Travaux publics : la situation s'aggrave, 60.000 destructions d'emplois redoutées d'ici 2017

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L'histoire n'est pas nouvelle : les entreprises de travaux public souffrent depuis 2007 et payent un lourd tribut à la baisse des dotations publiques. De passage à Toulouse, Bruno Cavagné, le président national de la Fédération des travaux publics, a tiré la sonnette d'alarme. Il redoute 60.000 pertes d'emplois d'ici 2017 et 1.500 rien qu'en Midi-Pyrénées.


En Midi-Pyrénées, les 2.840 entreprises de travaux publics emploient 13.500 salariés et ont réalisé un chiffre d'affaire d'1,8 Md€ en 2013. "Nous espérions un petit sursaut avant les élections, mais cela n'a pas été le cas. Pire, depuis le début de l'année, les commandes ont brutalement baissé de 30 % par rapport à l'an dernier même époque", analyse Thierry Le Friant, le représentant régional de la profession. Une tendance identique aujourd'hui sur tout le territoire et que les professionnels du secteur veulent dénoncer.

"Nous dépendons à 70 % de la commande publique, dont 50 % proviennent des collectivités locales, devant cette baisse drastique des commandes, nous demandons à l'État de nous indiquer des pistes. Si l'on nous dit que le marché va encore rétrécir, nous adapterons la taille de nos entreprises", indique Bruno Cavagné. Le message que le président de la FNTP a adressé à ses troupes était d'ailleurs : "sollicitez vos élus au niveau local et préparez-vous au repli !" "Si les choses se poursuivent à ce rythme, le scénario de 60.000 pertes d'emplois d'ici 2017 et 1.500 en Midi-Pyrénées deviendra réalité", ajoute-t-il.

Les professionnels sont particulièrement remontés contre le projet de loi sur l'écotaxe, que le gouvernement n'a pas encore tranché, et ils ne veulent pas se satisfaire d'un discours d'économies obligatoires. "Le gouvernement dit que les caisses sont vides, mais il a pu trouver en quinze jours 1,6 Md€ pour financer des baisses d'impôts. Cette somme aurait pu être affectée à l'agence de financement des infrastructures de transport de France, ce qui aurait permis de débloquer les contrats de plans État-Région", peste Bruno Cavagné.

Au niveau local, Thierry Le Friant doit rencontrer les élus prochainement même s'il l'assure, "à court terme, l'abandon du prolongement du tram au profit d'une 3e ligne de métro plus lointaine n'a pas d'impact. À condition que, d'ici là, on nous missionne pour des marchés d'entretien des infrastructures."

Béatrice Girard
© photo Rémi Benoit

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