Réfugiés : Claude Raynal dénonce le "discours populiste" de Jean-Luc Moudenc

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Claud Raynal, sénateur PS de Haute-Garonne
Claud Raynal, sénateur PS de Haute-Garonne (Crédits : Rémi Benoit)
Pour le sénateur PS de Haute-Garonne Claude Raynal, le maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc n'est "pas à la hauteur" sur la question des réfugiés, ni sur la question des transports. Également vice-président de Toulouse Métropole, l'élu fait le point sur les dossiers du jour : la LGV, le projet Val Tolosa, le budget 2016 et le statut des fonctionnaires. Interview.

Les élus socialistes ont décidé le 29 septembre de quitter la séance du Conseil de métropole, au sujet de la question des réfugiés. Comment analysez-vous la position de Jean-Luc Moudenc sur cette question ?
La prise de position du président de la Métropole sur la question des réfugiés syriens ou irakiens depuis plusieurs semaines est très "en dedans", c'est-à-dire qu'il préfère soulever toutes les difficultés à accueillir les réfugiés, plutôt que d'afficher une véritable  volonté de les accueillir.

Or, je pense que quand on est un grand élu de la République, on doit porter à l'extérieur un message d'empathie et donner une direction, d'autant plus qu'il s'agit d'accueillir quelques dizaines de familles, ce qui est largement faisable ! Au lieu de ça, la majorité parle des difficultés que cela engendrerait et renvoie les gens à leurs peurs avec un discours populiste.

Pensez-vous que le vœu que vous avez déposé en Conseil de métropole aurait pu être voté en l'état ?
Nous avons proposé un vœu visant à avoir pour l'ensemble de la métropole une position positive sur ce sujet, et la majorité a voulu modifier ce vœu sans notre accord : cette méthode n'a jamais été employée, c'est inédit. Quelle provocation ! Par ailleurs, cela montre sans doute la gêne de Jean-Luc Moudenc sur ce dossier : certains membres de sa majorité auraient probablement voté ce vœu.

Ce qui est dommage, et ce que je regrette profondément, c'est que la métropole n'affiche pas une position cohérente et unie sur la question des réfugiés.

Sur la question du PLB, Jean-Luc Moudenc attend la fin de l'année pour donner son avis définitif. De son côté, le président du Sicoval Jacques Oberti souhaite lancer les appels d'offres. Quelle est votre position ?
Jean-Luc Moudenc est dans le report permanent de ses décisions. Aurons-nous une réponse avant la fin de son mandat ? Il connaît pourtant le dossier depuis plusieurs années. J'admets bien volontiers qu'une nouvelle majorité a besoin de temps pour étudier les dossiers et mener une réflexion, mais cela fait 18 mois que Jean-Luc Moudenc est maire ! Dans les interviews qu'il donne, il ne dit rien. On ne sait rien du prix de la troisième ligne, on ne sait rien de ses projets... Je rappelle que le PLB est prêt et coûte 140 millions d'euros au SMTC Tisséo. La 3e ligne est estimée à 1,2 milliard d'euros. Si on ne peut pas faire la première, on ne peut certainement pas faire la deuxième. Je suis donc d'accord avec Jacques Oberti, qui a une vision pragmatique : lançons les appels d'offres sur le PLB, et discutons sur la base de prix réels, ce qui nous fera gagner du temps.

Vous pensez que la 3e ligne est une mauvaise idée ?
Non, si on peut faire les deux, faisons les deux ! Je dis simplement que le PLB est prêt et a eu un avis favorable de la commission d'enquête publique. Concernant la 3e ligne, tout le monde sait qu'elle sera rentable entre Blagnac et Matabiau, et que le tronçon jusqu'à Labège sera un prolongement, qui arrivera donc dans un second temps. On ne fait que repousser le problème d'une quinzaine d'années.

Néanmoins, je ne suis pas dans un rejet de principe de la 3e ligne. Mais je refuse que l'on fasse la 3e ligne uniquement parce que c'est le programme de Jean-Luc Moudenc. Ce n'est pas un argument.

Le gouvernement vient de valider le projet de LGV Bordeaux-Toulouse. Vous vous en réjouissez. Néanmoins, ce projet n'est pas financé...
Je rappelle qu'il y avait des projets de LGV sur tout le territoire français et que l'État, voyant qu'il ne pouvait pas tout financer, a fait un choix, celui de réaliser la ligne vers Toulouse et Dax. C'est la priorité numéro 1. Là encore, essayons de nous réjouir de cette bonne nouvelle avant d'énumérer les difficultés ! Ce chantier est vital pour nos entreprises. Ensuite, bien entendu, il y a la question de la réactualisation du plan de financement : si l'État n'a plus qu'une seule LGV à faire, il pourra peut-être allonger le financement.

Sur le dossier Val Tolosa, pensez-vous que le Département doit s'y opposer ?
Depuis 10 ans, je suis entièrement opposé au dossier Val Tolosa. Ce projet est surnommé "le dernier des Mohicans" car c'est le dernier grand centre commercial en France qui soit en dehors de toute voirie et de tout transports publics : il occupe un terrain dans la campagne, construit dessus et y fait venir des milliers de voitures. Ce projet est contraire à tout ce que prônent les politiques publiques depuis au moins dix ans. Actuellement, le dossier est entre les mains du président du Conseil départemental George Méric. Je ne pense pas que, politiquement, il y soit favorable, mais il doit avoir une réflexion plus large, notamment en termes de conséquences budgétaires.

Le gouvernement a présenté ce mercredi son projet de budget 2016, avec une des dotations aux collectivités locales réduites de 3,5 milliards d'euros...
La question numéro un à laquelle ce gouvernement doit répondre est la croissance de la dette : il faut que la dette arrête de croitre. C'est dans ce cadre-là que se regarde la question de la baisse des dotations aux collectivités. Néanmoins, le gouvernement a proposé une répartition plus juste des efforts en fonction de la situation des collectivités. L'effet n'est pas le même sur une petite commune qui n'a pas de recettes et sur une grande commune riche. Cette réflexion va dans le bon sens.

Le gouvernement promet également une nouvelle baisse de l'impôt sur le revenu de 2,1 milliards d'euros à l'attention des classes moyennes, une bonne chose selon vous ?
Le gouvernement de François Hollande poursuit le discours qu'il tient depuis le départ, il tient ses engagements.

Sur le statut des fonctionnaires, le gouvernement a choisi de passer "en force" sur le projet d'accord sur la rémunération et les carrières des fonctionnaires. Le regrettez-vous ?
Sincèrement, ce texte améliore la situation des fonctionnaires et c'est pour cela que le gouvernement le fait passer. Les syndicats qui n'ont pas signé l'accord (FO et CGT) reconnaissent des avancées, mais les jugent insuffisantes. Néanmoins, ces avancées-là, il faut bien en faire profiter les salariés de la fonction publique, c'est l'objectif du dialogue social.

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Commentaires
a écrit le 01/10/2015 à 18:51 :
La baisse de l'impôt sur le revenu est une grave erreur lourde de conséquences.
Elle permet à un plus grand nombre de ne pas être imposable du seul fait de ses revenus, alors que jusqu'à l'an dernier, il était possible d'annuler son impôt grâce aux réductions d'impôt tellement utiles dans le domaine de la solidarité et de la relation entre les citoyens.
Cela concernait notamment les emplois à domicile, les dons faits aux associations.......
Désormais avec une cotisation issue du barème des tranches égale à zéro, il n'y a plus d'intérêt à engager ce type de dépenses. C'est un recul de la solidarité entre les citoyens.
Si l'Etat veut baisser les impôts, il n'a qu'à proposer une baisse de la TVA ou autres taxes.
a écrit le 01/10/2015 à 11:01 :
Concernant les réfugiés, le problème du terrorisme se pose obligatoirement.
Y-a-t-il des terroristes parmi les réfugiés? Tous les événements récents nous obligent à la plus grande prudence.

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