Capitale de la future grande région : Toulouse préférée à Montpellier ?

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Toulouse sera-t-elle la future capitale régionale ?
Toulouse sera-t-elle la future capitale régionale ? (Crédits : Rémi Benoit)
La réforme territoriale se concrétise peu à peu : dans les jours à venir, le ministère de l'Intérieur va nommer les préfets préfigurateurs des futures grandes régions. Pascal Mailhos, préfet de Midi-Pyrénées, serait donné favori pour la future région Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon. Par ailleurs, Toulouse aurait la préférence du gouvernement pour devenir la future capitale régionale. Une info donnée par Europe 1 mais non-confirmée par les ministères concernés. Le maire de Montpellier Philippe Saurel a néanmoins affirmé son mécontentement.

Tombée sur les ondes d'Europe 1, l'information a fait le tour des médias aux premières heures, ce lundi 13 avril : une liste établissant les 13 chefs-lieux provisoires des futures régions placerait Toulouse en capitale de la future entité Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées, au détriment de Montpellier. Selon Europe 1, le cas de Toulouse et Montpellier aurait été "le plus épineux" pour le gouvernement. Néanmoins, l'existence de cette liste n'est pas confirmée, ni par le ministère de la Décentralisation, ni par le ministère de l'Intérieur. Un proche d'André Vallini, secrétaire d'État à la réforme territoriale, affirme même que cette liste est "bidon" et que "rien n'a été décidé".

Pour le moment, ni Martin Malvy (président du Conseil régional de Midi-Pyrénées), ni Damien Alary (son homologue de Languedoc-Roussillon) n'ont souhaité réagir. Il se trouve que les deux élus sont justement ensemble en séance de travail ce lundi, à Toulouse.

Le maire de Toulouse "ne commentera ce choix que lorsque l'annonce sera faite officiellement." Pour autant,

"si c'est bien Toulouse qui emportait le choix du Gouvernement, je ne pourrais que m'en réjouir, car cela correspondrait à une réalité économique et démographique objective.  Ce matin encore, Philippe Saurel et moi-même avons conversé, et nous sommes déterminés, plus que jamais, à demeurer vigilants pour que l'organisation et l'implantation des services de l'État et de la Région à venir, puissent être équilibrées entre Montpellier et Toulouse" conclut Jean-Luc Moudenc.

Autre son de cloche du côté de Montpelier ou le maire, Philippe Saurel veut entrer "en résistance":

"Si tout est rassemblé à Toulouse, nous regarderons passer le train. Mon souci est de lutter, d'organiser une forme de résistance. Je suis pour le partage des pouvoirs. Jean-Luc Moudenc et moi-même ne sommes pas dans le même parti politique mais nous avons su mettre cela de côté pour veiller au respect des équilibres. Je ne suis pas naïf, il faut organiser la résistance de la république d'en bas, celle des citoyens, des maires, des intercommunalités, des conseillers départementaux.  Je ne laisserai pas la grande Région et Solferino tenir en laisse la Métropole de Montpellier !"

Nomination des préfets préfigurateurs imminente

Si la liste dévoilée ce matin n'est pas validée par les ministères, une chose est sûre en revanche : lors d'un prochain Conseil des ministres (aucune date précise n'a été communiquée), le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve va communiquer sur la mise en place de la réforme territoriale. Selon un proche d'André Vallini, "on sait que, dans quelques jours, le ministère de l'Intérieur va communiquer en Conseil des ministres et que, dans la foulée, les préfets préfigurateurs seront nommés. Pour la grande région Languedoc-Roussillon, il s'agira de l'un ou l'autre des deux préfets de région. Il aura un rôle clé dans la mise en œuvre de la réforme".

La désignation du préfet préfigurateur par le gouvernement était en effet attendue pour le 15 avril mais serait vraisemblablement repoussée au 22 avril. De source non officielle mais proche du dossier, ce futur préfet préfigurateur serait l'actuel préfet de région Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos. C'est lors de ce même Conseil des ministres que serait validée la liste des 13 chefs-lieux provisoires des nouvelles régions.

Plusieurs capitales par région ?

À Montpellier, le maire Philippe Saurel avait très tôt annoncé qu'il était favorable à "deux grandes métropoles qui se développent en complémentarité". Autrement dit, le maire de Montpellier ne souhaitait pas jouer les seconds rôles. À Toulouse, le maire Jean-Luc Moudenc avait assuré qu'il n'y aurait pas de situation de monopole, déclarant que "l'unification ne signifie pas la concentration". Les deux maires ont depuis plusieurs mois entamés des discussions pour développer un axe Toulouse-Montpellier équilibré.

C'est justement le schéma qui pourrait être appliqué en Normandie, toujours selon Europe 1. Au terme de l'accord auquel serait parvenu Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, par ailleurs longtemps député de Seine-Maritime (76), la ville de Caen (14), capitale historique, deviendrait chef-lieu de région, alors que Rouen (76) aurait la garantie d'héberger le Conseil régional. Ce système de compensation pourrait-il être déployé dans d'autres régions où l'opposition est aussi forte ? Les élus du Languedoc-Roussillon vont-ils le demander ?

Au secrétariat d'État à la Réforme territoriale, on confirme que toutes les hypothèses sont ouvertes :

"Il ne s'agit pas seulement de choisir une capitale, c'est plus complexe que ça. Nous étions dans une tradition où tout était concentré autour de l'État et, donc, du préfet. Avec la réforme, nous passons au 21e siècle : rien n'empêche de mettre la préfecture dans une autre ville que le Conseil régional. Il faut travailler intelligemment. Pourquoi ne pas mettre la direction de l'agriculture dans le Gers, là où elle est utile, par exemple ? C'est un non-sens de vider Montpellier pour tout mettre à Toulouse."

Calendrier

Le processus officiel dit que chaque Conseil régional devra adopter, avant le 1er juillet 2016, une résolution unique comportant l'avis au gouvernement relatif à la fixation du nom et du chef-lieu définitifs de la région. Ils seront alors fixés par décret en Conseil d'État avant le 1er octobre 2016. Les élus ont donc jusqu'en juillet 2016 pour faire des propositions. Mais c'est le gouvernement qui aura le dernier mot.

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Commentaires
a écrit le 16/05/2015 à 15:16 :
Montpelliérain et fière de l'être !
Nous avons environ 2 500 personnes par mois qui choisissent de s'installer dans notre belle ville ; côté démographie, forcement ça change la donne. Nous avons fait d'énormes investissements sur tous les fronts pour améliorer notre quotidienne.
Longue vie et le pouvoir de décision pour nous toutes et tous !
a écrit le 13/04/2015 à 22:23 :
Avec des capitales, les 13 régions ou GECT Groupement Européen de Coopération Territoriale seront créées.
La prochaine étape, écrite dans le document Cadre_juridique_de_la_cooperation_transfrontaliere_FR.pdf disponible sur le site d’état europe-en-france visant à gommer nos frontières confirme l’analyse de François Asselineau de l’UPR « Les euro-régions : Allons-nous laisser démanteler la France ? » et justifie l’objectif de sortir de l’UE, de l’Euro et de l’OTAN par l’article 50 du TUE.

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