Laurence Arribagé, présidente Les Républicains 31, répond à ses détracteurs

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(Crédits : Rémi Benoit)
À trois semaines des élections des instances départementales Les Républicains, l'actuelle présidente par intérim de la fédération 31 Laurence Arribagé est pour l'instant la seule candidate déclarée. Interview de la députée qui défend son bilan et répond aussi aux attaques de ses opposants. Une lettre anonyme a notamment demandé sa démission.

Le 31 janvier prochain, pour la première fois, les adhérents Les Républicains vont voter pour élire directement leur président de fédération. Vous avez pris l'intérim de Jean-Luc Moudenc en juin 2015 à la tête de la fédération 31. Quel bilan tirez-vous de votre mandat ?
Je suis secrétaire départementale du parti depuis 2010 alors que Jean-Luc Moudenc en était le président, avant de prendre la présidence par intérim en juin 2015. Nous avons voulu un parti ouvert, respectueux de toutes les sensibilités et où il est possible de débattre. Je pense que nous avons plutôt réussi puisque le nombre d'adhérents reste constant malgré des épisodes nationaux qui auraient pu nous desservir, comme en 2012. En Haute-Garonne, nous avons 3 771 adhérents à jour au 31 décembre 2015 avec 800 nouveaux adhérents, sachant qu'en 2014, nous étions à 3 550 adhérents.

Que pensez-vous de ce mode de désignation inédit ?
C'est une proposition que j'avais faite à NKM (Nathalie Kosciusko-Morizet, NDLR). On est plus légitimes lorsque l'on est élu par tous les adhérents plutôt que par un comité de 200 personnes. Cela entraîne une dynamique. On ne peut pas compter sur les militants uniquement pour tracter sur les marchés. Il faut aussi leur demander leur avis.

Vous êtes pour l'heure la seule candidate en lice. Quelles sont vos priorités pour la fédération ?
Le point qui me tient le plus à cœur est que la primaire Les Républicains (pour l'élection présidentielle, prévue fin 2016, NDLR) se déroule de la manière la plus apaisée possible. Je m'engage à l'équité entre les candidats, j'ai trop souffert d'une guerre passée dans les fédérations pour vouloir que cela se reproduise. Je m'engage aussi à rendre publics les comptes de la fédération et les cotisations des élus. C'est une demande forte des adhérents qui, eux, sont à jour des cotisations et qui voudraient que ce soit le cas également pour les élus. Ce que l'on demande aux autres, il est important de se l'appliquer à soi-même.

Ensuite, j'aimerais une rencontre avec les adhérents au moins une fois par an dans chaque circonscription (la Haute-Garonne en compte 10, NDLR). Je souhaite réunir le bureau politique une à deux fois par mois pour fixer le cap et les futures animations de la fédération. Tout cela, je ne le décide pas de manière autocratique. Mon mandat de députée peut faciliter la venue, lors de ces réunions, d'un intervenant externe, parlementaire ou ancien ministre. J'aimerais également proposer un budget de fonctionnement pour chaque circonscription en fonction du nombre d'adhérents. Être délégué de circonscription demande beaucoup d'investissement bénévole et de déplacements.

Comment préparez-vous les prochaines échéances électorales ?

Il faut entrer dans une période de recrutement et penser assez tôt aux législatives de 2017. Très vite, il faudra identifier des candidats pour chaque circonscription. Pour l'instant, je suis la seule parlementaire sur dix circonscriptions. Avec une alternance politique en 2017, nous aurons des chances de remporter de nouvelles circonscriptions. Mais encore une fois, il ne faut pas désigner les candidats quatre mois auparavant. Je n'ai pas la main sur le calendrier, mais j'espère peser au niveau du bureau politique pour que ces désignations aient lieu plus tôt.

Jean-Luc Moudenc a appelé dès le soir du second tour des régionales à un débat sur la ligne politique des Républicains. Comment faire vivre ce débat?
Certains m'ont expliqué à l'issue des régionales que tous les adhérents avaient été aspirés par le Front National. Or, le nombre d'adhérents ne baisse pas et je n'ai reçu aucune carte d'adhérent déchirée. Par contre, en période de primaires, il est important de penser compétition et pas combat. La ligne politique sera celle de celui qui sera désigné à l'issue de la primaire comme candidat à la présidentielle. Pour contrer le Front National, la droite doit avoir un projet d'alternance crédible et nos électeurs reviendront vers nous si nous ne nous sommes pas déchiquetés pendant la primaire.

À titre personnel, quelle est votre positionnement politique ?
Je pense que sur certains sujets comme la sécurité ou la justice, il ne faut pas renier ses valeurs de droite, avoir plus de fermeté sur les peines de prison par exemple. Les adhérents attendent de retrouver un État fort. Ensuite, sur certains sujets sociétaux, les crèches de Noël dans les mairies par exemple, je pense que nous sommes dans un pays chrétien et avoir une crèche dans un espace public ne me choque pas.

Comment avez-vous réagi à l'éviction de Nathalie Kosciusko-Morizet de sa place n°2 du parti après avoir critiqué le "ni retrait, ni fusion" prôné par Nicolas Sarkozy face au Front National ?
Je n'aime pas trop que les personnalités avec un avis différent soient mises sur la touche. Je pense que NKM est une femme libre et qu'elle est allée au bout de sa logique de provocation. Néanmoins, elle a toujours sa place au sein du bureau politique et cela fait la richesse de notre famille politique.

Dans une lettre anonyme (voir l'encadré ci-dessous) adressée à des rédactions toulousaines, des adhérents demandent votre démission. Qu'en pensez-vous ?
Cette lettre anonyme, qui m'est adressée et que pourtant que je n'ai pas reçue, donne une piètre image du débat politique. La moitié des adhérents a mon numéro de portable, je suis accessible à ma permanence parlementaire ou à la mairie. C'est irrespectueux et cela reflète un manque de courage.

Avez-vous une idée de qui est l'auteur de cette lettre ?
Je pense qu'il s'agit de personnes peu courageuses. Certains probablement veulent ma place. Pourtant, aucun autre candidat ne s'est présenté l'an dernier pour la présidence par intérim de la fédération. Je sais ce que je dois et à qui je le dois. Ma loyauté envers Jean-Luc Moudenc est totale. Si je suis héritière, c'est uniquement du binôme que j'ai pu former avec Jean-Luc Moudenc à partir de 2012. Mais en 2014, j'ai bien été élue députée à plus de 62%. Cela ne m'a pas été donné en héritage.

Existe-t-il un problème de gouvernance ?
Employer les mots "soviétisme" ou "autoritaire" (comme dans la lettre anonyme évoquée ci-dessous, NDLR), c'est bien mal me connaître. D'ailleurs, on me reproche souvent de ne pas être assez autoritaire. Nous avons élargi le bureau de la fédération en nommant trois secrétaires adjoints. Ces attaques sont infondées.

Et que pensez-vous des attaques liées aux résultats décevants de la droite aux départementales puis aux régionales en 2015 ?
On ne gagne pas seul et on ne perd pas seul. La défaite n'est donc jamais le fait d'une seule personne, surtout sur un scrutin de liste. Nous sommes tous co-responsables de la défaite. Les meetings ont été organisés par la fédération, nous sommes allés sur les dix circonscriptions pour parler du projet. Nous n'en avons sûrement pas fait assez puisque nous avons perdu. Et puis je rappelle que je n'étais pas candidate. Je préférerais voir ces gens qui critiquent anonymement faire des propositions et me dire les choses en face.

Une lettre anonyme envoyée à la presse demande sa démission

Plusieurs rédactions toulousaines dont La Tribune Toulouse ont reçu une lettre postée le 31 décembre, signée "d'un groupe d'adhérents et de militants indignés et révoltés" et intitulée "Lettre ouverte à une héritière en politique". La fédération 31 affirme ne pas l'avoir reçue. Dans ce courrier, se(s) détracteur(s) reprochent à Laurence Arribagé "un soviétisme et le laisser-aller" dans la gouvernance, estiment que "le capital politique exceptionnel reçu (de Jean-Luc Moudenc) se déprécie tragiquement" avec "une forte baisse du nombre d'adhérents LR 31". Il(s) lui reprochent également les résultats des élections départementales et régionales et demandent sa démission.

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Commentaires
a écrit le 11/01/2016 à 22:08 :
Il ne fait aucun doute que Jean-Luc Moudenc n'a pas réussi son élection à la tête du conseil municipal si l'on fait le bilan en ce moment.
L'analyse des résultats des élections régionales montre à quel point le maire de Toulouse et ses proches ne sont plus la locomotive d'un mouvement politique.
Avec 59% de voix à Toulouse, la liste Delga a fait mieux que dans les 8 départements de l'ancienne région midi-pyrénées. Cela ne s'était pas vu en 2010 alors que Martin Malvy avait fait un score globalement époustouflant, dans la ville de Toulouse sa liste n'arrivait qu'en cinquième position après 4 départements.
Enfin la liste Delga a dépassé à Toulouse la part des 30% des électeurs inscrits, ce qui est exceptionnel avec 3 listes en présence, Malvy avait dépassé cette barre dans les 8 départements mais pas à Toulouse.
Bref, il serait nécessaire de demander aux toulousains de se prononcer à nouveau sur une nouvelle composition du conseil municipal.
Cela m'étonnerait que personne n'ait dit à Laurence Arribagé que la hausse des impôts était ignoble quand on sait que la promesse du candidat tête de liste était de n'augmenter ni les impôts, ni l'endettement de la ville.
En effet, elle a été élue député, mais elle oublie de dire que le découpage électoral de 2008 a un air de scandale.
La troisième circonscription de la Haute-Garonne avait avant 2008 un nombre relatif d'électeurs inscrits inférieur à la moyenne, après le découpage au lieu de se rapprocher de la moyenne, ce nombre relatif s'en est éloigné en baissant encore. C'est la seule des 8 anciennes circonscriptions à avoir fait ce chemin inverse.
Bonne année!
a écrit le 11/01/2016 à 22:08 :
Il ne fait aucun doute que Jean-Luc Moudenc n'a pas réussi son élection à la tête du conseil municipal si l'on fait le bilan en ce moment.
L'analyse des résultats des élections régionales montre à quel point le maire de Toulouse et ses proches ne sont plus la locomotive d'un mouvement politique.
Avec 59% de voix à Toulouse, la liste Delga a fait mieux que dans les 8 départements de l'ancienne région midi-pyrénées. Cela ne s'était pas vu en 2010 alors que Martin Malvy avait fait un score globalement époustouflant, dans la ville de Toulouse sa liste n'arrivait qu'en cinquième position après 4 départements.
Enfin la liste Delga a dépassé à Toulouse la part des 30% des électeurs inscrits, ce qui est exceptionnel avec 3 listes en présence, Malvy avait dépassé cette barre dans les 8 départements mais pas à Toulouse.
Bref, il serait nécessaire de demander aux toulousains de se prononcer à nouveau sur une nouvelle composition du conseil municipal.
Cela m'étonnerait que personne n'ait dit à Laurence Arribagé que la hausse des impôts était ignoble quand on sait que la promesse du candidat tête de liste était de n'augmenter ni les impôts, ni l'endettement de la ville.
En effet, elle a été élue député, mais elle oublie de dire que le découpage électoral de 2008 a un air de scandale.
La troisième circonscription de la Haute-Garonne avait avant 2008 un nombre relatif d'électeurs inscrits inférieur à la moyenne, après le découpage au lieu de se rapprocher de la moyenne, ce nombre relatif s'en est éloigné en baissant encore. C'est la seule des 8 anciennes circonscriptions à avoir fait ce chemin inverse.
Bonne année!
a écrit le 09/01/2016 à 10:16 :
Une si belle région ! Comment voulez-vous que cette fille réussisse? On a besoin de dirigeants plsus proche du peuple.

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