Lundi 7 avril, journée de l'égalité salariale femmes / hommes, où en est-on en Midi-Pyrénées ?

 |   |  763  mots
En France, 24% des membres de conseils d'administration des sociétés cotées sont des femmes
En France, 24% des membres de conseils d'administration des sociétés cotées sont des femmes
Lundi 7 avril, c'est l'Equal Pay Day : la journée internationale de l'égalité salariale. L'occasion de reparler de la lutte contre les inégalités entre les femmes et les hommes au sein du monde professionnel. Créé il y a un peu plus d'un an par la Toulousaine Marie-Laure Fages, le club Business&Professionnel Women participera à cette journée. Pour rappel, l'écart salarial entre les femmes et les hommes à compétences et postes égaux est de 27% dans le privé. Des accompagnements existent pour les chefs d'entreprise.

Constat amer : en 2014, les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes. "Dans le secteur privé, l'écart salarial entre les femmes et les hommes à compétences et postes égaux est de 27% et ce taux est relativement stable depuis plusieurs années": c'est pour essayer d'enrayer cet état de fait que Marie-Laure Fages, directrice du cabinet du Président de l'Université Paul Sabatier (Toulouse III), a fondé la première antenne midi-pyrénéenne de l'association internationale de lutte contre les inégalités entre les sexes : Business&Professionnel Women (BPW).

Apprendre à affirmer sa valeur professionnelle

Afin de porter cette situation sociétale au cœur du débat public, une journée internationale de l'égalité salariale - Equal Pay Day - est décrétée chaque année par BPW. Cette année, elle tombe lundi 7 avril. "Nous voulons sensibiliser les chefs d'entreprise" explique Marie-Laure Fages. L'antenne BPW se donne aussi pour mission de coacher les femmes pour qu'elles apprennent à affirmer leur valeur professionnelle, notamment lors de la négociation du salaire. Lors de "Business Women Cafés" (BWC) ouverts à tous, interviennent des professionnels issus du monde des ressources humaines, de l'économie, de l'industrie, du monde universitaire ou institutionnel. "Les femmes peuvent être leur meilleur ami comme leur pire ennemi : elles doivent prendre conscience que leur force de travail vaut quelque chose et qu'elles doivent donc être rémunérée à leur juste valeur" insiste Marie-Laure Fages.

Quelles obligations pour les entreprises ?

Au niveau national, la pierre angulaire de la politique en faveur de l'égalité entre femmes et hommes c'est notamment la loi du 10 novembre 2010 (dont le décret d'application est paru en décembre 2012). Najat Vallaud-Belkacem, reconduite dans sa fonction de Ministre des Droits des Femmes dans le gouvernement Valls, a soutenue un nouveau projet de loi, voté à l'Assemblée nationale le 28 janvier 2014.

La législation actuelle impose aux directions des entreprises d'au moins 50 salariés de mener des négociations avec les partenaires sociaux au sujet de l'égalité entre les femmes et les hommes au travail en abordant au moins 3 ou 4 thèmes au choix parmi les 8 prévus par la loi, et d'y inclure obligatoirement la question de la rémunération. Ces accords sont valables trois ans et la direction de l'entreprise est tenue d'en informer la DIRECCTE régionale dont elle dépend. Ainsi, d'après les données fournies par le ministère des droits des femmes, 5.000 accords et plans d'actions sur l'égalité entre les femmes et les hommes ont été déposés par les entreprises au 28 mars 2014. Une dizaine d'entreprise a été sanctionnée et 700 ont été mises en demeure pour non respect de la loi, depuis l'entrée en vigueur du décret d'application. "En matière d'égalité femmes-hommes, il y a un avant et un après 2013 dans les entreprises" se félicite le ministère.

Comment se faire aider en tant que chef d'entreprise ?

Si d'un côté, les femmes peuvent se faire accompagner en adhérant à des associations du type BPW, les entreprises, elles, peuvent solliciter l'aide mis à disposition par l'État. En effet, dans chaque région, une aide gratuite leur est proposée par les délégations régionales du ministère des droits des femmes. Celles-ci ont lancé des appels d'offres et font appel à des entités spécialisées à qui elles délèguent l'accompagnement concret des chefs d'entreprises. Le service est intégralement financé grâce à des fonds publics. Ainsi, en Midi-Pyrénées, la MIDACT (antenne régionale de l'Agence Nationale pour l'Amélioration des Conditions de Travail), l'association ID 3, le Comité de Bassin d'emploi 31, accompagnent chacun un petit groupe d'entreprises sur la voie de l'égalité entre les sexes.

Résultat : au 15 mars 2014, 357 accords et plans d'action ont été négociés au sein des entreprises midi-pyrénéennes, soit 15% des entreprises. Ce taux s'élève jusqu'à 95% parmi les sociétés de plus de 1.000 salariés d'après les données publiées par la direction régionale du Ministère des Droits de Femmes. C'est davantage que la moyenne nationale puisqu'en France 65% des entreprises de plus de 1.000 salariés ont conclu de tels accords. Et il y a peut-être un début d'explication à cela : la région Midi-Pyrénées fait partie des neuf territoires engagés dans l'expérimentation "Territoires d'excellence" en matière d'égalité entre les hommes et les femmes, lancée l'an dernier et prévue pour durer jusqu'en 2015.

Adeline Raynal

© photo Rémi Benoit

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :