Remaniement, relations avec le PRG, stratégie pour les régionales, l'interview de Carole Delga

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Carole Delga souhaite devenir la première présidente de la grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.
Carole Delga souhaite devenir la première présidente de la grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. (Crédits : Rémi Benoit)
Candidate socialiste à la présidence de la future grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Carole Delga livre les clés de sa stratégie de conquête. L’actuelle secrétaire d’État au commerce et à l’artisanat assure qu’elle ne sera "pas en guerre" avec la PRG Sylvia Pinel et annonce un probable remaniement ministériel d’ici à cet été. Interview.

La gauche peut-elle perdre des départements en Midi-Pyrénées ?
Nous savons que certains sujets vont impacter. Je pense par exemple à la question du barrage de Sivens, dans le Tarn. Mais nous avons su amener un véritable renouvellement. Et notre projet est bien supérieur à celui de nos concurrents. À la fois la proximité de nos candidats et la qualité de nos projets doivent nous permettre de nous maintenir dans de très nombreux départements.

Y aura-t-il un remaniement ministériel après les élections départementales ?
Il y en aura certainement un. Probablement avant l'été. L'intérêt est de construire un gouvernement avec des personnalités impliqués et complémentaires. Mais je pense qu'il n'y aura pas de précipitation.

Évoquons maintenant les élections régionales. Quelle est votre vision de la grande région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées ?
Cette grande région est une chance pour les habitants. J'ai toujours défendu ce projet. Notre région peut se développer encore davantage comme une terre d'excellence, avec des filières industrielles fortes, à l'image de l'aéronautique et de la santé, et un pôle majeur en termes de recherche et d'innovation. C'est aussi une grande région agricole. Nous devenons le premier vignoble du monde. Et la région peut s'ouvrir encore davantage à l'international, aussi bien vers les pays de la Méditerranée qu'avec l'Espagne et en particulier la Catalogne.

Quelles sont les grandes lignes de votre programme ?
Nous élaborerons notre programme de façon très participative. De nouvelles méthodes qui permettront aux citoyens de s'approprier l'identité régionale doivent se mettre en place. C'est indispensable pour qu'ils adhèrent à ce projet. Bien sûr, il y a des grands axes de travail. La question du développement économique est centrale. Nous souhaitons qu'il soit basé sur une économie de proximité tournée vers le développement durable, avec un travail d'irrigation par les TPE et les PME, au service de l'emploi. Nous devons par ailleurs être très actifs sur les questions de la culture, du tourisme et de la mise en valeur des ressources naturelles. Notre projet est d'assurer une égalité territoriale sur les treize départements. Bien sûr, nous travaillerons en coopération avec les métropoles. Mais le rôle de la Région est de permettre l'irrigation de l'ensemble des territoires.

En faisant campagne en binôme avec Damien Alary, président du conseil régional de Languedoc-Roussillon, vous souhaitez jouer la carte du symbole ?
Nous démontrons en effet avec ce binôme, symbole d'une complémentarité générationnelle et de territoires, que nous sommes dans l'union. Nous montrons que nous souhaitons faire de la politique dans une optique collective, et non personnelle.

La droite peut-elle remporter les élections régionales ?
L'important, quand on présente une candidature, est d'être convaincu du projet politique que l'on porte. La gauche peut continuer à exercer les responsabilités, pour l'avenir de cette grande région. Nous sommes déterminés. Et nous avons la chance de pouvoir nous appuyer sur un bilan très fort. Celui de Georges Frêche et de Christian Bourquin pour Languedoc-Roussillon et celui de Martin Malvy pour Midi-Pyrénées. Ces trois hommes ont posé des fondations très solides pour l'avenir. Et nous avons un projet, c'est cela le plus important. La gauche a la capacité de rassembler et de gouverner la grande région.

Vous considérez-vous, comme certains l'ont laissé entendre, comme la candidate de "l'appareil" socialiste ?
Pas du tout. Quand on regarde mon parcours politique, on voit très bien que ce sont les territoires qui m'ont amenés à des responsabilités nationales. En 2008, j'ai été élue maire de mon village (Martres-Tolosane, NDLR), en 2010 vice-présidente du conseil régional de Midi-Pyrénées, en 2012 députée, avant d'être nommée secrétaire d'État en 2014. Je suis la candidate des territoires. Mon parcours témoigne de mon implication et de ma connaissance du terrain.

Quel message adressez-vous aux socialistes qui ne se sont pas ralliés au départ à votre candidature ?
Nous avons eu un débat respectueux dans le cadre de primaires internes, et aujourd'hui, tous les socialistes me soutiennent. C'est le plus important. Nous sommes unis et rassemblés. Nous parlons d'une même voix.

Pourquoi faire le choix d'abandonner un portefeuille ministériel pour briguer un mandat de présidente de conseil régional ?
Je souhaite agir sur ces territoires pour qui l'union de nos deux régions est, je le crois, un véritable atout. J'apporte à la fois mon expérience locale et nationale pour développer cette grande région. C'est un engagement fort. Et lorsque j'en ai parlé au Président de la République et au Premier ministre, ils l'ont très bien compris. Aujourd'hui, je me consacre à 100 % à mes missions de secrétaire d'État. Et dans quelques temps, au plus tard en septembre, je quitterai le gouvernement pour me consacrer à 100 % à notre grande région.

Votre expérience ministérielle pourrait-elle constituer un handicap, compte tenu de l'impopularité du gouvernement ?
Mon expérience ministérielle est un atout. La Région, nous le savons, sera chef de file en matière de développement économique. Je peux apporter ma connaissance des TPE et des PME, mon expertise sur les sujets économiques. Rappelons-le, Martin Malvy a lui aussi été ministre (secrétaire d'État chargé de l'Énergie de 1984 à 1986, secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement en 1992 et Ministre du Budget de 1992 à 1993, NDLR). Par ailleurs, les citoyens nous jugerons sur notre programme, notre capacité à porter un projet d'avenir et notre implication. Et je leur prouve clairement mon engagement en choisissant le territoire plutôt que le ministère.

Le PRG souhaite que votre collègue ministre Sylvia Pinel soit candidate dans la région. Qu'en pensez-vous ?
Avec le Parti radical de gauche, nous avons toujours su tisser un dialogue constructif. Nous avons toujours su nous rassembler. Je suis certaine qu'il en sera de même. Il n'y aura pas de guerre entre Sylvia Pinel et moi-même. Nous saurons nous réunir pour faire gagner cette grande région.

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