Colère de Martin Malvy contre la SNCF. Il suspend les paiements de la Région, 400.000 € par jour

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La dégradation du service TER conduit Martin Malvy à suspendre les paiements de la Région à la SNCF.
La dégradation du service TER conduit Martin Malvy à suspendre les paiements de la Région à la SNCF. (Crédits : Rémi Benoit)
Le président du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, a décidé de suspendre les paiements de la Région à la SNCF. Hier, lundi 10 février, il a écrit au directeur régional de la SNCF, Bruno de Monvallier, pour l'en informer. Il justifie cette décision extrême par "la dégradation du service observée".

C'est une "décision exceptionnelle", selon le communiqué de presse de la Région Midi-Pyrénées. Le président Martin Malvy a écrit au dirigeant régional de la SNCF, Bruno de Monvallier, "pour l'informer de la suspension de tout paiement de la Région", soit 400.000 € par jour, pour l'exploitation des TER. La justification : "la dégradation du service observée, particulièrement sur le quart Nord-Est du réseau régional pour lequel retards et suppressions de trains sont devenus chroniques". Contacté ce mardi 11 février, Martin Malvy pointe la ligne Toulouse-Tarbes, "où un morceau de rail est parti il y a quelques semaines."

Le président de Région ajoute qu'il reçoit de nombreux courriers d'usagers. "Aujourd'hui, je ne peux plus simplement faire part de leur mécontentement au directeur régional de la SNCF", souligne-t-il. D'autant plus que les travaux du Plan rail sur le quart Nord-Est, qui ont coûté 515 M€, ont été financés à hauteur de 291 M€ par la Région. "Des efforts considérables, sans précédents", insiste le Martin Malvy, pour la rénovation et le développement des infrastructures ferroviaires. Lors de ces travaux, qui ont duré trois ans, des lignes ont été fermées. Aujourd'hui, selon le président de Midi-Pyrénées, "l'exaspération exprimée par les usagers est à la mesure des désagréments qu'ils ont subis et acceptés lors des périodes de fermeture de lignes, et leur déception, à la hauteur de leurs espérances d'une amélioration significative de leurs déplacements quotidiens à laquelle la SNCF s'était engagée."

"Le service fourni par la SNCF n'est pas celui qu'elle s'est engagée à assurer, juge Martin Malvy. Cette situation est inacceptable. Je suspends donc à partir d'aujourd'hui tout paiement de la Région à la SNCF dans l'attente d'un retour à une situation normale, qui interviendra, je l'espère, au plus vite", conclut-il.

Martin Malvy soutenu par l'opposition au conseil régional

"Il était temps de taper du poing sur la table", réagit ce mardi 11 février Gérard Trémège, président du groupe d'opposition Républicains&Territoires au conseil régional, dans un communiqué : "Depuis des mois, je n'ai de cesse d'attirer l'attention de l'assemblée régionale sur le déséquilibre croissant des relations financières liant notre collectivité à la SNCF et sur la dégradation du service rendu aux usagers, et d'inviter le président du Conseil régional à faire preuve de fermeté vis à vis de la SNCF." Toutefois, pour Gérard Trémège, "il faut aller plus loin. Non seulement la régénération du réseau n'est pas achevée, mais surtout nous devons anticiper dès aujourd'hui l'ouverture à la concurrence des lignes TER prévue pour 2019. La bataille du rail en Midi-Pyrénées n'est pas terminée", conclut-il.

Le service communication de la SNCF Midi-Pyrénées n'a pas donné suite à notre demande d'interview du directeur régional Bruno de Monvallier. Toutefois, ce soir, il a réagi par écrit à la décision de Martin Malvy : "SNCF prend acte de la décision du conseil régional, relative à la suspension de ses versements financiers dans le cadre de la convention TER Midi-Pyrénées. SNCF a pris de nouvelles dispositions pour accélérer la mise en œuvre d'un plan d'actions qui pourrait être présenté à l'autorité organisatrice des TER d'ici la fin de la semaine. Ce plan d'actions permettra une amélioration rapide de la qualité de service ferroviaire attendu sur l'ensemble des lignes du Quart Nord-Est de Midi-Pyrénées." En conclusion, le service communication indique que "les équipes SNCF et celles de Réseau Ferré de France sont actuellement mobilisées pour améliorer la chaine du service ferroviaire tant au niveau de la régularité, de la ponctualité des trains et de l'information aux voyageurs."

Marie Vivent
© photo Rémi Benoit

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