PS a connu de fortes difficultés pendant ces deux élections, que ce soit sur notre territoire ou au niveau national. Je pense que les membres du bureau fédéral ont été amenés à se dire "il faut bouger", et ils n'ont pas souhaité investir des candidats représentatifs de la continuité. Il y avait trois listes. Clairement, la volonté de tourner la page l'a remporté. C'est un signal fort de renouvellement, mais aussi de rassemblement, car j'ai frôlé la majorité absolue.

Après l'échec de Pierre Cohen à Toulouse, votre réélection à Tournefeuille et l'obtention de la présidence du groupe socialiste à Toulouse Métropole , vous sentez-vous l'homme fort de la gauche locale ?
Je porte un collectif. Le PS, c'est 4.000 militants en Haute-Garonne. Les observateurs feront bien les qualifications qu'ils veulent sur mon action, mais si jamais j'apparais comme l'un de ceux qui peuvent porter le PS, j'en suis ravi.

Votre liste doit encore être validée par les militants le 23 juin...
Tout à fait, et c'est là l'essentiel. Il est possible que Jean-Jacques Mirassou et Bertrand Auban présentent des listes alternatives. Mais je le souligne : le vote d'hier soir au sein du bureau fédéral marque un vrai bouleversement.

Quel est votre point de vue sur Jean-Pierre Plancade (sans étiquette) et Brigitte Micouleau (UMP), également candidats pour ces sénatoriales en Haute-Garonne ?
Je ne porte aucun jugement sur eux, même si je ne partage pas toutes leurs idées. J'ai pour habitude de respecter les élus, surtout dans une époque ou l'élu est constamment vilipendé.

La fonction de sénateur n'est-elle pas remise en cause par le redécoupage territorial ?
J'aime cette fonction depuis toujours. Les députés travaillent sur les grandes orientations de textes de loi, les sénateurs travaillent le détail, dans le calme, et surtout ils s'attachent au lien avec les territoires. Toutes les grandes démocraties ont deux assemblées : une assemblée politique (les députés) et une assemblée qui représentent les territoires (les sénateurs). Le redécoupage territorial ne remettra pas cela en cause.

Sur quoi souhaitez-vous travailler si vous êtes élu au Sénat ?
Je travaille depuis de nombreuses années sur les thèmes de l'urbanisme, des finances locales et de l'intercommunalité, des sujets que je connais, pour lesquels j'ai les contacts et l'expérience nécessaires. Ma priorité est de sortir de la séparation qui est faite entre le rural et l'urbain. Je pense que tout le monde veut avoir le même accès au développement, je veux cesser cette division.

Comment allez-vous faire campagne auprès des grands électeurs, composés en majorité de conseillers municipaux ?
Je n'en suis pas là ! Chaque chose en son temps, nous verrons si les militants m'accordent leur confiance le 23 juin.

Jean-Luc Moudenc a été mis en minorité à Toulouse Métropole sur la question de l'aire de grand passage de Montredon. Quelle est votre analyse ?

Il faut que Jean-Luc Moudenc comprenne que Toulouse Métropole n'est pas "Toulouse en plus grand". C'est Toulouse et 36 autres communes. Donc il ne peut pas faire passer à Toulouse Métropole des promesses de campagne faites pour Toulouse. Le fait qu'une délibération ait été refusée est une première. Pourquoi n'est-ce jamais arrivé avant ? Parce que, d'habitude, les délibérations son co-construites. Concernant le reste de ce début de mandat, je ne veux pas juger hâtivement. Il faut du temps pour mettre des équipes en place, ce qui explique une action un peu lente pour le moment. Mais j'attends surtout une vision politique. Jean-Luc Moudenc est contre. Anti-tramway, anti-BHNS, anti-aerotram, etc. Ce n'est pas de la politique. J'attends un message positif de sa part.

Propos recueillis par Sophie Arutunian
© photo Rémi Benoit

En savoir plus :

La liste présentée par Claude Raynal :

1 Claude Raynal (Tournefeuille),

2 Réservée PRG,

3 Louis Ferré (Luchon),

4 Maryse Auger (Montastruc),

5 Nicolas Tissot (Toulouse),

6 Marie-Claude Farcy (Launaguet),

7 Bernard Bros (Carbonne)

Les élections sénatoriales auront lieu le 28 septembre. en Haute-Garonne, 5 sénateurs seront élus au scrutin proportionnel. Aujourd'hui les sénateurs du département sont Bertrand Auban (PS), Alain Chatillon (UDI-UMP), François Laborde (PRG), Jean-Jacques Mirassou (PS) et Jean-Pierre Plancde (ex-PRG, sans étiquette).

Un collège de grands électeurs votera, composé à 95 % de maires et conseillers municipaux.

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