International, innovation, recherche : Christian Desmoulins livre les clés du succès d'Actia Group

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Christian Desmoulins, interviewé par Emmanuelle-Durand Rodriguez et Paul Lauriac
Christian Desmoulins, interviewé par Emmanuelle-Durand Rodriguez et Paul Lauriac
Le groupe Actia, basé à Toulouse et spécialisé dans les systèmes embarqués innovants, a enregistré en 2013 un chiffre d'affaires de 303,7 M€, en hausse de 5 %. L'occasion pour Christian Desmoulins, président du directoire du groupe, de revenir ce matin 16 avril sur sa stratégie, mais aussi sur ses attentes et ses espoirs, lors d'une Matinale Objectif News-Caisse d'Épargne organisée au Casino-Théâtre Barrière de Toulouse.

Le groupe international qu'il préside, Actia Group, est l'un des acteurs de référence des systèmes embarqués électroniques innovants, notamment sur les marchés du transport et des télécommunications. Il a enregistré en 2013 un chiffre d'affaires de 303,7 M€, en hausse de 5 %, grâce à la montée en puissance de nouvelles générations de produits et au bond de près de 15 % de ses ventes à l'international. Pourtant, Christian Desmoulins, qui dirige 2.680 collaborateurs dans quinze pays, prône "l'humilité" en toutes circonstances.

Une stratégie internationale
"Actia est une entreprise familiale de taille intermédiaire, industrielle et patrimoniale, rappelle ce diplômé de Polytechnique, par ailleurs ingénieur des Ponts et Chaussées. Sur ce modèle, nous ne sommes pas plus de 200 sociétés en France." Le groupe mise sur une stratégie du haut de gamme. "C'est par la qualité et l'innovation que nous continuerons à nous développer, estime le capitaine d'industrie. En clair, nous ne devons pas choisir la politique de la Logan, mais plutôt celle de la BMW."

Le modèle d'Actia Group s'appuie sur un déploiement international. Ses clients hors France représentent désormais 62,2 % de son chiffre d'affaires, contre 56,4 % en 2012. "Nous partons du principe que pour vendre en Suède, il faut être Suédois, résume Christian Desmoulins. Nous avons donc créé des filiales dans la majorité des pays où se trouvent nos clients. Si nous voulons continuer à croître, notre stratégie ne peut être qu'internationale. Et sur ces marchés, les choses vont très vite. Il faut voir le rythme d'innovation que notre filiale chinoise nous impose..."

Télématique et véhicules électriques
Parmi les grands enjeux d'avenir d'Actia Group, il faut également compter sur le développement des solutions télématiques. "Nous pouvons offrir aujourd'hui la possibilité aux automobilistes de donner des ordres à leurs véhicules en utilisant leurs téléphones portables, leurs PC ou leurs tablettes, décrit Christian Desmoulins. Dans des pays très froids comme la Suède, cela permet par exemple de déclencher le chauffage un quart d'heure avant de monter dans sa voiture".

Autre dossier d'actualité : celui des véhicules électriques. Actia Group équipe en effet la Bluecar de Bolloré, à Paris mais aussi désormais à Lyon, Marseille, Bordeaux, Indianapolis et Londres. "Quand on a signé, ce projet n'était pas forcément très moteur au sein de l'entreprise, reconnaît Christian Desmoulins. Mais finalement, c'est une très bonne affaire".

Défendre la "solidarité régionale"
Le président du directoire d'Actia Group est un farouche défenseur de la solidarité régionale. "À qualité et à prix égal, nous choisissons systématiquement des fournisseurs de Midi-Pyrénées, explique-t-il. Et quand ils sont un peu plus chers que les autres, on leur passe un petit coup de fil... Il est très important pour nous de participer à la vitalité du tissu industriel."

Un patriotisme économique qu'il souhaiterait que les pouvoirs publics appliquent davantage dans leurs appels d'offres. "La France a l'un des meilleurs systèmes d'aide à l'innovation du monde, assure-t-il. Mais il y a une vraie schizophrénie entre cette politique, que je salue, et les orientations de la commande publique. Or, il est toujours extrêmement gênant pour une entreprise française de montrer une première référence mexicaine, par exemple. Nos voisins, eux, pratiquent le patriotisme national. Ils ont compris le message du vieux dicton : "Nos emplettes font nos emplois"."

Vers une recherche plus technologique
Fondateur de l'École des Mines d'Albi et actuel président du comité d'orientation scientifique et technologique de l'IRT Antoine de Saint-Exupéry, Christian Desmoulins est très attaché à la dynamique de rapprochement entre le monde de la recherche et celui de l'entreprise. Avec un regret, cependant. "En France, nos laboratoires de recherche sont essentiellement scientifiques, explique-t-il. Il y a historiquement un chaînon manquant entre cette recherche et le développement de nouveaux produits par les sociétés industrielles. Il manque des structures qui, comme en Allemagne, sont exclusivement dédiés à la recherche technologique. Il faut faire venir ce type de recherche à Toulouse, et de manière massive."

L'homme le plus influent de Toulouse ?

La Matinale aura également été l'occasion d'aborder les autres engagements de Christian Desmoulins, et notamment son mandat à la présidence du Cercle d'Oc. Être à la tête de ce club que l'on considère parfois comme le plus influent de Toulouse ferait-il de lui l'un des hommes les plus puissants de la ville ? "Certainement pas, sourit l'intéressé. On prête au Cercle d'Oc une influence qu'il n'a pas. Et qu'il ne veut pas avoir, d'ailleurs".

Alexandre Léoty
© photo Rémi Benoit

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