Cybersécurité dans l'aéronautique et le spatial : groupes, PME, labos et universités s'allient à Toulouse

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Dans les locaux de Steria à Colomiers.  © photo Steria
Dans les locaux de Steria à Colomiers. © photo Steria
Confrontées à des cyberattaques de plus en plus nombreuses et de plus en plus organisées, les entreprises prennent conscience de la nécessité de se protéger. À Toulouse, une quinzaine d'acteurs prennent part à un programme dédié à la lutte contre la cybercriminalité dans le domaine de l'aéronautique baptisé Albatros dont la SSII Steria, l'Université Toulouse 1-Capitole et Airbus.

Des révélations de l'ancien employé de la NSA Edward Snowden, au pillage de réserves de bitcoins, l'actualité incite de plus en plus à se questionner sur la cyber-sécurité. Les cyberattaques ont progressé de 42 % entre 2011 et 2012 à travers le monde selon un rapport sur les menaces de sécurité Internet réalisé par Symantec, une société américaine spécialisée dans les logiciels informatiques. Le sujet intéresse de plus en plus les entrepreneurs, et pour cause : les cyberattaques commises au niveau mondial pourraient engendrer jusqu'à 2.000 milliards d'euros de pertes économiques d'ici 2020 si les entreprises et les gouvernements tardent à agir, selon un rapport publié le 20 janvier dernier par McKinsey&Company et le World Economic Forum.

Des menaces "réelles, structurées"

"Trois types de menaces planent sur les entreprises : une interruption de la production, une perte d'exploitation et un risque de vol d'informations stratégiques", détaille Emmanuel Volckringer, directeur programme chez Steria. Bien souvent, les "pirates" cherchent à gagner du temps en matière de R&D. Ils utilisent les cyber-attaques comme un moyen de veille concurrentielle. "On a affaire à des menaces réelles, structurées", insiste ce spécialiste de la cybercriminalité. Du coup, depuis quelques années, les méthodes de protection sont de plus en plus perfectionnées.

En matière de prévention, il existe des différences sectorielles : si, dans les grandes entreprises du domaine des télécoms, on est sensible à ces questions de façon naturelle, ça l'est bien moins dans les PME d'autres secteurs. Et pourtant, elles disposent elles aussi d'informations cruciales. "Les grands acteurs de l'aéronautique reposent sur une myriade de petites entreprises qui elles-mêmes ont des sous-traitants", explique Fabien Lecoq de chez Steria. De ce constat est né le programme Albatros qui regroupe une quinzaine de partenaires (grands groupes, PME, laboratoires et universités).

Coopérer pour mieux résister : le leitmotiv d'Albatros

Le programme se divise en trois entités. D'abord, le projet Box@PME réunissant Airbus et quatre PMI et ETI de sa supply chain, dont CGX Aero. Un programme labellisé par le pôle de compétitivité Aerospace Valley début mars 2014. Ensuite, une entité de veille fédérant plusieurs laboratoires de recherche haut-garonnais. Enfin, une entité travaillant à la structuration de l'offre de formation dans le secteur de la cybersécurité. Deux diplômes universitaires sont ainsi en train d'émerger à Toulouse : l'un à l'IRIS dès la rentrée 2014 et l'autre au sein de l'Université Toulouse 1 - Capitole qui ouvrira en 2015. En résumé, il s'agit de mettre en commun les moyens pour répondre à des attaques de mieux en mieux organisées, que mènent des réseaux structurés. "Les donneurs d'ordre des cyber-attaques font appel à des experts en fonction du secteur d'activité pour savoir exactement que chercher !" raconte Didier Bosque, responsable de l'innovation chez Steria.

Le secteur de la cybersécurité est en plein boom. Chez Steria, les effectifs sont passés de moins de dix personnes il y a trois ans à 120 aujourd'hui. "Avec le programme Albatros, l'objectif est aussi d'attirer de nouveaux talents sur le marché et de créer 300 emplois sur les régions Aquitaine et Midi-Pyrénées", confie-t-on chez Steria. Et le secteur continue de se structurer : mercredi 9 avril, Steria et Sopra Group ont officialisé leur rapprochement, dans le but de résister à de nombreux concurrents en France et à l'international. L'État aussi semble avoir pris la menace de la cybercriminalité au sérieux puisque le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a lancé début février un "Pacte défense cyber 2014-2016".

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