Privatisation de Toulouse-Blagnac. Le président du Ceser Jean-Louis Chauzy demande la suspension de l'appel d'offres

Jean-Louis Chauzy demande la suspension de l'appel d'offres de l'État concernant la privatisation de l'Aéroport Toulouse-Blagnac. Son inquiétude concerne le prix du foncier autour de l'aéroport. Dans un communiqué, le président du Ceser dénonce "un marché de dupes", réalisé "sans aucune concertation préalable avec les industriels de la filière aéronautique, dont Airbus et ATR". Il affirme avoir le soutien de la filière aéronautique.

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Jean-Louis Chauzy s'inquiète de l'envolée des prix du foncier qui entoure l'aéroport. © photo Rémi Benoit
Jean-Louis Chauzy s'inquiète de l'envolée des prix du foncier qui entoure l'aéroport. © photo Rémi Benoit

Jean-Louis Chauzy "sort du bois" selon son expression, pour clamer son opposition à la procédure de privatisation de l'Aéroport Toulouse-Blagnac. "Je sors de trois semaines de lobbying auprès des ministères concernés", justifie-t-il ce lundi 13 octobre, à deux semaines de la fin de l'appel d'offres.

Motif de la grogne : le foncier qui entoure l'aéroport. "Le cahier des charges, rédigé par l'Agence des Participations de l'État, ne prend pas en compte la situation des sociétés aéronautiques qui occupent 100 hectares sous la forme d'une autorisation d'occupation temporaire, réalisant 200 millions d'investissements, et bénéficiant de conventions particulières pour les vols d'essais."

En clair : le cahier des charges établit par l'État n'indique rien sur la gestion des 100 hectares qui jouxtent l'aéroport. "Le futur acquéreur, préoccupé de rentabiliser ses investissements, peut s'il le souhaite doubler, tripler les prix du loyer", craint Jean-Louis Chauzy. La présence de toute une filière industrielle aéronautique est en jeu selon lui. "Quand on a réussi à avoir Airbus et ATR, on fait tout pour les garder."

Un bail de 99 ans pour Airbus

Ainsi, Jean-Louis Chauzy demande que soient intégrées dans le cahier des charges "des dispositions sécurisant réellement les industriels, les personnels ainsi que les collectivités", notant au passage que "celles-ci ont fait le choix de ne pas monter au capital, ce que l'on peut regretter aujourd'hui". Pour le président du Ceser, "il faut sortir de l'appel d'offres le foncier occupé par les industriels, déclasser le terrain et octroyer à Airbus un bail emphytéotique de 99 ans".

Jean-Louis Chauzy affirme avoir le soutien "de la filière industrielle" et des appuis notamment chez Airbus et ATR (représentants de CE et membres de la direction selon lui). "Pierre Izard (président du Conseil général, NDLR) est d'accord avec moi", ajoute-t-il.

La balle est à Matignon

Jeudi et vendredi (9 et 10 octobre), Manuel Valls était à Toulouse pour le Congrès des Régions de France. Jean-Louis Chauzy lui a "fait passer une note", pour l'informer de la situation. "J'attends désormais que Matignon réagisse, en imposant une modification de la procédure". Les candidats au rachat des parts de l'État ont quant à eux jusqu'au 31 octobre pour déposer une offre ferme.

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