LGV Bordeaux-Toulouse : encore un long chemin à parcourir avant le début des travaux

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(Crédits : RFF / Christophe Recoura)
Les collectivités et l'association Eurosud Transport doivent rencontrer ce mercredi 22 juin le secrétaire d'État en charge des Transports Alain Vidalies pour évoquer la ligne à grande vitesse (LGV) entre Bordeaux et Toulouse. Si le projet a été validé par l'État, le financement n'est toujours pas bouclé et il reste de nombreuses étapes techniques avant le début des travaux prévu pour 2017.

Le projet de ligne à grande vitesse entre Toulouse et Bordeaux a franchi une étape importante le 5 juin dernier avec la publication du décret de déclaration d'utilité publique de la ligne, suite à l'avis favorable émis par le Conseil d'État.

Pour rappel, la LGV doit relier Toulouse et Bordeaux en 1h05 et ramènerait Toulouse à 3h15 de Paris, contre plus de cinq heures actuellement. Le projet nécessite 9,2 milliards d'euros d'investissement (en comptant l'aménagement des gares de Bordeaux et Toulouse). Les travaux doivent commencer en 2017 pour une mise en service à l'horizon 2024.

Mais ce calendrier pourra-t-il être tenu ? À sept mois de la date prévue du lancement des travaux, il reste encore de nombreuses étapes à franchir pour la réalisation du projet.

À notre demande, SNCF Réseau a détaillé les étapes techniques restantes avant de pouvoir lancer les travaux :

"Voici les prochaines étapes du Grand Projet Ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO) : études détaillées, préparation et accomplissement des procédures complémentaires (défrichement, loi sur l'eau, espèces protégées), enquêtes parcellaires, actions foncières (études d'aménagement foncier, acquisitions), choix de la maîtrise d'ouvrage, discussions relatives au financement de la phase réalisation, études d'aménagement foncier, actions foncières et poursuite de la concertation tout au long de ce processus."

Les opposants à la LGV veulent freiner
le projet en achetant des terrains

Le planning s'annonce donc serré pour accomplir l'ensemble de ces étapes en l'espace de quelques mois. D'autant que le collectif d'opposants au projet, Coordination Vigilance LGV Gironde, a annoncé il y a quelques semaines avoir acheté des parcelles sur le tracé de la LGV pour empêcher les acquisitions foncières et retarder le début des travaux :

"Nous sommes déterminés à aller jusqu'au procès en expropriation en refusant tout accord à l'amiable, ce qui entraînera une longue et complexe procédure juridique pour retrouver les 140 copropriétaires un peu partout en France... et à l'étranger", explique le collectif chez nos confrères de La Tribune Bordeaux.

L'incertitude autour du financement
reste entière

Mais le principal frein au début des travaux reste le montage financier, inexistant à ce jour. À l'origine du projet en 2008, 58 collectivités locales ont donné leur accord de principe. Le deal était clair : les collectivités de Midi-Pyrénées s'engageaient à financer la première tranche de travaux, soit la construction de la ligne entre Tours et Bordeaux, en contrepartie du prolongement de la LGV jusqu'à Toulouse.

Mais, dès 2012, le Lot-et-Garonne et le Gers ont annoncé se retirer du projet pour des raisons budgétaires. Sur les 35 collectivités qui ont accepté de financer le tronçon Tours-Bordeaux, seule une dizaine est à jour dans les versements. Les autres ont préféré geler leur participation au projet. C'est le cas notamment du Conseil départemental de Haute-Garonne, qui devait verser 500 millions d'euros.

Ce mercredi 22 juin, le secrétaire d'État en charge des transports Alain Vidalies va recevoir l'association de promotion du projet, EuroSud Transport, ainsi que les principales collectivités engagées pour le financement (les vices-présidents des régions Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le président du Conseil départemental de Haute-Garonne Georges Méric, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc notamment) pour évoquer la suite du processus.

"Nous aimerions que l'État nomme un chargé de mission pour trouver des financements publics et réunir les collectivités engagées sur le projet. Actuellement, nous ne savons même pas le montage financier qui sera choisi : concession publique, partenariat public-privé ?" s'interroge Valérie Cormier, directrice d'EuroSud Transport.

Le 31 mars dernier à l'occasion d'un colloque organisé sur le sujet, plusieurs pistes ont été mises en avant par les acteurs économiques locaux pour financer le projet : s'appuyer d'une part sur des emprunts de long terme (40 ans à minima) auprès d'organismes tels que la Caisse des dépôts et solliciter d'autre part des fonds européens.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2016 à 16:23 :
Si sur Toulouse il est urgent de faire des abords de la gare Matabiau un lieu de vie où la mobilité et le droit seraient respectés, l’envisager sous le prétexte d’une LGV est une erreur. Les Politiques la veulent (Pourquoi ? Pour qui ?) mais - La Cour des Comptes -
La Commission d’Enquête Publique - Les ONG et Associations spécialistes de la mobilité... Ont toutes donné des AVIS DÉFAVORABLES POUR LA LGV TOULOUSE-BORDEAUX.
Répondre à la question complexe de la mobilité par un temps de trajet légèrement réduit mais aux dépens de toutes les autres dessertes et par des coûts exorbitants montre un cruel manque de réflexion... Surtout que dans le meilleur des cas il y a encore 3h15 perdu, et à quel prix ! Des trains rapides sans modification des lignes existantes mettrait Paris à moins de 4h de Toulouse. Mettre à profit ces 4 h pour gagner 100% du temps sans rien dépenser aurait été du bon sens doublé d'intelligence désintéressée... Ce n'est bien sûr pas le profils de la plupart des "élus".

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