Figeac Aero entre en bourse et prévoit la création de trois filiales en 2014, interview du PDG Jean-Claude Maillard

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Jean-Claude Maillard, PDG de la société lotoise
Jean-Claude Maillard, PDG de la société lotoise
L'année commence bien pour Figeac Aero : l'entreprise lotoise, sous-traitant aéronautique (pièces de structure en alliages légers et en métaux durs, pièces de moteurs, trains d'atterrissage et sous-ensembles), a annoncé une augmentation de capital via une entrée en bourse pendant les vacances de Noël. Mises en ventes à 9,20 euros sur Alternext, les actions Figeac Aero ont déjà pris 20 % en une semaine. Pour le PDG Jean-Claude Maillard, il s'agit juste d'une étape pour l'entreprise, qui regorge de projets. Interview.


Il y a plusieurs outils à disposition des entreprises qui veulent augmenter leur capital, pourquoi une entrée en bourse ?
J'ai pris la décision d'augmenter le capital il y a plusieurs années, et j'envisageais alors trois solutions. La première, vite abandonnée, était de me rapprocher d'un grand industriel, acteur de l'aéronautique. Mais j'y ai renoncé car je ne voulais pas que Figeac Aero perde son identité en étant en partie détenue par une autre entreprise. J'ai ensuite envisagé et étudié en parallèle une entrée en bourse, et un recours aux fonds d'investissement. L'inconvénient des fonds d'investissement, c'est qu'ils se retirent au bout de quelques années, et ils ont par ailleurs un niveau d'exigence dans le suivi du fonctionnement de l'entreprise assez élevé. La bourse, elle, ne demande rien, et a également un peu mieux valorisé Figeac Aero (244,5 M€). Elle sait récompenser les sociétés qui performent et qui ont de bons résultats. Je ne regrette pas mon choix car les actions, vendues à 9,20 euros, ont déjà pris 20 % pendant les fêtes.

Pourquoi avoir choisi Alternext (plateforme de transactions à destination des petites et moyennes entreprises) ?

Je m'étais engagé à réaliser une levée de fonds avant la fin de l'année. Alternext était l'outil le plus simple, le plus rapide. Mais je ne vais pas y rester. Eurolist correspond mieux à notre envergure, et nous y passerons à court terme, en 2014. J'en profiterai pour réaliser une nouvelle augmentation de capital.

Aujourd'hui, qui possède Figeac Aero ?
Le but de l'ouverture du capital était de faire rentrer 15 M€ en perdant le moins possible de parts. Je n'ai vendu que 6 % de mes parts, je suis donc largement majoritaire avec 94 % de l'entreprise. Cela me permet d'envisager une autre augmentation de capital en toute sérénité, sans crainte de perdre cette majorité.

Vous prévoyez d'ouvrir des filiales à l'étranger, notamment en "low-cost". Pourquoi cette stratégie ?

J'envisage en effet d'ouvrir en 2014 trois filiales, à Saint-Nazaire, aux États-Unis, et au Mexique. L'objectif est de produire en zone dollar, en zone low-cost, et près de mes clients. J'assume pleinement cette stratégie de mondialisation qui a commencé il y a 3 ans avec notre usine tunisienne. Il faut savoir que 99 % de la production de Figeac Aero est directement ou indirectement exportée. Les clients achètent car je suis au meilleur prix du marché pour la qualité requise. Mais il existe une pression internationale des coûts, et mes concurrents sont asiatiques, maghrébins, américains et de l'Europe de l'est. Il faut gagner cette compétition. Mes contrats sont en dollars. Avec un euro fort, il serait déraisonnable de tout produire en France, même si les sites historiques de Figeac, Decazeville et Méaulte restent indispensables. Mon business est mondialisé, je m'adapte.

Souhaitez-vous devenir moins dépendant d'Airbus, qui représente 40 % de votre activité ?
Je ne le formulerais pas comme cela. Je suis un sous-traitant aéronautique du monde. Si j'ai une part d'activité importante avec Airbus, c'est parce que nous avons été performants sur les appels d'offres. À présent, il faut remporter des appels d'offres aux États-Unis et au Mexique, c'est pour cela qu'il faut des sites sur place. Je ne sais pas encore s'ils seront créés de toute pièce ou s'il s'agira de reprises de sociétés existantes, mais tout cela se mettra en place cette année. Le chiffre d'affaires en mars 2014 devrait s'établir à 170 M€. Je souhaite le doubler d'ici 2018.

Propos recueillis par Sophie Arutunian
© photo Rémi Benoit

En savoir plus:
Outre Airbus, Figeac Aero travaille déjà avec Bombardier, Embraer, Dassault, Spirit, Gulfstream et Honda.

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