L'élection de Dominique Reynié (LR) au Conseil régional est annulée

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Dominique Reynié au Conseil régional en janvier dernier.
Dominique Reynié au Conseil régional en janvier dernier. (Crédits : Rémi Benoit)
Le Conseil d'État a annulé ce vendredi 27 mai l'élection de Dominique Reynié (LR) aux dernières régionales. Le politologue reconnait "un échec important". En revanche, le sénateur LR de l'Hérault Jean-Pierre Grand, qui était à l'initiative du recours, se félicite de la décision. Explications et réactions.

Dominique Reynié "est inéligible au Conseil régional Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées", a conclu le Conseil d'État ce vendredi 27 mai. Cette décision intervient à la suite d'un recours déposé par le sénateur LR de l'Hérault Jean-Pierre Grand (opposant de Dominique Reynié au sein de Républicains). En cause : la validité de sa domiciliation électorale. Pour se présenter aux élections régionales, Dominique Reynié avait fourni un bail de location d'une chambre chez sa mère, dans l'Aveyron, daté de mars 2015, alors que le code électoral impose une domiciliation dès janvier pour être éligible.

Pour justifier sa décision, le Conseil d'État a relevé que :

"L'installation du candidat à Onet-le-Château était récente et dans des conditions relativement sommaires ; le lieu d'exercice de son activité professionnelle était toujours à Paris et à Villejuif, qui était également le lieu d'activité de sa femme ; ses attaches familiales étaient en région parisienne, où il dispose d'un logement familial."

Le Conseil d'État a donc annulé l'élection de Dominique Reynié et a proclamé élu M. Saint-Pierre, premier candidat non-élu de la liste à relever de la même section départementale. Ce dernier devient donc conseiller régional.

À l'annonce de la demande d'annulation de son élection par le rapporteur public le 18 mai dernier, Dominique Reynié avait déjà suspendu ses fonctions au Conseil régional.

Mais en plus d'être conseiller régional, Dominique Reynié a pris la tête de l'opposition régionale pour le groupe des Républicains. Hier en assemblée plénière, c'est Christophe Rivenq, conseiller régional du Gard, qui l'a remplacé au nom du groupe LR-UDI.

Dominique Reynié "ne comprend pas sur le fond" la décision du Conseil d'État

Sollicité par La Tribune Toulouse, Dominique Reynié a réagi :

"Je prends acte de cette décision même si je ne la comprends pas sur le fond. J'aurais compris si le recours venait du PS ou du FN mais là il s'agit d'une décision à l'initiative d'un élu des Républicains. La classe politique refuse l'arrivée d'une personne issue de la société civile. C'est un échec important dans ma vie, je ne sais pas encore si je vais briguer de nouvelles élections."

La présidente des Républicains de Haute-Garonne Laurence Arribagé réagit avec distance : "Tout ceci est parfaitement regrettable", a-t-elle  fait savoir :

"Nous lui avons fait confiance et nous nous sommes engagés pour lui. Aujourd'hui, c'est à lui d'assumer les choix qui ont mené à cette décision."

Pour Jean-Pierre Grand, "ça fait beaucoup pour un prof à Sciences Po"

L'initiateur du recours, le sénateur de l'Hérault et maire de Castelnau-le-Lez Jean-Pierre Grand, explique à La Tribune Toulouse :

"Depuis le début, je dis que Dominique Reynié n'est pas éligible. Il a tenté à plusieurs reprises de justifier son éligibilité et le Conseil d'État a tranché. Je suis dans mon rôle de sénateur, qui est de faire respecter la loi. Ce monsieur est parachuté, il donne des leçons à tout le monde, et en plus il n'est pas éligible. Cela fait beaucoup pour un prof à Sciences Po."

Gérard Onesta (EELV), président du bureau de l'Assemblée du Conseil régional LRMP, estime de son côté que "sa défense était fragile".

"L'annulation de son élection ne change rien pour nous. Ce n'était pas le pire de nos opposants. On pouvait discuter avec lui. C'était un démocrate. Cela ne m'étonne pas que les coups les plus durs viennent de son parti, vu ses positions anti-GPA et pro-entrée de la Turquie dans l'Union européenne."

Pas surprise par cette décision, la présidente du groupe FN-RBM France Jamet s'est en revanche étonnée de la décision du Conseil d'État de "ne pas remettre en question toute l'élection régionale".

Du côté du PS, on refuse de commenter une décision de justice. "Nous avons adopté hier notre premier budget de la nouvelle Région. J'observe que c'est un moment fondateur auquel M. Reynié n'a pas participé, remarque la socialiste Nadia Pellefigue, vice-présidente de Région en charge du Développement économique, de la recherche, de l'innovation et de l'enseignement supérieur. C'est aussi la preuve par épreuve des faits que les électeurs ont eu raison de confier la responsabilité à Carole Delga de faire avancer notre territoire."

La fin d'une courte carrière politique ?

Né en 1960 à Rodez dans l'Aveyron, Dominique Reynié est agrégé en sciences politiques, professeur à Sciences Po et il est l'initiateur de la Fondapol, fondation pour l'innovation politique. Le politologue est également régulièrement invité dans l'émission C dans l'air sur France 5.

En avril 2015, il a mis entre parenthèses cette activité pour briguer l'investiture LR-UDI comme tête de liste aux élections régionales Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées. Contesté par une partie de la droite régionale l'accusant de ne pas être rompu aux usages de la politique de terrain, le candidat a peu à peu gagné en légitimité. Il a néanmoins donné le sentiment d'être bien seul à son QG de campagne le soir du premier tour avec ses 18,84 % des voix. Dominique Reynié prend finalement la tête du groupe LR-UDI au Conseil régional. .

L'annulation de cette élection signe-t-elle la fin de la carrière politique de Dominique Reynié ? L'intéressé a expliqué ce vendredi qu'il s'agissait "d'un échec important dans sa vie" et qu'il ne sait pas encore s'il se représentera à de nouvelles élections.

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Commentaires
a écrit le 29/05/2016 à 19:58 :
Ce Monsieur grand donneur de leçon de probité dans l'émission C dans l'air est rattrapé par la vérité de ces personnages issus des deux castes les plus nuisibles en politique pour ce pays, lui de l'IEP Paris et l'autre de l'ENA. Je félicite celui qui a fait tombé ce triste sire grand donneur de leçon de probité en politique lors de ses appariations dans l'émission C dans l'Air. Dans tous les partis politiques règne le système copains coquins.
a écrit le 29/05/2016 à 17:20 :
Homme convenu, suppôt d' une politique/courbette atlantiste ..convenue, aux ordres, rien d' intéressant, next ..
a écrit le 29/05/2016 à 12:38 :
L'élection de Dominique Reynié est annulée pour les raisons expliquées.
Celle du maire de Toulouse ne l'est pas, malgré l'énorme mensonge qu'il a fait au peuple de Toulouse.
La justice ne peut pas s'occuper de tout.
a écrit le 28/05/2016 à 15:22 :
Petite mesquinerie politique à quelques mois près car on ne compte plus les élus qui ont été parachutés : Marine le Pen dans le Nord, Marion Maréchal dans le Sud etc

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