Toulouse en deuil après les attentats meurtriers de Paris

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Les Toulousains rendent hommage aux victimes place du Capitole à Toulouse
Les Toulousains rendent hommage aux victimes place du Capitole à Toulouse (Crédits : Rémi Benoit)
Les attentats revendiqués par Daech et qui à ce jour ont fait 129 morts et 352 blessés ont bouleversé le monde entier. Tandis que François Hollande a multiplié les rencontres tout au long du week-end et annoncé que l'état d'urgence devrait durer trois mois, les réactions à Toulouse se succèdent.

À midi ce lundi 16 novembre, une minute de silence devrait être observée partout, dans les écoles, les collèges, les lycées, les universités, mais aussi les entreprises et les administrations. L'émotion est considérable après la mort de 129 personnes dans les attaques terribles du début du week-end.

Depuis samedi, les drapeaux sont en berne à Toulouse, symbole du deuil de toute une région. Le maire de la ville Jean-Luc Moudenc, qui estime que "la gravité des attaques qui ont frappé la France appelle une réponse républicaine forte et unie", a annoncé vouloir réunir tous les maires et conseillers municipaux des 37 communes membres de Toulouse Métropole. Pascal Mailhos, préfet de la Région Midi-Pyrénées et Georges Méric, président du Conseil Départemental de la Haute-Garonne, seront présents et prendront la parole.

Dans un communiqué, Georges Méric (PS) dénonce des "actes de guerre. (;..) Ce sont nos valeurs de liberté et d'humanisme qui ont été violemment attaquées. Mais nous ne céderons pas, la République restera debout", affirme-t-il.

Cette réunion exceptionnelle des élus de Toulouse Métropole se déroulera à la Halle aux Grains de 15h à 16h tandis que quelques minutes plus tard, François Hollande prendra la parole devant le Congrès réuni à Versailles.

En pleine campagne électorale

Les événements dramatiques de Paris ont aussi ceci de particulier qu'ils se déroulent en pleine campagne électorale pour le renouvellement des exécutifs régionaux. À trois semaines du premier tour du scrutin (6 décembre) plusieurs candidats ont annoncé dès la nuit du 13 novembre leur intention de suspendre leur campagne.

Carole Delga (PS-PRG-MRC) se dit " horrifiée par ces attaques à Paris".

"L'heure est au recueillement, au rassemblement et à l'unité nationale. J'ai décidé de suspendre ma campagne électorale jusqu'à nouvel ordre. J'appelle l'ensemble des citoyens de Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées à se rassembler autour des valeurs de notre République."

 Dominique Reynié (LR-Modem-UDI)  "demande à tous ses colistiers de suspendre les actions de campagne".

"Si les conditions d'application de l'état d'urgence le permettent, je leur demande de maintenir les réunions prévues avec nos concitoyens afin de partager nos pensées et nos sentiments sur le drame que vit notre pays. Nous devons montrer que notre nation reste debout et que la démocratie l'emportera."

Gérard Onesta (EELV-LV-PCF-PG-FG-POC) a choisi d'envoyer un message aux deux autres candidats de gauche des régionales et probables futurs colistiers du deuxième tour, Carole Delga et Philippe Saurel.

"Il me semble utile, leur indique-t-il, que nous prenions le temps, dans quelques jours, d'un échange apaisé pour définir en commun les bases d'une fin de campagne qui devra être exemplaire de dignité et de détermination démocratique. En cela nous marginaliserons ceux qui ont déjà commencé à instrumentaliser le drame et répandre la peur et la haine".

Dans un communiqué beaucoup plus bref, Philippe Saurel le maire divers gauche de Montpellier a simplement annoncé qu'il suspendait sa campagne "en raison des événements dramatiques que traverse notre pays".

Damien Lempereur (Debout la France) indique quant à lui qu' "en raison du drame national absolu qui touche notre pays, je suspends bien entendu immédiatement ma campagne."

 Louis Aliot, vice-président du Front National et tête de liste pour les régionales a annoncé samedi midi la suspension de sa campagne "pour respecter le deuil national de 3 jours" après avoir violemment attaqué Manuel Valls sur Twitter pendant les attaques de la nuit.

Martin Malvy, président PS du Conseil régional de Midi-Pyrénées estime que "dans une telle épreuve, au delà de l'unanime compassion, c'est l'unité nationale qui doit être notre objectif commun".

Tout ce qui y dérogerait affaiblirait la France au moment où elle est attaquée et avec elle les valeurs qui constituent le fondement de notre société."

Jean Iglesis, président de l'UDI31 et Laurence Massat, déléguée départementale, s'adressent aux "Français de toutes origines et de toutes confessions. (....) À l'image de ceux qui ont bâti notre pays, nous devons être forts, courageux et responsables. Résistons dans l'unité."

Les signataires de La Charte de la Fraternité qui représentent les différents cultes (culte musulman, boudhistes, protestants, juifs, église anglicane ) "expriment leur révolte face à ces actes de barbarie d'une ampleur croissante qu'ils condamnent fermement". Cette charte avait été signée à Toulouse le 19 mars dernier à l'occasion des cérémonies en hommage aux victimes du terroriste Mohamed Merah.

Les mesures de sécurité

Samedi, la préfecture a adressé un message aux consulats, aux organes de presse, aux maisons d'édition ainsi qu'aux magasins d'armes et dépôts d'explosifs et au CNGESSI (Centre National de Gestion et d'Expertise de la Sécurité des Systèmes d'Information), leur signalant que leurs activités faisaient l'objet d'une vigilance particulière.

L'état d'urgence et les contrôles aux frontières décrétés, les contrôles d'identité sont renforcés dans les aéroports pour les passagers de la zone Schengen et une surveillance renforcée des aérogares et des zones d'évolution contrôlées (ZEC) est mise en place par les autorités. À l'aéroport de Toulouse-Blagnac, les vols nationaux ne sont pas concernés mais, à l'arrivée, les passagers des vols européens et internationaux doivent être munis de leur carte d'identité ou leur passeport.

Symbole de résistance

Odyssud, la grande salle de spectacle de Blagnac, près de Toulouse a décidé de maintenir la représentation du Roi Lear "et de le dédier à la mémoire des victimes des attentats de Paris." "

Il nous paraît important dans ces moments douloureux, affirment la direction d'Odyssud et le maire de Blagnac, Bernard Keller, de ne pas céder aux terroristes dans leur projet d'intimider la nation."

paris attentat capitole

Place du Capitole, des centaines de bougies ont été déposées en signe d'hommage aux victimes des attentats de Paris. Photo Rémi Benoit.

Profondément révoltée par ces lâches attaques et  attachée aux valeurs de la République et de la démocratie, La Tribune-Objectif News présente ses condoléances aux familles et aux proches des victimes.

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