Plus de 1.600 salariés d'Astrium manifestent devant le siège d'Airbus Group à Toulouse

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Plus de la moitié des salariés d'Astrium à Toulouse étaient rassemblés devant le siège d'Airbus Group.
Plus de la moitié des salariés d'Astrium à Toulouse étaient rassemblés devant le siège d'Airbus Group.
Le ton monte chez les salariés toulousains d'Astrium. Ils étaient plus de 1.600 ce jeudi 6 février, à manifester devant le siège d'Airbus Group, près de l'aéroport Toulouse-Blagnac. Ils protestent contre le plan de restructuration, détaillé en début de semaine dernière par la direction, qui prévoit la suppression de 396 postes sur le site toulousain.

Ils avaient voté à l'unanimité pour "un mouvement rapide, fort et massif", vendredi dernier, lors d'une assemblée générale, à l'appel de l'intersyndicale CFE-CGC, CGT, CFDT, FO et CFTC. "Une mobilisation largement suivie", se félicite ce jeudi 6 février Philippe Clavières, délégué syndical CFDT. En effet, 1.640 salariés toulousains d'Astrium (compteur à l'appui) étaient rassemblés cet après-midi devant le siège d'Airbus Group, près de l'aéroport Toulouse-Blagnac. "Ce qui représente plus de la moitié des salariés", détaille Philippe Clavières.

Les manifestants refusent le plan de restructuration, détaillé lundi 27 janvier par la direction du groupe. Un plan qui prévoit 5.800 suppressions de postes en Europe, dont 396 chez Astrium à Toulouse (lire notre article). "Ces suppressions ne sont pas justifiées, assure Philippe Clavières. 2013 a été une excellente année, le carnet de commandes est rempli." C'est aussi l'avis de Françoise*, salariée chez Astrium depuis 23 ans. "Je n'ai jamais manifesté, confie-t-elle. Mais aujourd'hui, c'est trop ! Ce plan est incompréhensible." Éric* non plus "ne comprend pas ce plan". Salarié depuis 30 ans chez Astrium à Toulouse, il craint pour son emploi : "C'est le flou. On ne sait toujours pas quels postes sont concernés par le plan de restructuration."

"400 masques blancs, pour 400 suppressions de postes"

Dans la foule, 400 salariés portent des masques blancs, "comme les 400 suppressions de postes annoncées", justifie Philippe Clavières. Lorsque le cortège s'est dispersé, ils les ont planté sur les grilles du siège. "Nous lançons aussi 400 avions en papier, décrit le délégué syndicat CFDT. Dessus, nous avons écrit 'We make satellites fly', en référence au slogan d'Airbus Group 'We make it fly', pour rappeler que nous fabriquons ces satellites."

Aux côtés des salariés, des politiques. Parmi eux : Jean-Christophe Sellin, candidat du Parti de gauche aux municipales de Toulouse, et Thierry Cotelle, adjoint au maire de Toulouse en charge de l'économie, présent au nom de Pierre Cohen. "Nous soutenons l'incompréhension des salariés, compte tenu de la bonne activité du groupe", affirme Thierry Cotelle. Pour rappel, vendredi dernier, le maire de Toulouse, Pierre Cohen, et les présidents PS de la Région, Martin Malvy, et du Département, Pierre Izard, ont écrit au Premier ministre, Jean-Marc Ayrault. Dans leur lettre, ils expriment "leur plus grande vigilance" après l'annonce des mesures prises par la direction d'Airbus Group (lire notre article).

Bientôt un rendez-vous entre les syndicats et Tom Enders
Pour l'instant, aucun échange officiel sur ce plan de restructuration n'aurait eu lieu entre le président d'Airbus Group, Tom Enders, et les élus. Quant aux salariés d'Astrium, ils ont envoyé lundi une lettre à Tom Enders, lui demandant un rendez-vous. "Il nous a répondu, affirme Philippe Clavières. Il nous a écrit qu'il ne pouvait pas nous recevoir aujourd'hui, mais qu'il le ferait plus tard, sans donner de date précise."

En attendant, ce jeudi 6 février, les représentants syndicaux centraux ont été reçus par François Auque, président du pôle Space Systems, et par Thierry Baril, directeur des ressources humaines du groupe. À la sortie de la réunion, qui a duré une heure et demie, Jean-Pierre Queille, délégué syndical central CFDT, s'est dit "pas du tout satisfait". "La direction a cherché à dédramatiser la situation, relate-t-il. On nous a annoncé que les chiffres pouvaient changer. Toutefois, nous n'avons toujours rien de concret. Nous n'avons aucune garantie", conclut-il.

Marie Vivent
© photo Rémi Benoit

* le prénom a été modifié à la demande des interlocuteurs

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