Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées : "Si on ne sert à rien, il n’y a qu’à nous faire disparaître ! "

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Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées
Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées (Crédits : Rémi Benoit)
À l’occasion d’une rencontre avec la presse, Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées, a dévoilé le 23 février les contours de la future fusion des chambres de commerce et d’industrie régionales. Un mariage avec Languedoc-Roussillon que le représentant consulaire juste plutôt "compliqué", dans un contexte de forte restriction budgétaire.

"Quand on aura réglé le problème du président et du siège, on aura tout réglé", sourit Didier Gardinal, président de la CCI Midi-Pyrénées. Dans le cadre de la réforme territoriale, la chambre consulaire régionale doit fusionner avec son homologue de Languedoc-Roussillon au 1er janvier 2016. Un rapprochement qui pourrait s'avérer délicat à opérer. "En Midi-Pyrénées, nous avons huit CCI territoriales et une CCI de région, rappelle Didier Gardinal. Mais en Languedoc-Roussillon, outre la CCI régionale, il y a neuf CCI territoriales, avec jusqu'à trois chambres par département, comme dans l'Hérault."

Un état des lieux quelque peu déséquilibré que le responsable consulaire explique simplement :

"Languedoc-Roussillon n'a pas été aussi rapide que nous dans la mise en application des préconisations de la loi de juillet 2010 (portant sur la réforme des chambres de commerce et d'industrie, NDLR). De notre côté, en Midi-Pyrénées, nous avons mutualisé un certain nombre de postes. Nous comptons désormais un peu plus de 800 collaborateurs, contre 1 000 auparavant. Nous avons déjà une bonne expérience de la fusion. Nous pourrions même presque donner des cours sur le sujet..."

"Nous sommes au bout du bout"

Didier Gardinal ne le nie pas, "le travail va être énorme et nous partons de loin". D'autant que le contexte financier n'est pas favorable.

"Nos ressources ont déjà été réduites de façon drastique. Depuis 2010, nous avons vu nos recettes diminuer de 35 %. Nous voulons bien participer aux efforts, mais là, nous sommes au bout du bout ! Pour le moment, nous n'avons pas fait de plan social, et nous ne le souhaitons pas. Nous avons décidé de jouer à fond la carte des mutualisations. Mais le dernier levier, ce seront les collaborateurs."

Pour le président de la CCI Midi-Pyrénées, d'autres pistes auraient pu être creusées. Un temps évoquée, une fusion avec la CCI de Toulouse n'est plus à l'ordre du jour. "La loi l'interdit", regrette Didier Gardinal, qui prône désormais un rapprochement au niveau national avec les chambres de métiers et de l'artisanat. "Osons mettre le dossier sur la table !", martèle-t-il.

Des élections repoussées

Aujourd'hui, la CCI Midi-Pyrénées fait le tri dans les missions qu'elle juge prioritaires. Son objectif : rester audible, dans le contexte actuel, comme un "outil" mis à la disposition de la future grande région en matière de développement économique.

"Nous avons la compétence et la proximité pour jouer un rôle, estime Didier Gardinal. Mais pour le moment, nous n'avons pas été consultés. Maintenir les CCI sans leur donner les moyens de fonctionner, ce n'est pas de la bonne gestion. Si on ne sert à rien, il faut nous faire disparaître !"

Les élections consulaires ont été repoussées à fin 2016. Qui sera le président de la future grande CCI régionale ? Didier Gardinal entretient le mystère sur l'éventualité de sa candidature, se contentant de glisser, en guise de pirouette : "En tout cas, la compétition n'opposera pas Alain Di Crescenzo (président de la CCI de Toulouse, NDLR) et moi."

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Commentaires
a écrit le 27/02/2015 à 12:38 :
Chiche .... :)

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