Christian Desmoulins, Jean-Louis Chauzy et Hervé Pingaud veulent la création de l'université Champollion

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Christian Desmoulins, Jean-Louis Chauzy et Hervé Pingaud
Christian Desmoulins, Jean-Louis Chauzy et Hervé Pingaud
Une campagne de consultation interne est lancée sur internet, au sein du centre universitaire Jean-François Champollion, basé à Albi. Les étudiants et personnels ont jusqu'au 15 juin pour se prononcer sur le changement de statut juridique de l'établissement, d'un centre universitaire vers une université de plein exercice. L'objectif : gagner en reconnaissance et en autonomie.

"Notre nom a besoin de votre oui." C'est le slogan choisi par le conseil d'administration du centre universitaire de formation et de recherche (CUFR) Jean-François Champollion, pour sa consultation lancée sur internet auprès de ses élèves, ses enseignants et son personnel administratif. Depuis le 12 mai, et jusqu'au 15 juin, ces derniers peuvent se prononcer sur un changement de statut juridique du CUFR. Actuellement, il s'agit d'un établissement public à caractère administratif (EPA). Le souhait du conseil d'administration : qu'il devienne un établissement public à caractère scientifique, culturel et professionnel (EPSCP). Autrement dit, le centre universitaire Jean-François Champollion deviendrait une université de plein exercice. Il s'émanciperait ainsi des trois universités toulousaines (UT1 Capitole, UT2 Jean-Jaurès et UT3 Paul-Sabatier), auxquelles il est rattaché par convention depuis sa création en 2002.

Le centre universitaire Champollion couvre 3 campus, à savoir Albi, Castres et Rodez. Il compte 113 enseignants et enseignants-chercheurs, 680 intervenants extérieurs et 105 personnels administratifs. L'établissement délivre 38 diplômes et accueille cette année près de 3.700 étudiants. "C'est 13,9 % de plus que l'année universitaire précédente, tient à souligner Christian Desmoulins, président du CUFR ( et par ailleurs président du directoire de la société Actia à Toulouse). La croissance de nos effectifs est la plus forte de France." Et d'ajouter : "Notre enseignement est de qualité. Selon les enquêtes menées par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui classent les universités et les centres universitaires en fonction de leurs résultats aux examens, nous sommes dans les trois premiers." "Le taux de réussite en licence, en 2013, était de 57 %. C'est 15 points de plus que la moyenne nationale", complète Hervé Pingaud, directeur du CUFR.

Développer l'enseignement supérieur hors de Toulouse
"Cette croissance va continuer, affirme Christian Desmoulins. Nous devrions accueillir plus de 4.000 étudiants à la rentrée universitaire prochaine. C'est pourquoi nous devons changer de statut." "Dans un souci d'équilibre territorial, il est important de développer l'enseignement supérieur et la recherche hors de Toulouse. Le Ceser soutient cette délocalisation", renchérit Jean-Louis Chauzy, président du conseil économique, social et environnement régional.

Concrètement, qu'apporterait un changement de statut ? Selon la direction du centre universitaire Champollion, devenir une université de plein exercice permettrait d'abord une légitimité plus forte. "Par conséquent, le recrutement des professeurs se ferait plus facilement", explique Hervé Pingaud. Cette transformation induirait également une autonomie renforcée, plus de flexibilité administrative et une meilleure reconnaissance des diplômes. "Les diplômes n'auront plus à être signés par l'université toulousaine de rattachement. Ils le seront par l'université Champollion, ce qui participera pleinement à la construction de notre image", se projette le directeur du centre universitaire.

Doctorat et nouvelles formations
Sur le plan de la recherche aussi, ce changement de statut aura des répercussions. Aujourd'hui, le standard Licence-Master-Doctorat (LMD) n'est pas totalement appliqué dans l'établissement. Le CUFR n'a pas la faculté de délivrer le diplôme de doctorat. Ce qui devrait évoluer avec une université de plein exercice. De nouvelles formations devraient également être proposées, selon Hervé Pingaud, sans préciser lesquelles.

Enfin, devenir une université de plein exercice donnerait à l'établissement une meilleure place au sein de la communauté d'universités et d'établissements de Midi-Pyrénées (Comue), à l'heure où le centre universitaire s'apprête à en devenir membre. Sous le nom d'Université de Toulouse, cette Comue sera officiellement créée d'ici à l'automne. Son objectif : coordonner les politiques de formation et de recherche à l'échelle régionale. Or, selon Christian Desmoulins, "Champollion ne peut pas en être membre, tout en étant rattachée à certains de ses autres membres. Nous voulons être sur un pied d'égalité avec les 7 autres membres", à savoir les 3 universités toulousaines, l'Isae, l'Insa, l'Inp et le Cnrs.

Un défi : "être une grande université de petite taille"
Toutefois, cette transformation n'aurait pas que des avantages. "La rupture du lien de rattachement aux trois universités toulousaines créera une situation nouvelle. Il ne faudrait pas que cela diminue l'intensité de nos collaborations, craint Hervé Pingaud. Par exemple, si j'ai besoin de compétences, d'enseignants venant de Toulouse, il ne faudrait pas que leur venue à Champollion soit refusée parce que nous sommes une université de plein exercice." Autre difficulté que le directeur du centre universitaire s'apprête à rencontrer : "Le regard que les autres porteront sur nous sera plus exigeant que par le passé. Nous devrons assumer notre rôle dans la cour des grands, notamment en matière de publication de recherches." "Nous devrons réussir à être une grande université de petite taille", résume Christian Desmoulins, le président du CUFR.

Le conseil d'administration du centre universitaire Champollion se réunira le 2 juillet prochain. Il examinera à nouveau le dossier portant sur le changement de statut, en tenant compte de l'avis des étudiants et du personnel. Il enverra ensuite une demande au ministère de l'Enseignement supérieur et de la recherche, un EPSCP étant créé par décret du gouvernement. "Nous espérons une réponse au printemps 2015", confie Hervé Pingaud.

Marie Vivent
© photo DR

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