À Colomiers, Manuel Valls fustige "la surenchère des diviseurs" à gauche

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Manuel Valls lundi soir à Colomiers.
Manuel Valls lundi soir à Colomiers. (Crédits : Rémi Benoit)
Lors du meeting de rentrée du PS à Colomiers, le Premier ministre a mis en garde contre la “trumpisation des esprits” à droite et “la surenchère de diviseurs” à gauche. Au même moment plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés dans la ville pour un contre-meeting.

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis en est persuadé, "le sujet majeur de l'élection présidentielle, c'est la République". C'est donc ce thème que la majorité socialiste avait choisi pour faire sa rentrée politique ce lundi 29 août au Hall Comminges de Colomiers.

Faute d'université d'été, le PS a préféré un rassemblement "des amis de François Hollande" autour de Manuel Valls, cinq ministres, les députés PS de la Haute-Garonne et un millier de militants, le tout protégé par plusieurs dizaines de camions de CRS. Et si la maire de Colomiers Karine Traval-Michelet, la présidente de Région Carole Delga et le président du Département Georges Méric se sont succédé à la tribune pour soutenir le bilan de la majorité, certaines figures locales du PS manquaient à l'appel : l'ancien maire de Toulouse Pierre Cohen ou encore Philippe Martin, ex-ministre et président du conseil départemental du Gers.

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Les soutiens de François Hollande rassemblés pour une marseillaise à la fin du meeting (Crédit : Rémi Benoit).

"Marianne n'est pas voilée car elle est libre"

À huit mois du premier tour de l'élection présidentielle, Manuel Valls n'a pas caché les difficultés de la majorité à rassembler la gauche :

"Parlons-nous franchement : l'éventualité est très sérieuse qu'il y ait un second tour entre la droite et l'extrême droite ... mais moi, je ne vois que la gauche capable de rassembler le camp des républicains. Seule la gauche peut porter cette laïcité, émancipatrice, qui ne divise pas, mais rassemble. Nous devons aider les musulmans à bâtir cet islam français".

Après un été ponctué par la polémique sur le burkini, le Premier ministre a scandé qu'il ne fallait "pas transiger sur la place des femmes" et n'a pas hésité à invoquer Marianne pour asseoir sa vision de la laïcité : "Marianne a le sein nu, elle n'est pas voilée car elle est libre". La métaphore n'a pas manqué de faire réagir dans la salle.

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Un millier de militants était réuni dans le Hall Comminges de Colomiers (Crédit : Rémi Benoit).

Stéphane Le Foll tacle le contre-meeting de Colomiers

Tout au long du meeting, les socialistes se sont relayés pour tacler leurs détracteurs, à gauche comme à droite. "Une petite partie de gauche refuse de prendre ses responsabilités et de gouverner et se pose toujours dans la contestation", a lancé Carole Delga quand la ministre de l'Éducation Najat Vallaud-Belkacem a dénoncé "la gauche qui se bat d'abord contre elle-même alors que c'est suicidaire pour tout le monde". Manuel Valls a de son côté mis "en garde contre cette surenchère des diviseurs qui n'ont qu'un seul objectif : punir la gauche de gouvernement".

Ce flot de critiques visait le leader du Parti de Gauche Jean-Luc Mélenchon qui tenait son meeting de rentrée dimanche à Toulouse mais aussi les centaines de manifestants qui avaient organisé un contre-meeting devant la mairie de Colomiers. "À ceux qui manifestent dehors je rappelle que l'alternance ne se jouera pas avec une autre gauche mais avec la droite", a pourfendu le porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll.

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Stéphane Le Foll a fustigé les manifestants (Crédit: Rémi Benoit).

"La trumpisation des esprits" à droite

Le Premier ministre a également brandi "la menace considérable" de la droite et mis en garde contre "la trumpisation des esprits". "Nicolas Sarkozy n'a rien appris de ses échecs ... C'est toujours le "tout pour les riches" avec la suppression de l'ISF mais c'est aussi la promesse de 300 000 postes de fonctionnaires en moins".

"À l'opposé de ces promesses de campagne", Manuel Valls a détaillé quelques grandes lignes d'un programme pour le prochain quinquennat, comme si c'était lui le candidat de la majorité sortante. Il a prôné une refondation de l'Europe : "La gauche européenne, social-démocrate, doit se faire entendre davantage sur la relance économique, sur l'assouplissement des règles du Pacte de stabilité, pour lutter contre le dumping social et la fuite fiscale, sur le dossier des travailleurs détachés".

Le Premier ministre a aussi estimé qu'il fallait "continuer de baisser les prélèvements sur les entreprises". Il s'est positionné enfin pour la création d'un revenu d'existence pour tous après fusion des minimas sociaux, "un premier pas vers le revenu universel".

 Entre 400 et 500 manifestants pour le contre-meeting

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Contre-meeting devant la mairie de Colomiers (Crédit : Rémi Benoit).

À l'appel de la CGT, Solidaires et la FSU, environ 400 manifestants se sont rassemblés devant la mairie de Colomiers. Les organisateurs voulaient initialement se poster en face de la salle de meeting pour distribuer des tracts et interpeller directement les élus. Mais l'imposant dispositif de sécurité déployé dans la ville les a relégués derrière plusieurs dizaines de camions de CRS. Les manifestants ont dénoncé une nouvelle fois les conséquences de la loi travail et plus globalement la politique gouvernementale. "PS = menteur, voleur, fossoyeur de bonheur, disparaissez, nous voulons être heureux", avait écrit sur une pancarte Elsa, une des manifestantes. Plusieurs dizaines d'opposants au projet de centre commercial Val Tolosa étaient également présents autour d'une banderole "PS = trahison". "Nous sommes venus interpeller Georges Méric car la gauche a retourné sa veste sur le sujet", a avancé Thomas Penel, coprésident du comité "Non à Val Tolosa".

Standing ovation pour Martin Malvy

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a tenu à saluer pendant son allocution l'ancien président de la Région Midi-Pyrénées Martin Malvy présent dans la salle. La simple évocation de son nom a déclenché une standing ovation et de longues minutes d'applaudissements.

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Jean-Christophe Cambadélis, Manuel Valls et Carole Delga au premier rang du meeting (Crédit : Rémi Benoit).

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Commentaires
a écrit le 30/08/2016 à 17:49 :
Valls parle en maître. La gauche était déjà divisée lorsque Hollande l'a nommé (c'est congénital, mais ce n'est pas l'apanage de cette partie de l'échiquier politique).

Il a largement contribué à la fracturation complète non seulement avec les alliés traditionnels du PS, mais aussi à l'intérieur du parti.

Son sarkhozysme postural, ses positions intransigeantes sur la déchéance de nationalité, l'état d'urgence à l'infini, le recul des libertés individuelles ou même dernièrement sur le burkhini (où il a été désavoué par son propre ministre de l'intérieur) ont fait fuir les électeurs de Hollande, bon nombre de députés et une grosse poignée de ministres (ce qui était rare en politique française, ou l'on est rarement démissionné de son plein gré).

La nomination de Valls (5% à la primaire) a été LA gigantesque faute politique de Hollande, elle aura plombé toute le seconde partie du quinquennat.
a écrit le 30/08/2016 à 13:06 :
Vals a tout à fait raison car les Mélenchon, Montebourg, Duflot etc vont au final pour des ambitions personnelles, alors qu'ils n'ont aucune chance d'être élus, favoriser Sarkozy ou le Pen, une catastrophe et un recul de quelques 10 ans voire plus en arrière. Vals a une vision très pragmatique qui est favorable à la situation actuelle. En plus il est fidèle, c'est notable quand beaucoup de politiciens sont des traites et des Judas.
a écrit le 30/08/2016 à 11:56 :
Bref un entre soi, entre gens biens qui pensent bien, entre hypocrites de droite voulant nous faire croire qu'ils sont de gauche, c'est d'un pathétique à en pleurer.

Ce n'est pas parce que Valls ou n'importe quel autre socialiste va s'énerver que cela changera la réalité, le parti socialiste est de droite et sa Loi contre le droit du travail en est la preuve la plus flagrante, celle qui fait qu'ils feraient mieux de changer de nom afin d'être en accord avec leur idéologie néolibérale.

Il y a ce qu'on dit et il y a ce qu'on fait, ils sont sacrément gonflés quand même d'accuser les gens de les juger sur ce qu'ils font et non sur ce qu'ils disent, c'est le monde à l'envers et on aimerait que les journalistes se mouillent un peu plus afin de parler de cette réalité qui crève les yeux.
a écrit le 30/08/2016 à 11:55 :
chaque élu du P.S (parti sacrifié) joue sa carte personnelle au lieu de s occuper du chomage de l insécurité de l agriculture ext......* et marque ainsi la fin du gachi... pour longtemps..le souhait de la majorité des Francais

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