Jean-Luc Moudenc dénonce la "gestion financière catastrophique" d'Oppidea, Alain Fillola répond

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Alain Fillola et Jean-Luc Moudenc
Alain Fillola et Jean-Luc Moudenc
Élu jeudi 24 avril à la tête de Toulouse Métropole, Jean-Luc Moudenc critique vivement la gestion de la Sem d'aménagement Oppidea. Il évoque une "situation financière catastrophique" et annonce l'arrivée de Gilles Broquère, le maire de Fenouillet, à la présidence de l'agence le 15 mai prochain. Le socialiste Alain Fillola, qui présidait jusqu'alors Oppidea, répond aux attaques et défend son bilan.


Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'aura pas mâché ses mots. Sitôt élu à la présidence de Toulouse Métropole la semaine dernière, Jean-Luc Moudenc a annoncé son souhait de "remettre en ordre" un certain nombre d'agences de l'agglomération, dont Oppidea. Il a évoqué la nécessité "d'assainir" la Sem de Toulouse Métropole "en situation financière difficile". Née de la fusion de la Setomip, de la Sem Constellation et de la Sem de Colomiers, Oppidea est le bras armé de Toulouse Métropole en matière d'aménagements urbains depuis 2011. Elle porte actuellement 24 opérations publiques d'aménagement et de renouvellement urbain dans l'agglomération et, notamment, les Zac de la Cartoucherie, Andromède ou encore Montaudran Aerospace.

Interrogé après le 1er conseil de communauté de jeudi dernier, Jean-Luc Moudenc a enfoncé le clou : "Oppidea doit évidemment continuer sa mission mais une remise à plat s'impose car la gestion financière a été catastrophique. Il faut désormais que tout cela soit étudié dans le détail et il est nécessaire de dresser un bilan des Zac, dont certaines sont déficitaires", indique-t-il.

15 M€ de fonds propres, un résultat à l'équilibre
Des critiques qu'Alain Fillola, ancien maire de Balma et président d'Oppidea jusqu'au 15 mai prochain, réfute en bloc. "Je pense que le nouveau président de Toulouse Métropole n'avait pas connaissance de tous les éléments sur la situation d'Oppidea au moment où il a formulé ces critiques. Oppidea dispose à ce jour de 15 M€ de fonds propres et affiche des résultats d'exploitation à l'équilibre", assure Alain Fillola.

Quant aux Zac qui afficheraient des déficits, tout juste concède-t-il un mauvais contexte du marché de l'immobilier qui a pu peser sur l'entreprise. "Lorsqu'une Zac est créée, la mission d'Oppidea est de porter les achats de fonciers, jusqu'à ce que les promoteurs achètent les terrains. La crise a pu provoquer des retards sur ces achats mais ceci n'est pas du déficit. C'est simplement une situation normale dans un contexte de crise." Une situation qui concernerait aujourd'hui la majorité des Zac de l'agglomération.

Gilles Broquère, nouveau président d'Oppidea
Suite de la passe d'armes le 15 mai, à l'occasion du conseil d'administration d'Oppidea. Alain Fillola présentera alors les comptes d'exploitation aux actionnaires, et en particulier à Jean-Luc Moudenc, représentant de Toulouse Métropole qui détient 51 % du capital. Puis il rendra les clés. Son successeur déjà choisi par Jean-Luc Moudenc prendra les rênes de la Sem. "Il s'agit de Gilles Broquère, le maire de Fenouillet, qui choisira ensuite son équipe", indique le président de Toulouse Métropole.

Un changement de gouvernance qui ne sera pas le seul dans les agences de l'agglomération ces prochaines semaines. Ainsi Annette Laigneau, 9e vice-présidente en charge de l'urbanisme et des projets urbains, deviendra présidente de l'AUAT. "Une façon de garantir la cohérence entre les délégations données aux élus toulousains et aux vice-présidents de Toulouse Métropole", estime Jean-Luc Moudenc.

Béatrice Girard
© photos Rémi Benoit

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