Point d'étape LGV Bordeaux-Toulouse : 15.000 emplois seront générés par le chantier, mais il manque 400 M€

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La LGV Bordeaux-Toulouse, c'est pour 2024. Lors d'une conférence de presse cette semaine, Jean-Louis Chauzy et Alain Di Crescenzo, partisans du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, ont annoncé le calendrier : trois enquêtes publiques seront lancées à l'automne. Ils ont également fait le point sur les retombées économiques, les prévisions tablent sur 15.000 emplois générés par le chantier. Côté financement, en revanche, le compte n'y est pas. Il manque toujours 400 M€ pour concrétiser le tronçon Bordeaux-Toulouse.

La LGV Bordeaux-Toulouse, c'est pour 2024. Lors d'une conférence de presse cette semaine, Jean-Louis Chauzy et Alain Di Crescenzo, partisans du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, ont annoncé le calendrier : trois enquêtes publiques seront lancées à l'automne. Ils ont également fait le point sur les retombées économiques, les prévisions tablent sur 15.000 emplois générés par le chantier. Côté financement, en revanche, le compte n'y est pas. Il manque toujours 400 M€ pour concrétiser le tronçon Bordeaux-Toulouse.

"Il ne faut plus accumuler les retards", a lancé Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique, social et environnemental régional (Ceser), lors d'une conférence de presse autour du grand projet ferroviaire du Sud-Ouest, cette semaine. Les objectifs de ce GPSO : la création de deux nouvelles lignes à grande vitesse (Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax), soit 237 kilomètres, et l'aménagement de la ligne existante au sud de Bordeaux, ainsi que celle au nord de Toulouse.

Trois enquêtes publiques doivent être lancées en octobre prochain, d'une durée de 4 à 8 semaines, sous le contrôle de commissions d'enquêtes indépendantes. Tout citoyen pourra y participer. Durant cette période, le dossier d'enquête, qui comporte les études d'impact, les évaluations socio-économiques et les bilans des débats publics, sera mis à la disposition du public dans plus de 100 mairies. Il sera également consultable et téléchargeable sur internet. Ces enquêtes conditionnent l'obtention d'une déclaration d'utilité publique, nécessaire à la participation de l'État. Jean-Louis Chauzy, par ailleurs président d'Eurosud Transport, association qui promeut l'arrivée de la LGV jusqu'à Toulouse, l'espère pour la fin de l'année : "Il est insensé que les examens et les procédures prennent plus de temps que la construction."

Alain Di Crescenzo va dans le même sens : "On n'a pas de temps à perdre !" Selon le président de la CCI de Toulouse, "la LGV, il nous la faut vite, complète et française. Elle représentera un élément d'attractivité et un atout économique." Le projet est chiffré au total à 9,1 Md€. "Nous avons besoin de faire marcher l'économie française, il faut que cet argent revienne à nos entreprises", insiste Alain Di Crescenzo.

15.000 emplois générés
"Ce projet représente une véritable opportunité pour notre profession des travaux publics", réagit Thierry Le Friant, président de la Fédération régionale de travaux publics (FRTP) Midi-Pyrénées. La mise en œuvre d'une ligne à grande vitesse conduit en effet à la dynamisation d'un territoire, notamment en termes d'emploi. L'exemple de la LGV Rhin-Rhône, dont le chantier a été mené de 2006 à 2011, le prouve. Au total, pour cette ligne, 6.100 emplois ont été générés, dont 2.300 directs, 2.300 indirects, au niveau des prestataires, et 1.500 induits, dans l'hôtellerie ou la restauration. Selon Réseau ferré de france (RFF), les retombées économiques locales ont été estimées à 120 M€.

Concernant le programme du GPSO, le nombre d'emplois générés devrait être plus de deux fois plus élevé : 15.000 au total, selon les prévisions. Dans le détail, le chantier représenterait 6.000 emplois directs, auxquels il faut ajouter 6.000 emplois indirects et 3.000 induits. "Ce chantier d'envergure permettra de donner des perspectives d'avenir à notre profession, qui est en souffrance depuis de nombreuses années, complète Thierry Le Friant. Depuis 2007, 2.500 emplois ont été perdus dans les travaux publics. Sur l'année dernière, en 2013, le carnet de commandes est en baisse de 10 à 20 %. 2014 et 2015 s'annoncent aussi difficiles. La LGV est pour nous une ligne d'espérance." Et d'ajouter : "Ce sera aussi l'occasion de redynamiser la politique de formation, d'embauche, de professionnalisation et d'insertion de notre secteur."

"Si des fonds manquent, nous les trouverons"
Une question reste en suspens : qui finance le GPSO, notamment le tronçon Bordeaux-Toulouse dont le coût total se situerait aux alentours de 5,9 Md€ ? Interrogé sur le sujet, Jean-Louis Chauzy reconnaît qu'"il reste 400 M€ à trouver" pour cette section. Le président d'Eurosud Transport réclame une réunion du comité des financeurs, qui n'est pas encore constitué. "Il faut établir rapidement combien on peut mettre bout à bout en termes de financement entre l'État et les collectivités, complète Alain Di Crescenzo. Si des fonds manquent, nous les trouverons. Et nous les trouverons facilement. Des investisseurs privés sont prêts à participer", assure le président de la CCI de Toulouse.

Le dossier financier n'est pas bouclé mais le calendrier est déjà fixé. "Les travaux devraient débuter en 2019 pour Bordeaux-Toulouse et en 2022 pour Bordeaux-Dax", avance Pierre Boutier, directeur régional Midi-Pyrénées de RFF. Les mises en service, elles, sont prévues pour 2024 en ce qui concerne le premier tronçon, soit 4 ans de plus qu'initialement prévu, et 2027 pour le second. Paris serait ainsi à 3h10 de la Ville rose, contre 5 heures actuellement. Les voyageurs mettraient 1h05 à effectuer le trajet Bordeaux-Toulouse et 2h05 pour Toulouse-Bayonne.

Prolonger le projet jusqu'en Languedoc-Roussillon

La ligne Bordeaux-Dax devrait ensuite être prolongée vers l'Espagne. Pour ce projet, ni les financements ni le tracé définitif ne sont connus. Il ne devrait pas voir le jour avant 2032. "Si le mariage entre Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon a lieu, il faudra prolonger le grand projet du Sud-Ouest en y ajoutant une LGV entre Toulouse et Montpellier", complète Jean-Louis Chauzy, faisant référence à la réforme territoriale qui prévoit la fusion de Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.

"Les enjeux de cette LGV dans le Sud-Ouest européen sont nombreux, pointe Alain Di Crescenzo. Faciliter l'implantation des groupes internationaux, fluidifier la circulation de nos collaborateurs et de nos marchandises, rapprocher les régions françaises et espagnoles, les bassins d'emploi créateurs de valeur pour peser à une échelle internationale", énumère-t-il. "Ce projet est indispensable pour l'avenir des métropoles et des villes moyennes du Sud-Ouest européen", conclut Jean-Louis Chauzy.

Marie Vivent
© photo Rémi Benoit

En savoir plus : Historique
En juin 2013, la commission "Mobilité 21" propose de retenir la LGV Bordeaux-Toulouse parmi les priorités nationales en matière d'infrastructures de transport. En juillet, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault valide ce scénario. En octobre 2013, le ministre délégué aux Transports arrête le tracé définitif des LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Espagne et annonce que l'enquête publique sera menée simultanément sur les deux branches du GPSO jusqu'à Dax.

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